‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 257 sur 280 · Comptes rendus, t. LXVIII, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. LXVIII, p

2. Les Mosdes. Recherches physico-astronomiques sur l'uranolühe tombé dans la campagne romaine le 31 août 1872 par M. P. G. Stanislas Ferrari (Extrait).

avec la vitesse minima de 16 kilomètres par seconde, lorsqu’il arrive à un point où la pression atmosphérique est de 12 millimètres, il a déjà perdu ^ de sa vitesse

et de sa force vive. Que si la météorite avait la vitesse maxima de 72 kilomètres, sous la même pression elle aurait perdu ^ de sa vitesse et de sa force

vive. 11 ne faut donc pas être étonné de l’énorme quantité de chaleur que ces corps peuvent développer dans leur chute, et c’est pour cela que la plus grande partie de ces corps, de même que les étoiles filantes, se dissout et se volatilise avant d’arriver sur le sol. La compression n’exercerait qu’un rôle secondaire. Selon le professeur Govi, la météorite doit être comparée à un briquet à air, bien plus qu’à un briquet a pierre. 11 a comparé l’action des météorites à celle du piston dans les briquets pneumatiques, puisque le gaz traversé par la météorite, transmettant le mouvement reçu avec une vitesse incomparablement inférieure à celle du projectile, constitue, pour ainsi dire, sur toute la longueur de la trajectoire, un tube à parois solides dans lequel la météorite s’avance en comprimant l’air qu’elle rencontre. Les résultats obtenus par M. Govi, en prenant pour la résistance de l’air l’expression de M. Didion, ne diffèrent guère de ceux du comte de Saint-Robert.

Appliquant cette fois les formules de M. de Saint-Robert et prenant pour la chaleur spécifique de l’uranolithe, avec Prestwich, la valeur de 0,22 qui ne s’éloigne pas beaucoup de la vérité, il trouve pour l’augmentation de la température en degrés centésimaux la valeur de 19,269,31“ centigrades. 11 est évident que la millième partie seulement de cette valeur est plus que suffisante pour expliquer les phénomènes de chaleur et de lumière, les explosions et même la dispersion totale de masses énormes.

Arrivé à une certaine proximité de la surface de la Terre, le bolide fit explosion avec un horrible fracas, en se divisant en très petits morceaux. La force des explosions montre bien quelle grande masse devait avoir la météorite, puisque ceux qui ont pu la voir à Ischia, éloignée de 49 kilomètres, ont cependant entendu le bruit, comme l’a attesté M. le professeur S. de Rossi, qui a observé le phénomène dans cette île.

On ne put en recueillir qu’un très petit nombre de fragments ; les plus volumineux ont été achetés par M. le professeur de Rossi : le premier pèse I2,42o grammes, le second 432 ; ils ont été recueillis, l’un près de l’autre, à environ un kilomètre et demi d’Orvinio, avec trois ou quatre autres fragments dont on n'a pas de nouvelles.

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