Comptes rendus, etc., t. LXII, p
de jTtïïtôTô» abstraction faite de l’influence que pourrait avoir cette augmentation de masse sur la forme de l'orbite lunaire. Or, en pre'sence de valeurs de cet ordre, la quantité de matière apportée par les aérolithes en un siècle n’est pas un infiniment petit. En supposant que leur densité soit les 5 de celle du globe, il faudrait pour cela une chute de 11 000 kilomètres cubes par siècle ou de 110 en un an. La Terre a 500 000 000 de kilomètres carrés, la France en a 500 000 à peu près. La France est donc la partie de la surface du globe; il faudrait donc qu’il tombât annuellement sur la surface de la France 11 kilomètres cubes de substances pour produire l’accélération de 6 secondes. Mais il n’y a pas besoin de tout cela, car l’action des marées doit aussi produire ([uelque chose, comme on l’a fort bien montré dans les derniers temps ; il reste donc à expliquer non plus une accélération de 6 secondes, mais seulement ce qui n’est pas dû aux causes indiquées par Laplace et par M. Delaunay; nous arrivons donc ici à des chiffres qui n’ont rien d’impossible. »
11 nous sera permis de ne pas être de cet avis. Les résultats numériques de M. Dufour sont si effroyablement loin de ceux qui résultent de l’observation, que nous ne pouvons attribuer à la cause qu’il spécialise qu’une influence tout à lait secondaire. On en sera convaincu en lisant les lignes suivantes, que nous empruntons au remarquable travail de M. Daubrée* : « Pendant chacune des deux années 1863 et 1 864, on a cité trois chutes de météorites en Europe. En admettant que cette partie du monde n’ait pas été particulièrement favorisée, et en remarquant qu’elle représente les seize millièmes de la surface totale du globe, on arriverait pour cette dernière au chiffre de 180 météorites. Si, à raison de la facilité avec laquelle les chutes peuvent passer inaperçues, on porte ce nombre au triple, ce qui n’est sans doute pas exagéré, on trouve un total de 600 à 700 pour le nombre annuel des chutes. » Cela ne fait peut-être pas 1 mètre cube, et il s’en faut, comme on voit, que les 110 kilomètres cubes exigés par M. Dufour soient réalisés.
Rappelons à ce sujet que l’augmentation de masse résultant de l’arrivée des météorites sur le Soleil avait été posée comme une objection aux partisans de l’origine météorique de la chaleur solaire. Mais, comme le fait remarquer M. Tyndall®, la quantité de matière nécessaire à la radiation observée, quand même elle serait accumulée pendant quatre mille ans, échapperait entièrement à l’examen fait avec nos instruments les plus puissants .
Distribution géographique des chutes. — Il nous reste, pour en avoir fini avec ces considérations générales, à rechercher comment est réglée la distribution géographique des chutes. On pourrait croire qu’elle est sensiblement uniforme à la surface -de la Terre ; il ne paraît cependant pas en être ainsi.
Certaines contrées semblent, pour ainsi dire, favorisées. Par exemple, sur environ 150 chutes de pierres bien constatées, je n’en trouve pas moins de 50 appartenant aux Indes, c’est-à-dire 33 pour 100, bien que la surface de la péninsule soit bien loin de représenter le tiers de la surface des pays où les chutes sont observées.
Nul doute, d’ailleurs, que ces 50 chutes ne soient qu’une partie de celles qui on lieu dans ce pays.
t. Rapport sur les progrès de la géologie expérimentale, p. 101; 1867.
2. La chaleur considérée comme mode de mouvement, p. 417 de la traduction française.
43S ENXYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
Il est intéressant de les donner ici par ordre de date, afin que l’on puisse lacilement combler les lacunes :