‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 227 sur 280 · I. J.n I.toie e! l'Auvergne · texte numérisé non relu

I. J.n I.toie e! l'Auvergne

JIÉTÉORITES.

cliements remarquables entre la surface de la Lune et diverses réglons de la Terre « M. Charles Sainte-Claire Deville, dit-il, trouverait certainement de l’analogie entre les cirques et les pitons de la Lune et ceux qu’il a si nettement tracés sur sa belle carte de la Guadeloupe. Quand on e.xamine l’admirable plan de l’Etna dessiné par M. P. de Waltershausen, et gravé avec une rare perfection par Gavallari, on se croit transporté aux environs du grand cratère Tycho, sur la .Lune. Une foule de détails et de petits accidents lunaires se retrouvent sur la fidèle image du grand volcan de Sicile. Les volcans de Bolivie, en Amérique, et les restes de l’ancien lac qui occupait le cirque allongé autour duquel ils ont surgi , ont aussi leurs analogues sur la Lune. L’Islande peut être comparée à plusieurs groupes de ses petits cratères. Santorin et les îles voisines ont encore la forme d’un de ses grands soulèvements. Le cirque des îles Barren, avec son piton en activité, semble avoir été copié sur notre satellite. L’île de Palma, aux Canaries, est un véritable cratère lunaire. La grande Caldera de Ténériffe, son pic gigantesque et les pustules volcaniques qui l’entourent, semblent aussi appartenir aux régions les plus bouleversées de la Lune. »

Les phénomènes de soulèvement sont très fréquents dans presque toutes les régions de notre globe, et c’est à eux que doivent leur constitution la plupart des chaînes de montagnes caractérisées. On sait que les deux versants de ces chaînes, consistent chacun en une série identique de terrains d'âges différents, superposés et relevés de part et d’autre de la crête, et que Taxe de la chaîne est formé par des roches cristallines. Cette disposition ne peut s’expliquer qu’en admettant que les couches contemporaines, actuellement séparées sur les deux versants, se rejoignaient de manière à ne former qu’un dépôt horizontal produit sur un fond de mer, et que leur séparation et leur redressement en sens inverse sont dus à une fracture suivie d’un soulèvement. Quant à la cause de celui-ci et des ruptures qui ont du nécessairement le précéder, on l’attribue généralement à l’inégale contraction que le refroidissement a fait subir, dans les temps géologiques, à la masse fluide intérieure. et à la croûte solide, qui ne formait à sa surface qu’une mince enveloppe. On suppose que cette croûte se contractait moins que la masse fluide et que, à diverses reprises, il a dû se faire entre ces deux parties du globe terrestre des vides qui ont amené la fracture et le plissement de la croûte; celle-ci venant alors à s’appuyer sur la masse intérieure, il en est résulté une pression qui a déterminé une partie des matières en fusion à monter et à remplir les fentes où elles se sont ensuite consolidées, et souvent ont cristallisé, servant ainsi de base et d’appui aux terrains stratifiés, inclinés de part et d’autre en sens inverse.

Dans un travail qui fait époque , Élie de Beaumont a cherché à démontrer que les soulèvements affectent à la surface de la Terre une certaine symétrie; ils se seraient effectués suivant des arcs de grands cercles de la sphère, et dessineraient à sa surface, pour employer le terme consacré, un réseau 'pentagonal. On observe d’ailleurs, suivant lui, que généralement les chaînes de montagnes du même âge géologique sont parallèles et que celles qui offrent des directions différentes appartiennent à des époques distinctes.

En dehors de notre globe, c’est sur la Lune qu’oii observe les faits les plus nets

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quant aux soulèvements et aux chaînes de montagnes^. Souvent celles-ei sont gigantesques ; les pics de Daerfels et de Leibniz atteignent 7824 mètres, c’est-à-diie la même hauteur que le Jawaliir dans l’Himalaya. Dans cette chaîne terrestre, trois pics seulement dépassent la hauteur des montagnes lunaires qu’on vient de nommer, et le plus élevé de tous, le pic Everest, arrive à 8857 mètres. Or, il suffit de rappeler que cette dernière montagne n'est que la 1440= partie du diamètre de la Terre, tandis que le pic de Leibniz est la 470= partie du diamètre de la Lune, pour montrer la différence dans l’intensité des actions bouleversantes. On se rappelle aussi que les montagnes de Mercure et de Vénus sont, de même, beaucoup plus élevées que les montagnes terrestres.

Élie de Beaumont a présenté à l’Académie des sciences deux notes de,M. Montani, ayant pour but d’établir que les lois de distribution des chaînes montagneuses, suivant la symétrie pentagonale, s’étendraient aux montagnes de la Lune et à celles de Mars ‘b Sans aller jusqu’à affirmer cette symétrie spéciale, très vraisemblable dans les chaînes lunaires, il fiiut remarquer avec H. Lecoq la tendance que présentent les accidents de notre satellite à affecter la direction nord-sud.

Il faut ajouter, pour compléter l’énumération des phénomènes observés dans la Lune que, d’après Schrœtter, on y distingue les traces de plusieurs couches horizontales analogues à nos nappes basaltiques, couches qui sont superposées dans les grands creux comme Clavius, Agrippa, Scheiner, Arzachel, et surtout Copernic. De même, John Herschel est parvenu à apercevoir çà et là des divisions semblables à celles qui sur la Teri’e marquent les dépôts successifs et superposés de matières volcaniques.

Résumant les faits jusqu’ici connus, M. Chacornac a tenté de restaurer l’histoire géologique de la Lune. Pour bien comprendre le tableau qu’il en a tracé, il faut rappeler la distinction à établir entre les deux sortes de sols qui caractérisent la surface de notre satellite. La ])remière constitue ce qu’on a nommé dès le début des études lunaires le sol continental : c’est le sol des régions montagneuses qui recouvrent presque toute la partie australe de l’hémisphère visible. La seconde sorte constitue les mers, dont la couleur sombre et la surface nivelée leur donnent, suivant l’expression de John Herschel, toutes les apparences des plaines d’alluvion.

Ceci posé, voici comment, suivant M. Chacornac, les phénomènes se seraient succédé à la surface de la Lune A l’origine, l’écorce solide du satellite était peu résistante; et comme elle n’avait pas encore été bouleversée par des secousses, elle devait présenter dans tous ses points à peu près la même homogénéité et la même épaisseur. La force expansive des gaz, agissant alors perpendiculairement aux couches superficielles et suivant les lignes de moindre résistance, durent briser l’enveloppe et produire des soulèvements de forme circulaire. C’est sans doute à cette période qu’il faut rapporter la formation des immenses circonvallations dont l’intérieur est aujourd'hui occupé par les plaines appelées mers. Succédant à cette période primitive, une sorte de diluvinm général ou d’épanchement boueux aurait

1. Yoy. une note d’ÉIie de Beaumont dans les Comptes rendus, t. XVI, p. dOôS. '

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