‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 224 sur 280 · Ibid., t. LXIX, p. fi · texte numérisé non relu

Ibid., t. LXIX, p. fi

rempli par une almosphère très peu dense, s’y épanouissant et retombant ensuite lentement en affectant les formes les plus capricieuses.

Les perfectionnements apportés aux procédés de l’analyse spectrale ont permis de reconnaître, lors de la formation des protubérances, l’injection de certaines vapeurs telles que celles du magnésium et du fer. Suivant MM. Franklaiid et Lockyer*, ces vapeurs n’atteignent d’habitude qu’une très faible hauteur dans la chromosphère; cependant, dans de rares occasions, ces observateurs ont constaté que la vapeur de magnésium peut former des nuages flottant au-dessus de la photosphère et complètement séparés de celle-ci .

Le fait de l’injection gazeuse dont les protubérances sont le siège est encore mis en évidence par les mesures de précision que les mêmes savants sont parvenus à prendre à l’aide du spectroscope, et dont ils ont contrôlé l’exactitude par des essais faits dans le laboratoire sur des gaz comprimés artificiellement à un degré rigoureusement connu^.

11 parait démontré que le phénomène protubérantiel est étroitement uni à celui des taches. Les faits les plus saillants à cet égard sont dus à M. Respighi, qui a montré par la comparaison de photographies prises tous les jours pendant deux mois, qu’on ne voit jamais de protubérances dans le voisinage immédiat des pôles. Elles commencent plus près de ces points que les taches, mais, de même que les taches, elles n’y atteignent pas. De plus, et contrairement à l’apparence, M. Respighi a constaté que les protubérances ne sont pas toujours dos phénomènes aussi changeants qu’on l’a cru : il en a vu persister sur le même point pendant plusieurs jours, d’où il résulte jusqu’à l’évidence qu’elles sont liées à des actions internes du globe solaire. A ces faits on doit ajouter ceux annoncés par Secchi. L’astronome romain a trouvé dans le voisinage des taches, quelle que soit leur situation sur le disque solaire, les raies caractéristiques de leurs protubérances^

De son côté, M. J. Chacornac n’hésite pas à comparer les taches solaires à nos dislocations géologiques. Suivant lui, à l’origine, les taches d’un même groupe se montrent séparément, puis, lorsque la puissance des forces éruptives a acquis un certain degré, les lignes de dislocation apparaissent, indiquant la relation qui existe entre tous les cratères d’un même groupe. « Or, dit-il, il est bien remarquable que ces orifices d’éruptions soient situés aux extrémités des lignes de grandes dislocations, ainsi que les vallées circulaires d’élévation aux extrémités d’une brisure de l’écorce terrestre*. »

Rien que leur distance les dérobe à une observation complète, les étoiles montrent dans certains cas des phénomènes éruptifs analogues à ceux du Soleil : au moins ne peut-on pas expliquer autrement les apparences qu’elles nous offrent. C’est ce qui a lieu tout spécialement pour les étoiles temporaires. L’existence d’un gaz chaud qui les enveloppe, la soudaineté de l’explosion de leur lumière, la diminution rapide de leur éclat, ont conduit M. Huggins à penser que l’astre s’est trouvé subitement enveloppé des flammes de l’hydrogène incandescent. « Il pourrait se faire que cet astre, dit le savant anglais parlant de l’étoile t de la Couronne, ait été le siège de

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