‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 256 sur 280 · CHUTE DE KERNOUVE (MORBIHAN · texte numérisé non relu

CHUTE DE KERNOUVE (MORBIHAN

La météorite de Kernouve (Morbihan), dont la masse qui devait peser 80 kilogrammes environ, a dû avoir une forme conique, se serait en tombant enfoncée jusqu’à la profondeur d’un mètre, et aurait été entièrement recouverte par la terre que le choc aurait fait rejaillir. Une jeune fille qui se trouvait à quelques mètres a été effrayée au point d'en tomber malade.

La chute a eu lieu le 22 mai 1869 à 9 heures 45 minutes du soir. Le lendemain, les paysans sont accourus et, à coups de masse, ils ont brisé la météorite

l. Comptes rendus, t. LVOI, p. 305.

pour .s’emparer des débris qu’ils ont pu détacher. Ils sont restés convaincus qu’ils étaient en possession de fragments de la lune.

Quelques jours après on voyait encore les traces de la carbonisation de l’herbe sur les bords du trou où s’était enfoncée la météorite h

CHUTE D'ORVINIO (ROMAGNES).

A cinq heures un quart du matin’, un quart d’heure avant le lever du soleil le 51 août 1872, pendant qu’un vent très léger soufflait du nord, par un temps très clair, on a vu venir du côté de la mer, à peu près dans la direction du S.-S.-E. au N.-N.-E., à l’horizon romain, un météore lumineux qui, en entrant sur le continent près du lac Circello, alla s’éteindre avec un horrible fracas près d’Orvinio, sur les confins de la Sabine.

Petit et roussâtre au commencement, il allait en augmentant de volume et d’éclat, laissant derrière lui une traînée, comme un nuage de couleur obscure. Arrivé à un certain point, il s’enflamma vivement, devint grand presque comme la lune, et dispaïut presque subitement en laissant un nuage allongé qui se contourna promptement à la manière d’un immense serpent. Peu de minutes après, pas moins de 2, ni plus de 4 (suivant les estimations diverses), on entendit une violente détonation, suivie peu après de deux autres, rapprochées et plus petites.

Il résulte des descriptions qui ont été recueillies que la ligne parcourue par le bolide n’a pas été dans un plan vertical au-dessus de Rome, mais inclinée vers le levant. D’après le temps écoulé entre l’inflammation et la détonation, en supposant qu’il ait été en moyenne de trois minutes, la distance du point do l’explosion aurait été de 60 kilomètres. La détonation a fait un bruit sourd, comme celui d’une mine, ou de l’explosion d’une masse enflammée volumineuse, différent du bruit du tonnerre ou du canon, suivi d’un roulement d’autres coups plus petits, comme un feu de mousqueterie.

La hauteur à laquelle on a commencé à voir le météore, dit M. le professeur Tacchini, correspondrait à 50“ environ, et certainement entre 20“ et 50“. Par conséquent, en admettant que le bolide fût alors au-dessus de Rome, il en, résulterait que sa hauteur en kilomètres aurait été égale à 184 environ; ou bien a 155 kilomètres, en prenant la hauteur moyenne entre 20“ et 50“, et pour la vitesse accrue par l’attraction de la masse de la Terre ;

W = 59,559 mètres.

Cette énorme vitesse de la météorite, au moment de son entrée dans l’atmosphère terrestre, est presque égale à celle des étoiles filantes de la période du mois d’août, laquelle est de 60 kilomètres, avec une élongation de 58“ du point de mire.

Le comte de Saint-Robert, en associant les lois et les formules de la balistique à la théorie de M. Schiapparelli, démontre que si un bolide entre dans l’atmosphère

Page 1