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prétendus organismes des météorites, Genève

EJfCYCLOPÉDlE CHruiIQUE.

poussé jusqu’à sa dernièro limite. Les fragments ainsi obtenus doivent être étudiés, non seulement à la lumière ordinaire, mais aussi à la lumière polarisée. Les observations de contrôle démontrent, avec la dernière évidence, que les chondres sont entièrement composés de pièces cristallines, diversement agencées et groupées, et que toute conformation organique leur est complètement étrangère.

« Je passe ensuite, dit le savant professeur, à la comparaison des structures observées sur les chondres avec celles des produits artificiels dont .AIM. Daubrée et Stanislas Meunier ont donné connaissance à l’Académie.

« Je prouve, par des dessins faits à la chambre noire, que diverses formes cristallines que l’on peut observer dans les météorites ont été reproduites, il y a longtemps par M. Daubrée, et que les givres d’enstatite, fabriqués par M. Stanislas Meunier (fig. 96), montrent sous le microscope le même agencement rayonné et articulé que les prétendus organismes de M. Ilahn. »

Les études comparatives, appuyées par des dessins faits d’après nature, ont conduit M. Cari Vogt aux conclusions suivantes :

1. Les prétendus organismes des météorites (cliondrites) n’existent pas : ce que l’on a décrit et bguré comme tel est engendré par des conformations cristallines, absolument inorganiques.

2. Aucun de ces prétendus organismes n’a la structure microscopique propre aux organismes vrais, auxquels on les a associés ; en particulier, les prétendus spongiaires ne montrent pas la structure des spongiaires vivants ou fossiles, ni les soi-disant coraux celle des polypiers, 'des anthozoaires, ni les crinoïdes imaginaires celle des crinoïdes reconnus.

5. Les structures observées sont ou dues à la présence d’une' matière incrustante opaque, ou le résultat d’illusions d’optique, causées par une méthode incomplète de recherches microscopiques.

4. L’étude microscopique de plaques minces obtenues par le polissage poussé seulement jusqu’à une certaine limite est insuffisante pour se rendre compte de la structure des chondres. Cette recherche doit être contrôlée par des observations faites sur des plaques réduites à la dernière limite, ainsi que par l’examen des chondres dissociées au moyen des acides et de la potasse caustique.

5. Les observations de contrôle démontrent, avec évidence, que tous les chondres sont composés de pièces transparentes, cristallines, groupées de différentes manières, mais le plus souvent en colonnettes ou en aigrettes ramifiées et rayonnantes depuis un centre. Les interstices, les cassures et les séparations de ces pièces groupées sont remplis par une matière incrustante opaque, résistant en grande partie à l’action des acides, simulant des cloisons ayant corps et autres particularités attribuées à une structure organique.

6. Les aigrettes composant les chondres sont identiques, quant à leur forme et au groupement des pièces cristallines qui les composent, avec les aigrettes d’ensta-

tite artificielles, obtenues par M. Stanislas Meunier dans ses expériences; comme aussi les boulettes de givre formées dans ces mêmes expériences sont analoi^iies quant à l’ensemble du groupement, aux cliondres à structure ramifiée et articulés.

7. Certains chondres à fin striage laissent voir un groupement colonnaire rectiligne, identique avec la structure de certaines enstatites terrestres {Schifferfels de Bach, dans le Harz).

8. La plupart des chondrites contiennent une quantité de groupes de cristaux plus gros, identiques, quant à leur groupement, leur forme et leur structure, avec les groupes de cristaux d'enstatite obtenus par M. Daubrée par la fusion du péridot avec du fer doux.

9. Abstraction faite des masses pulvérulentes, des substances métalliques et delà matière incrustante non cristallisée, les météorites ordinaires ne sont composées que d’éléments cristallins, réunis en chondres, comme le démontre la désagrégation au moyen de l’usure ou des acides.

D’une manière plus sérieuse plusieurs hypothèses ont été proposées relativement à l’origine des chondres, et nous devons faire une place à part à l’opinion de M. ïschermak, pour qui ces globules auraient été produits « par la solidification d’une roche entraînée dans le mouvement tourbillonnaire d’un gaz‘. »

Toutefois, trompé par une apparence tout extérieure, le savant autrichien rapproche les météorites chondritiques des productions volcaniques terrestres et ne voit dans leurs éléments globuleux que des produits des triturations d’une roche cris ■ talline. Cette supposition, reproduite cependant par divers minéralogistes, est si insoutenable que l’auteur lui-même constate des différences radicales entre les météorites et les conglomérats volcaniques.

Les tufs météoritiques, dit-il, sont particulièrement caractérisés par ce fait qu’ils ne renferment aucune trace de matière scoriacée ou vitreuse ; ils ne contiennent pas de cristaux complets au sein d’une pâte ; en un mot, ils ne présentent aucun caractère permettant de les regarder comme issus probablement d’une lave.

On conçoit que les objections n’ont pas manqué à un pareil système ; les plus fortes sans doute, parce qu’elles ont été faites d’une façon essentiellement impartiale, ré.sultent des études approfondies de M. Gumbel

« La surface des chondres, dit-il, n’est jamais lisse comme elle devrait l’être si ces globules étaient le résultat d’une tisure par roulement ; elle est an contraire inégale, mamelonnée, âpre, comme la surface d’une masse taillée en facettes cristallisées... Beaucoup de ces chondres sont allongés avec un amincissement dans une direction donnée, comme cela arrive pour les grêlons. Exceptionnellement se Yoieni dos chondres joints ensemble comme des jumeaux. «

On sera certainement frappé des expressions adoptées par le minéralogiste bavarois, car rien n’est plus éloquent que l’identité de structure des chondres avec

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