Voyage de la Véga, t. I, p. 327 à 53t
ment un nouveau carbonate hydraté de chaux formé par cristallisation de l’eau de mer sous l’influence du froid intense de 10 ou 20 degrés au-dessous de zéro. Mais dans ce cas on devrait les rencontrer non point sur la neige mais dans l’épaisseur de la glace.
Malgré leur nature qui n’offre aucune analogie avec les matériaux météoritiques, l’auteur émet l’opinion qu’ils ont dû tomber des espaces interplanétaires.
Bien que cette conclusion doive nécessairement être considérée comme très hasardée, nous y joindrons la traduction des lignes suivantes, dont M. Nordenskjôld les accompagne : « 11 peut paraître indigne de la science de se préoccuper d’une affaire aussi peu importante que la chute d’une petite quantité de poussière ; mais ce n’est pas le cas. Car il est reconnu que la quantité de poussière répandue sur la glace du Spitzberg est de 0““,1 à 1 milligramme par mètre carré et probablement la chute totale annuelle de poussière dépasse cette dernière quantité. Mais 1 milligramme sur chaque mètre carré donne pour la surface totale de la Terre la somme 300 millions de kilogrammes (un demi-million de tonnes). Une pareille masse recueillie après une année, pendant les âges géologiques dont la durée dépasse notre compréhension, forme un facteur trop important pour être négligé dans l’énumération des faits fondamentaux de l’histoire géologique de notre planète. La suite des recherches montrera peut-être que notre terre s’est accrue graduellement depuis un faible commencement jusqu’à la dimension qu’elle possède actuellement; qu’une portion considérablement des éléments constituants de nos couches stratifées, spécialement de ceux qui ont été déposés dans la pleine mer, loin des côtes, sont d’origine cosmique. On verra aussi une lumière inespérée éclairer la cause de l’activité volcanique et la ressemblance qui existe si évidemment entre les roches plutoniques et les pierres météoriques. »
On nous permettra de laisser à l’illustre auteur la responsabilité entière de cette opinion .
Boues météoriques. — Il paraît bien démontré qu’il tombe aussi quelquefois, à la suite de l’explosion des bolides, des matières pâteuses ou visqueuses, ou plus généralement des boues.
Spangenberg raconte que le 6 novembre d548, à Mansfield, en Thuringe, on vit arriver dans l’air un gros globe de feu qui, après son explosion, laissa tomber sur le sol une substance rougeâtre ayant les caractères du sang coagulé. Il tomba en Styrie, en août 1618, en môme temps que des pierres, une matière que de Hammer compare aussi à du sang coagulé. On trouve dans les Miscellanea Academ. Natune curiosorum pour 1690, qu’en mai 1652 on ramassa entre Sienne et Rome, à la suite d’un météore lumineux, une masse visqueuse. Un bolide ayant éclaté dans l’île de Lithy, aux Indes, le 24 mars 1718, on trouva, d’après Rarchewitz, une matière gélatineuse qui en était tombée. On trouva en Lusacc, le 8 mars 1796, après la cliute d’un globe de feu, une matière visqueuse ayant la consistance, la couleur et l’odeur d’un vernis bleuâtre desséché En juillet 1811, il tomba à Heidelberg une substance gélatineuse à la suite de l’explosion d’un bolide^ Citons enfin la chute d’une masse gélatineuse et puante qui tomba à