Ibîd., t. LXII, p
quelque grande convulsion avec dégagement énorme de gaz mis en liberté. Une grande portion de ce gaz était de l’hydrogène, qui brûlait à la surface de la planète eu se combinant avec quelque autre élément. Ce gaz enflammé émettait la lumière caractérisée par le spectre à raies brillantes ; le spectre de l’autre portion de la lumière stellaire pouvait indiquer que cette terrible déflagration gazeuse avait surchauffé et rendu plus vivement incandescente la matière solide de la photosphère. Lorsque l’hydrogène libre eut été épuisé, la flamme s’abattit graduellement, la photosphère devint moins lumineuse et l’étoile revint à son premier éclat*.
On admet généralement que des phénomènes éruptifs se produisent dans les comètes. L'observation de ces astres paraît montrer que la chevelure et la queue sont formées de matières issues du noyau. D’après M. Huggins, l’ordre ordinaire des phénomènes qui accompagnent la formation d’une queue semble être celui-ci : d’intervalle en intervalle, de la matière serait projetée par le noyau dans la direction du Soleil ; elle ne se dispose pas tout aussitôt en queue, mais forme d’ordinaire, en avant du noyau, un nuage lumineux intense, au sein duquel, pendant un certain temps, la substance du noyau continuerait à pénétrer sous forme de courant. On voit naître de la sorte une succession d’enveloppes dont la matière sc dispose plus tard dans une direction opposée au Soleil et finit par former la queue. Habituellement on observe entre ces enveloppes des espaces de couleur plus sombre et, d’après M. Faye, les queues multiples s’expliqueraient par la présence dans les atmosphères comélaires de substances de densités très diverses^.
Toutefois, M. Tyndall voit dans les queues des comètes le résultat d’actions toutes différentes qui lui ont été révélées par des expériences de laboratoire"’. Dans le cours des recherches bien connues sur la décomposition des vapeurs par la lumière, l’auteur a été conduit à constater qu’une quantité de substance à peine appréciable, quand elle est diffusée sous forme de nuage, peut émettre, par réflexion, une masse de lumière considérable, et qu’en particulier une matière d’une ténuité presque infinie, et qu’il faudrait probablement multiplier par des millions pour qu’elle pesât autant que l’air qui la renferme, est apte à émettre une lumière bien plus intense que celle de la queue des comètes. Parlant de là, M. Tyndall pense qu’une comète est formée de vapeurs susceptibles d’être décomposées parles rayons solaires; la tète visible et la queue seraient un nuage résultant de cette décomposition. Dans cette théorie, et c’est le fait important pour nous, la queue ne consisterait pas en une matière projetée par la comète, mais bien en une matière précipitée par le faisceau des rayons solaires qui traversent l’atmosphère. On prouve expérimentalement que cette précipitation peut avoir lieu lentement le long du faisceau ou instantanément sur toute sa longueur, de façon que la rapidité prodigieuse avec laquelle la queue se développe s’expliquerait sans qu’on fût forcé de recourir aux mouvements inconcevables de translation admis jusqu’à présent.
Nul doute que les phénomènes éruptifs ne s’exercent sur les planètes, au moins sur les plus voisines de la nôtre. On sait en quoi ils consistent sur la Terre; la
1 • Analyse spectrale de coips célestes.