‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 205 sur 280 · LES MÉTÉ0R1TE.S MÉTAMORPHIQUES · texte numérisé non relu

LES MÉTÉ0R1TE.S MÉTAMORPHIQUES

J'ai donné le nom de Me'tamorphisme météoritique à la modification que la chaleur fait éprouver à certains types de roches méléoritiques qui se transforment aussi en d’autres types considérés jusque-là comme complètement distincts.

ta TADJÉRITE.

Nous avons dit que la composition de la tadjérite est très sensiblement celle des roclies grises si différentes d’aspect, désignées sous les noms d’aumalite et do lucéite, exactement comme la composition du marbre d’Antrim est identique à

celle de la craie. Or, prenons un fragment d’aumalite on de lucéite, et dans un creuset de platine, en nous mettant autant que possible à l’abri du contact de l’air portons-le à la température du rouge vif. Après un quart d’hetire d’expérience, la roche sera devenue complètement méconnaissable ; ce ne sera plus de l’aumalite ou

Fig. 103. — .Yimialite diaufléo une heure .au rouge cl transformée ainsi en ladjcrite. Lame mince vue au microscope.

de la lucéite, ce sera de la tadjérite‘. Toujours comme dans l’expérience de Hall (expérience plus célèbre que lacile à reproduire), la craie se cliange en marbre sous l’influence de la chaleur et de la pression.

La tadjérite est donc une roche métamorphique.

Le fer bréchifornie de Deesa, dont il est question plus haut, va nous fournir à cet égard un fait des pins intéressants.

On a vu que ce fer contient dans une pâte métallique des fragments de tadjérite. Nous en avons conclu qu’il a été en relations stratigraphiques avec celle-ci. Sa pâle métallique offre la composition de la caillite, dont elle ne diffère que par la structure qui n’est pas régulière, ce qui rend ce fer incapable de donner par les acides les figures de Widinannstrætten. Le fer de Deesa, disions-nous tout â l’heure, •est par conséquent tout à fait comparable au fer de Caille qui, ayant été soumis à Infusion, a perdu sa structure tout en conservant sa composition.

On peut le regarder comme formé par du fer de Caille qui, à l’état de fusion, a empâté des fragments de tadjérite. Et pour le dire tout de suite, celte conséquence

i. Comptes rendus, t. LXXI. p. 178, 27 iiov. 1870.

suppose dans le gisement originaire des météorites des actions entièrement analo<^ues à celles qui sur la terre ont accompagné la formation de filons de pegmasite tels que celui que nous citions tout à l’heure.

L’induction paraîtra plus légitime encore maintenant que l’on sait que la tadjérite n’est pas une roche 7iormale et qu’elle dérive d’une autre roche préexistante, la tadjérite, comme le marbre d’Antrim dérive de la craie.

Dès lors, il est naturel de penser que, si la roche de Deesa renferme des fragments de tadjérite, c’est que le fer fondu qui entre dans sa composition a transformé, étant très chaud, les fragments d’aumalite ou de lucéite avec lesquels il s’est trouvé en relations stratigraphiques.

La tadjérite d’une part, et l’aumalite et la lucéite de l’autre, dérivant forcément, d’après tout ceci, d’un même gisement, il est donc évident que nos deux groupes de tout à l’heure, auxquels nous pouvons joindre maintenant la déesite et la caillitc, doivent être considérés comme ayant la même patrie.

Si nous mettons ensemble la lucéite et l’aumalite, nous avons deux raisons pour le faire.

D’abord une fois transformées en tadjérite, elles deviennent identiques entre elles. Et en second lieu on trouve entre elles des passages minéralogiques tellement insensibles, entre autres le passage formé par la météorite de Dolgowola, Wolhynie (26 juin 1864), qu’il est impossible de ne pas voir en elles deux formes d’une même roche, comme c’est le cas pour le granit et le gneiss.

En nous bornant aux types lilhologiques représentés par des chutes distinctes, nous pouvons déjà dire que douze de ces types ont été ensemble en relations stratigraphiques.

Ce sont : la mesminite, la lucéite, la limerickite, la montréjite, la canellite, la parnallite, la chassignite, l’aumalite, la caillite et la déesite, qui comprennent ensemble un nombre très considérable de chutes (Cours de géologie comparée).

Mais la transformation métamorphique de l’aumalite en tadjérite n’est pas restée isolée.

Lft STAWROPOLITE.

Des expériences analogues aux précédentes nous ont conduit à reconnaître que la roche noire appelée stawropolite qui constitue la météorite toihbée à Stawropol, dans le Caucase, le 24 mars 1857, résulte du métamorphisme de la roche, non analogue en apparence, appelée montréjite “ .

Ces deux roches diffèrent à première vue par le double caractère de la couleur et de la cohésion; tandis que la montréjite est d’un gris de cendre très clair, la stawropolite, au contraire, est noirâtre; et pendant que la première de ces roches s’égrène par la moindre pression, l’autre résiste au point de se laisser parfaitement polir.

Etudiées de plus près, elles manifestent pourtant des ressemblances frappantes.

Aussi, leur structure est rigoureusement la même. Des deux parts, on voit des globules lithoïdes enveloppés dans une pâte pierreuse ; des deux parts se montre du fer nickelé en petites grenailles disposées souvent à la périphérie des globules.

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