‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 182 sur 280 · Comptes rendus, t. LXXXIII, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. LXXXIII, p

treux au bord du lac Léman (075 mètres), la station des Avants au-dessus de Montreux (979 mètres) et l’hospice du Saint-Bernard (2491 mètres), et toujours dans les mêmes conditions. M. Yung a examiné les résidus de ces neiges au microscope et les a comparés aux poussières recueillies dans les clochers de plusieurs cathédrales (Paris, Varsovie, Samara sur le Volga, Genève, Lausanne, etc.), et il est arrivé à ces conclusions :

1» Le fer existe dans toutes les poussières accumulées depuis des siècles dans les clochers d’église. Il y possède une forme globulaire caractéristique indiquant qu’il a été porté à une haute température.

2“ Ce fer flottant dans l’atmosphère est entraîné par la neige dans sa chute ; on l’y a retrouvé dans tous les cas, par les procédés chimiques.

5“ On n’a pas rencontré dans les résidus de neige, le fer avec la forme globulaire, mais toujours en fragments irréguliers.

4“ Le fer est toujours en plus forte proportion dans les neiges des régions inférieures que dans les neiges recueillies à de plus grandes altitudes.

De son côté, en étudiant au microscope les poussières de l’air et les sédiments fournis par la neige des Alpes et par les eaux pluviales recueillies dans plusieurs localités, et notamment à l'observatoire météorologique de M. Hervé-Mangon, à Sainte-Marie du Mont (.Manche), M. G. Tissandiery a reconnu des spherules remarquables par la régularité de leur forme *.

Ces sphérules, constituées par de l’oxydule de fer, sont identiques à celles que produit le fer métallique en brûlant dans l’air, et l’analogie conduit à penser que, chaque fois qu’im fer météorique pénètre dans notre atmosphère, il doit en produire un grand nombre. En observant au microscope la croûte des météorites, on y distingue d’ailleurs des grains arrondis qui ne sont pas sans quelque ressemblance avec les précédents. En outre, les particules magnétiques retirées des sédiments atmosphériques ont donné à l’analyse des indices révélant la présence du nickel, et de nature, par conséquent, à les faire regarder comme météoritiques.

Toutefois, si ces faits conduisent à faire supposer une origine cosmique aux grains qui nous occupent, d’autres considérations invitent à rechercher s’ils ne dériveraient pas des masses de fer métallique qui brûlent autour de nous, par exemple en subissant les opérations métallurgiques, ainsi qu’en témoigne la richesse en sphérules de l’oxyde des hatlitures, et même en étincelant sous le choc du briquet ^

Il nous paraît difficile d’attribuer à des sources teri’estres l’immense quantité de sphérules que présentent les poussières ramassées dans les lieux les plus distants et dans les situations les plus diverses. C’est ainsi que l’étude des sables rapportés par la drague du fond des océans nous en a procuré des exemples nouveaux.

M. le commandant Mouchez a adressé au Muséum une nombreuse série de fonds de mer, qui ont été collectionnés sur les côtes de Tunisie et d’Algérie. Leur étude nous a fourni beaucoup de sphérules magnétiques. Nous citerons, en particulier, un sable quartzeux et calcaire, pris par 14 mètres de profondeur au

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