UNITÉ DE CONSTITUTION DU SYSTÈME SOLAIRE
Relativement au Soleil, on admet maintenant, conformément aux vues de M. Paye, qu’autour d’un noyau central, gazeux et relativement obscur, s’est condensée une sorte de poussière solide ou liquide, lumineuse grâce à son pouvoir rayonnant, et qui constitue la photosphère. Celle-ci se déchire de temps en temps par places sous l’action de tourbillons analogues aux cyclones terrestres. Elle laisse voir alors, par les ouvertures produites, le noyau gazeux et obscur, et on donne le nom de taches aux apparences qui en résultent. Sm’ la photosphère est une enveloppe gazeuse très peu dense dans laquelle se produisent des phénomènes spéciaux que nous décrirons ; on désigne cette enveloppe, à cause de sa nuance rose très vif, sous le nom de chromosphère. Enfin, tout autour de l’astre, et jusqu’à une immense distance, s’étendrait une énorme atmosphère dont l’étude est jusqu’ici peu avancée, et qui apparaît durant les éclipses sous la forme bien connue de l’auréole solaire. Secchi pense, en outre, que la photosphère et la chromosphère sont séparées par une couche dont le caractère essentiel serait de donner un spectre continu ; mais M. Lockyer nie énergiquement l’exactitude de ce résultat, qui devra être contrôlé.
Ces diverses parties du Soleil ont été soumises séparément à l’examen spectroscopique. La couche que nous venons d’appeler chromosphère donne un spectre qui, contrairement au spectre solaire ordinaire, est composé de raies brillantes : ce qui indique que cette couche est formée d’une matière gazeuse lumineuse. M. Lockyer y a reconnu*, d’après la position des raies, outre la présence prédominante de l'hydrogène, qui avait été constatée par M. Janssen et les observateurs envoyés dans l’Inde à l’occasion de l’éclipse de 1868, le sodium, le baryum et le magnésium. On y trouve en outre une double raie jaune voisine de celle du sodium et que