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Dijnami/c des llimmels

«rences de l’hypothèse dont il s’agit. Nous aurons dans un moment l’occasion de revenir sur ce point.

Dans la pensée de ses auteurs, la théorie que nous venons de citer donne, si elle est fondée, l’explication d’un grand foit jusqu’ici plein de mystère : l’entretien de la chaleur solaire.

Le Soleil déverse sans cesse dans l’espace de la chaleur et de la lumière ; or, il ne les crée pas et ne peut dépenser que ce qu’il a reçu d’ailleurs. Qu’a-t-il reçu et d’où a-t-il reçu ?

Selon l’idée la plus généralement admise, le Soleil est un feu qui ne diffère des foyers terrestres que par sa dimension et l’énergie de sa combustion. Mais cette manière de voir, si simple en apparence, devient insoutenable dès qu’on l’examine.

Supposons que le Soleil soit un bloc de houille et qu’il reçoive assez d’oxygène pour produire en brûlant la quantité de chaleur qu’il fournit actuellement ; on a calculé qu’au bout de cinq mille ans il serait consumé.

Une autre manière devoir consiste à faire du Soleil un corps primitivement chauffé et abandonné depuis au refroidissement. Or, en dotant le Soleil des propriétés les plus favorables à cette hypothèse, on trouve qu’en cinq cents ans il se refroidirait de 8000 degrés! Il faudrait donc, pour qu’il ne fût pas complètement refroidi, qu’il eût eu à l’origine une température telle que nous n’avons nul moyen de nous en faire une idée.

La conséquence de tout cela, c’est qu’il doit éviter pour le Soleil un moyen de réparer ses pertes. M. le docteur Mayer voit ce moyen dans l’anneau de météorites dont il vient d’être question.

Dans son beau livre sur la chaleur considérée comme un mode de mouvement * M. Tyndall a exposé avec talent l’bypothôse qui nous occupe. Nous lui empruntons quelques passages.

Nous observons la cliute d’une ])omme, et nous chcmchons la loi qui régit son mouvement. A la place de la Terre nous mettons le Soleil, à la place de la |)omme, nous mettons la Terre, et nous entrons ainsi en possession de la clef du mécanisme des deux. Nous connaissons la liaison qui existe entre la hauteur de la chute et la chaleur développée par un corps qui tombe à la surface de la Terre ; à la place de la Terre, mettons le Soleil, dont la masse est égale à r)00 000 fois celle de la Terre, au lieu d’une chute de quelques mètres, prenons des chutes correspondantes à des distances cosmiques, et rien ne nous manquera pour engendrer une chaleur qui surpasse toutes les chaleurs terrestres. Il est aisé de calculer le maximum et le minimum de la vitesse communiquée par l’attraction du Soleil à un astéroïde (pii circule autour de lui ; le maximum est engendré lorsque le corps s’approche en ligue droite du Sojeil, venant d’une distance infinie, puisque alors la force entière de l’attraction s’est exercée sur lui sans aucune perte, le minimum est la vitesse qui serait simplement capable de faire tourner autour du Soleil un corps tout à fait voisin de sa surface.

La vitesse finale du premier corps au moment où il va frapper le Soleil serait de 627 kilomètres par seconde ; celle du second de 444 kilomètres. L’astéroïde, en

L Pages 41 6 et suivantes de la traduction française.

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frappant le Soleil avec la première vitesse, développerait plus de 9000 fois la chaleur engendrée par la combustion d’une masse égale de houille ; leSoleil, dans le second cas engendrerait une chaleur égale à celle de la combustion de plus de 4000 masses semblables de houille. Il n’est donc nullement nécessaire que les substances qui tombent sur le Soleil soient combustibles; leur combustibilité n’ajouterait pas sensiblement à l’épouvantable chaleur produite par leur collision ou choc mécanique.

On voit que l’on a là un mode de génération de chaleur suffisant pour rendre au Soleil son énergie à mesure qu’il la perd et pour maintenir à sa surface une température qui surpasse celle de toutes les combustions terrestres.

Toutefois on n’a pas tardé à reconnaître dans cette manière de voir des difficultés considérables.

En effet, comme l’a fait remarquer M. Faye, il est beaucoup plus difficile qu'on ne le croit communément de faire tomber sur le Soleil quelque chose venant des espaces célestes. Si le Soleil était seul et immobile au centre du monde, exerçant son action sur la matière également immobile et disséminée au loin dans l’espace, on pourrait concevoir que cette matière attirée vers le Soleil tombât sur lui en ligne droite ; mais les choses ne se passent pas ainsi ; le Soleil n’est qu’une unité dans le nombre immense des soleils qui peuplent l’espace ; il marche, et toute matière a aussi sa vitesse propre, résultat des actions diverses qui s’exercent sur elle de tous côtés. Dès lors, le mouvement curviligne dans une orbite ouverte ou fermée est le cas général, et la chute rectiligne d’un aérolithe sur un de ces soleils n’est plus qu’un cas particulier que votre esprit conçoit, mais que vos yeux ne voient jamais réalisé.

C’est par suite de ces raisons que M. Thomson modifia la théoiûe de M. Mayer, à laquelle M. Waterston s’était rallié. Au lieu de la chute rectiligne de la matière cosmique sur le Soleil, M. Thomson a eu recours a une combinaison plus sweuulique au premier aspect. Les corps célestes peuvent se rencontrer en elfet, non plus par une chute directe de l’un sur l’autre, mais en vertu de leurs mouvements orbitaires, lorsque ces orbites viennent à se croiser. Or, il existait, dans la science, à l’époque où M. Thomson jetait les bases de son système, une idée très répandue, celle qu’un corps se mouvant autour d’un centre d’attraction dans un milieu résistant doit décrire, autour de ce centre, une spirale dont les spires vont en se rétrécissant sans cesse, de sorte que ce mobile doit finalement atteindre et heurter le corps central.

En admettant donc que la matière destinée à alimenter le Soleil se meuve dans ce milieu résistant dont on a tant parlé à propos des comètes, milieu dont la densité doit aller en croissant vers le Soleil, on aura, non plus par le choc direct, mais par le frottement contre la surface solaire, le même résultat que par le= «-‘O lithes de MM. Mayer et Waterston, c’est-à-dire 'une production de lumière et de chaleur ; bien plus, on expliquera la rotation du Soleil lui-même, que Laplace prenait, lui, ainsi que sa chaleur, pour fait primordial. Au point de vue de la théorie mécanique de la clialeur, la différence entre les deux formes de l’hypothèse, consiste en ce que dans le système de M Thomson, la quantité de matière requise est double de celle qu’exige le système de M. Waterston, mais au point de vue intrinsèque de l’idée, la différence est plus grande : aussi tous les savants anglais qui

MÈTÉORITÜS. iôS

tiennent pour cette explication de la clialeiir solaire ont-ils adopté l'idée de M. Tliomson.

« J’ai montré néanmoins, il y a quelques années, ajoute M. P’aye, par des recherches dirigées dans un tout autre but, combien celte conception nouvelle est, elle-même, peu admissible^. On ne peut concevoir, en effet, un milieu matériel résistant autour du Soleil qu’à la condition.de le faire circuler; or, dans le cas d’un milieu circulant, les choses ne se passi nt plus comme dans un milieu immobile, le grand axe de l’orbite d’un corps circulant dans ce milieu ne va plus en diminuant indéfiniment; c’est son excentricité qui diminue avec le plus de rapidité, et quand elle est assez atténuée, le grand axe à son tour cesse de décroître et le corps ne risque plus de tomber sur le Soleil.

« Ce n’est pas tout : le premier soin, pour une hypothèse de ce genre, ce devrait être,' j’imagine de la soumettre au contrôle de nos sens. On a oublié de le faire pour celle dont je parle; il ne faut donc pas s’étonner, si un observateur qui a longtemps étudié la surface du Soleil, se croit obligé de vous avertir que les choses ne se passent pas du tout comme on vient de le supposer. S’il existait une provision de madère en contact avec la surface solaire et frottant sur la surface de cet astre avec l'énorme vitesse planétaire de cette région de manière à produire à la fois la lumière, la chaleur et jusqu’à la rotation du Soleil, cette matière serait incandescente, et l’on en verrait quelque chose. Or, il suffit de regarder le Soleil avec un grossissement quelconque, pour s’assurer qu’on ne voit lien de semblable. Les phénomènes des taches des faciiles, la figure même du Soleil, sont loin de s’accommoder de cette hypothèse, et, quant aux éclipses, où l’on devrait si bien voir toutes ces choses, je ne puis assez admirer que ce soient précisément les partisans de cette hypothèse qui admettent en même temps autour du Soleil une atmosphère où se trouvent suspendus, fort tranquillement, des nuages de toutes couleurs, dont l’immobilité (relativement à la surface du Soleil) nous serait dévoilée par la manière régulière dont la Lune les masque et les démasque à nos yeux. Ne vous semble-t-il pas que le frottement de la matière cosmique faisant en moins de trois heures le tour du Soleil, n’est guère compatible avec ces nuages immobiles, avec les délinéaments délicats de l’auréole? »

Ce sont là évidemment des objections bien graves que les études ultérieures pourront seules ou confirmer ou détruire.

L’absence des météorites dans les couches géologiques peut être le résultat de la destruction de ces corps sous l’iniluenco des agents naturels. Peut-être quelquesuns de ces rognons de fer oxydé (limonites) que l’on rencontre dans divers terrains, l'eprésentent-ils d’anciennes masses de météoriques transformées par l’action des eaux. On résoudrait peut-être la question en reehcrchant dans ces masses la présence du nickel, qui resterait le caractère distinctif des productions météoriques.

Il y aurait, en vue de |a solution de ces questions, un très grand intérêt à soumettre à une étude suivie la manière dont les météorites s’altèrent, pour rechercher si le produit final de cette transformation n’aurait pas les caractères de quelques corps terrestres que nous connaissons et sur l’origine desquels on est encore indécis.

1. Sur le milieu résistant. Comptes rendus, etc..t. L, p. 75, et Examen d un mémoire de M. Plana, sur la force répulsive et le milieu résistant. Même recueil, t. I.III. p. 256.

Le fait est que les 'pierres météoriques, à peine arrivées à la surface du globe subissent certaines modifications.

Au moment de leur chute, presque toutes dégagent une odeur sulfureuse qui ne tarde pas à disparaître d'une manière complète; par exemple, M. Biot, parlant des météorites de Laigle, dit‘ ; « Les plus grosses de ces pierres, lorsqu’on les casse exhalent encore une odeur sulfureuse très forte dans leur intérieur ; celle de leur surface a disparu, et les plus petites n’en exhalent plus qui soit sensible; en sorte que l’odeur exhalée par les plus grosses paraît aussi de nature à disparaître avec le temps. » C’est en effet ce qui a eu lieu.

Un autre résultat de l’observation, le seul, du reste, dont nous voulions parler ici, est que beaucoup de météorites pierreuses sont friables au moment de leur arrivée, et deviennent ensuite beaucoup plus dures. Parmi les très nombreux exemples que nous pourrions invoquer, nous en citerons seulement deux.

« Ces pierres (celles de Weston, 14 décembre 1807), dit Bigot de Marogères étaient encore chaudes lorsqu’elles furent ramassées. Au moment de leur chute, elles étaient friables et se laissaient briser entre les doigts, surtout quand elles avaient été enfoncées pendant quelque temps dans la terre humide ; mais elles se durcirent peu à peu par leur exposition à l’air, au point de ne plus être friables.

Biot, qui a si admirablement discuté les faits relatifs à la chute de Laigle, signale aussi le durcissement dont il s’agit :

« Observons encore une circonstance très importante, dit-il. Puisque les paysans avaient sur le lieu même et en peu de temps détaché tant de fragments de cette masse minérale, il paraît qu’elle n’avait pas alors l’excessive dureté que nous lui trouvons aujourd’hui. En effet, votre confrère Leblond assure que, lorsqu’elle fut portée chez lui, elle était encore facile à casser, et les petits morceaux que l’on en séparait, s’égrenaient sous les doigts. Voilà assurément un fait attesté par un témoin oculaire digne de toute confiance. La même chose m’a été affirmée depuis, dans vingt endroits différents, et par tous ceux qui ont manié ces substances dans les premiers moments. »

Lorsqu’on admet, comme nous venons d’y être conduits, que les météorites ont une origine extra-terrestre, il faut reconnaître que leur arrivée a por co s [ ;e inévitable d’augmenter la masse de notre globe.

Or, cette augmentation, pourvu que sa valeur soit suffisante, a nécessairement pour effet de modifier la marche de notre planète.

On a même voulu y voir une des causes|de l’accélération séculaire du moyen mouvement de la Lune.

On sait que la théorie de Laplace donnait une accélération séculaire défi secondes, et l’observation une accélération de 12 secondes à peu près.

11 y a donc 6 secondes dont on ne rond pas compte et qu’on a tenté d’expliquer de diverses façons. M. Ch. Dufour pense que l’arrivée des météorites résout la ([uestion. « Pendant un siècle, dit-iP, la Lune accomplit à peu près 1557 révolutions, et 6 secondes représentent de cette quantité-là. Pour augmenter la

vitesse de la Lune de cette quantité, il faudrait que la masse de la Terre augmentât

1. Rapport sur la chute de l'Aigle. Mélanges scientifulues el liUérairea, t. I, p. 41.

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