Comptes rendus, t. LXXIIl, t
nallite aussi est un type lilhologique très peu fréquent. (Cours de géologie comparée.)
En résumé quatre méthodes, complètement indépendantes entre elles, concourent à la démonstration des relations stratigraphiques des météorites. Les voici résumées en quelques mots *.
i" Étude lilhologique des brèches polygéniques. — Les brèches renfermant des fragments juxtaposés de roches appartenant à des types divers, démontrent les relations stratigraphiques de ces types. Leur étude fournit ainsi la preuve de la communauté d’origine d’un grand nombre de roches cosmiques, normalement mélangées, par exemple dans les brèches appelées : déesite, mesminite, canellite, parnallite, etc.
2“ Examen des passages minéralogiques entre divers types. — Cette méthode consiste à prouver la relation de divers types, en montrant que, dans certains échantillons, ils passent insensiblement les uns aux autres. C’est un fait dont les roches terrestres nous donnent un si constant spectacle. Des passages de ce genre relient par exemple la montréjite à la stawropolite, la montréjite à la lucéite, la montréjite à la limerickite, l’aumalite à la tadjérite, l’aumalite à la chantonnite, etc.
5“ Constatation de la coexistence, en fragments distincts, de divers types dans la même chute. — La communauté d’origine de la parnallite et de la sigénite résulte de la coexistence de ces deux roches en fragments distincts, d’abord dans la chute de Trenzano, puis dans la chute de Sigena.
4" Transformation de certains types en d'autres types. — Enfin, la transformation artificielle de certains types en d’autres, en montrant que les derniers dérivent naturellement des premiers, prouve par cela même leur communauté d’origine. C’est ainsi que la chantonnite et la tadjérite dérivent de l’aumalite, et que la butsurite, la béjalite et la stawropolite dérivent de la montréjite.
. Conclusion. — 11 résulte de chacune de ces quatre méthodes d'investigation, que des météorites de types divers proviennent d’un même gisement, et par conséquent la notion de la Stratigraphie météoritique peut être considérée comme définitivement acquise à la science, et par conséquent à l’astronomie physique. Car on ne saurait méconnaître le caractère astronomique de recherches qui tendent à démontrer l’ancienne existence d’un astre aujourd’hui disparu, et qui s’efforcent d’en reconstituer les principaux éléments au moyen des débris que nous en avons. Ce sont évidemment des recherches astronomiques, quoique d’ailleurs elles appartiennent à une branche nouvelle d’astronomie, à la Paléontologie sidérale qui, opérant sur des fossiles, savoir : les restes des corps célestes à reconstruire, doit nécessairement emprunter à la géologie ses métnodes, seules applicables à l’étude et à la mise en œuvre de documents de cette nature.
Comptes rendus, t: LXXIV, p. 532 (1874);
MÉTÉOIUTES. 385
Et comment n’être pas frappé de la gradation qui s’observe dans la série des moyens à l'aide desquels l’astronomie physique a réalisé ses accroissements successifs? Les seuls procédés dont elle disposât à l’origine étaient fournis parla physique ; de l’étude de la réfraction et de la polarisation que les astres faisaient éprouver à la lumière, on concluait l’état de ces astres. Plus tard, la chimie est venue se mettre au service de l’astronomie; les spectres lumineux et l’analyse des météorites ont dévoilé la nature entière des substances entrant dans la composition des corps célestes.
Enfin, voici que la géologie lui prête le concours de ses méthodes.
Poursuivant en effet, sur des corps étrangers à la Terre, l’étude qu’on eût pu croire applicable à notre seule planète, des phénomènes élastiques, éruptifs et métamorphiques, elle montre que les météorites présentent les traces incontestables de ces trois sortes d’action, et c’est prouver que ces épaves proviennent d’un ou de plusieurs astres détruits, où elles occupaient des positions analogues à celles qu’affectent entre elles, sur la Terre, les roches dites normales, bréchiformes, éruptives et métamorphiques.
POINT DE VUE GÉOLOGiaUE
On ne peut continuer longtemps un examen de ce genre sans se demander si la géologie terrestre n’a pas quelque chose à gagner de la connaissance ainsi prouvée par les météorites de la constitution profonde d’un astre différent.
La comparaison des roches terrestres aux météorites fournit des notions intéressantes.
Nous constatons tout d’abord que les roches primitives existent sur la Terre et qu’elles gisent, comme dans l’astre météoritique, au-dessus du laboratoire où les volcans puisent la lave.
En effet, les basaltes d’une foule de régions apportent au jour des fragments anguleux de cbassignite (dunite) dont ils ont manifestement traversé les assises pour arriver au jour.
Parmi les localités à citer, nous mentionnerons l’île Bourbon et la France centrale.
C’est le cas de rappeler que d’après Hochstetter la dunite constitue toute k masse d’une chaîne montagneuse à la Nouvelle-Zélande.
En second lieu, les basaltes du Groënland ont apporté des fdons de roches de fer natif et des blocs de fer natif évidemment de la famille des météorites primitives et dont le gisement est moins profond que celui des basaltes eux-mêmes.
A cet égard il est indispensable de donner quelques détails qui en préciseront le gisement et qui surtout justifieront l’assimilation que nous en faisons avec les météorites primitives.
L’histoire de la découverte du fer est si bien connue, qu’il est superflu de due à son sujet autre chose que ce qui est nécessaire pour relier entre elles les diverses parties de notre sujet.
C'est durant son expédition au Groënland, en 1870, que M. Nordenskjold découvrit ces blocs ferrugineux.
Ils gisaient sur le rivage entre le niveau de la haute et celui de la basse mer, parmi des blocs de granité et de gneiss roulés, au pied d’une grande falaise basaltique (fig. 107, 108 et 109) d’où s’élève plus haut encore la série des couches horizontales de trass et de dolérite du mont Ovifak.
A 16 mètres du plus gros bloc, sous des détritus constituant la berge, un rocher basaltique, haut de 0“,50, peut être suivi sur 4 mètres de distance, de façon à se présenter comme faisant partie intégrante du sol en place. Une autre arête ana-
logue, située près de la berge, court dans une direction parallèle et avec la même longueur. Cette dernière contient des blocs lenticulaires formés de fer nickelé.
Fig. 107. — Vue de la falaise d’Ovifak.
qui ont l’apparence extérieure, la composition chimique et la résistance à l’air des fers météoriques.
Fig. 108. — Coupe de la falaise basaltique d Ovifak.
Le fer est empâté dans le basalte, dont il est séparé par une mince écorce de rouille et qui présente au voisinage des blocs de fer natif, des nodules de hisingérite, évidemment formée par l’oxydation du métal.
Sur une superficie qui ne dépasse pas 50 mètres carrés, M. Nordenskjôld trouva et recueillit plus de vingt masses de fer et de basalte renfermant du fer, pesant de 21 000 kilogrammes à moins de 1 kilogramme.
Fig. 109. — Plan du rivage d’Ovifak. B, basalte; I, blocs de fer natif.
Pour établir l’analogie ou constitution de ces fers avec les météorites, il convient de reproduire les chiffres suivants, en remarquant qu’il s’agit d'échantillons altérés évidemment par des agents superficiels.
I. Analyse d’un fragment d’une des grandes masses (fig. 110), parM. Nordenskjôld. — II. Analyse d’un échantillon de fer plus compact, par M. Nordstrom. — III. Analyse d’un fer offrant les figures de Widmannstætten et provenant de la côte basaltique, par M. Lindstrôm. (Dans ces trois analyses, les auteurs se sont débarrassés, autant que possible, de toutes les substances associées au fer et qui avaient subi des altérations.) — IV. Analyse par M. Wôhler. — Voy. Analyse par M. Daubrée. (L’analyse n“ IV fut exécutée sur un fragment altéré analogue, sous ce rapport, à la croûte que Smith a examinée, mais avec moins d’altération .