‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 185 sur 280 · Comptes rendus, t. LXXXIII, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. LXXXIII, p

A l’aide d’une lame d’acier, l’auteur a gratté la surface d’une masse du fer météoritique tombée le 14 juillet 1847, à Braunau-Hauptmansdorf (Bohême). Cette surface, formée d’une croûte noire adhérente au métal, se divisait facilement et, parmi les fragments pulvérulents détachés, se sont trouvées quelques parcelles globulaires et mamelonnées très apparentes sous un grossissement de 100 diamètres. Plusieurs fragments semblables ont été rencontrés en grattant la surface d’autres échantillons, parmi lesquels la météorite tombée le 11 juillet 1868 à Ornans (Doubs). La surface noire extérieure, très peu adhérente au silicate formant la masse intérieure, est mamelonnée, et on y a observé par place des sphérules qu’on dirait incrustées.

Il faut ajouter d’ailleurs que si, parmi les poussières ferrugineuses atmosphériques, il en est dont l’origine est extra-terrestre, il en existe aussi d’autres qui sont soulevées par les vents à la surface de la terre, ou emportées dans l’air par la fumée des usines. Le fer affecte la forme globulaire quand il jaillit en étincelles ou qu’il brûle dans une flamme : l’oxyde des battitures, formé au rouge, donne naissance à des sphérules magnétiques. Lors de l’inondation de la Seine (1878), un sable apporté à Choisy-le-Roi par des eaux qui avaient sans doute balayé le voisinage de quelque usine, contenait une grande quantité de globules sphériques d’oxyde de fer magnétique, mais qui ne renfermaient pas de nickel. Mais cette source terrestre de poussières ferrugineuses n’explique en aucune façon l’abondance extraordinaire de parcelles de fer qui flottent dans l’atmosphère, dans la neige des régions polaires, dans celle des Alpes, dans les eaux météoriques recueillies au milieu des campagnes; elle est étrangère à l’existence dans l’air de ces innombrables corpuscules nickélifères, dont il faut chercher l’origine dans la poussière qui se détache en pluie de feu de la surface incandescente des météorites.

Enfin, pour un certain nombre dépoussiérés, la question de leur origine est encore fort douteuse. C’est ainsi que le lieutenant Nordquist, qui faisait partie de l’expédition de la Vega, recueillit en 1880, sur la glace de la côte de ïaimur*, des écailles jaunes qui furent examinées par le D'' Kjellman. M. Nordenskjôld avait supposé d’abord qu’il s’agissait simplement de diatomées, mais on y reconnut au contraire les gi'ains d’un sable cristallisé. La quantité de cristaux provenant de 3 litres de neige prélevés à la surface de la neige sur une étendue de 10 mètres carrés s’éleva à 2 décigrammes environ. On n’en voyait qu’à la surface, aucun ne fut rencontre plus bas. Ils avaient plus de 1 millimètre de diamètre et semblent appartenir au système rhombique ; ils possèdent un clivage parfait, et se présentent en prismes striés terminés à chaque extrémité par une pyramide tronquée. Malheureusement leur mesure n’est plus possible, l’effet de l’air sur eux ayant été au bout de quelque temps de les réduire en une poudre blanche non cristallisée. Ils restèrent toute une nuit dans l’eau de fusion de la neige sans s’y dissoudre- Soumis à la chaleur, ils tombèrent bientôt en poussière et celle-ci, analysée lors du retour, c’est-à-dire 21 mois après la découverte, ne fournit que du carbonate de chaux.

La composition première de cette substance parut à M. Nordenskjôld extrêmement énigmatique. Il se demande si les cristaux n’auraient pas pu être originelle-

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