Poggendorff’s Annalen, t. CXIII, p
CHANTONNITE.
On a désigné quelquefois sous le nom de chantonnite le silicate noir qui donne naissance aux veines de plusieurs météorites, telles que Chantonnay, Charsonville, Mexico (îles Philippines), fig. 19, etc. D’après M. Shepard* sa dureté varie de 6,5 à 7 et sa densité est égale à 3,48. On n’a eu pendant bien longtemps que des notions fort vagues sur sa composition. J’ai montré que ce prétendu minéral n’est qu’une teinture développée par la chaleur.
La chaleur, en effet, développe dans les météorites grises un curieux pliénomêne dont je me suis préoccupé de rendre compte.
Eig. 19. — Veines noires de la météorite tombée à Mexico (îles Philippines) en 1859.
Grandeur naturelle.
Voici succinctement le résultat de mes études
La première chose à faire était évidemment de préciser les conditions de l’expérience, afin de reconnaître les causes déterminantes de la transformation. Or, il est facile de voir tout d’abord, que la température exerce sur elle une influence capitale : au-dessous du rouge, la nuance du produit est d'autant plus éloignée du noir que la température a été moins élevée ; au-dessus du rouge, la dureté, la ténacité et la densité paraissent croître avec le degré de la chaleur. De telle sorte qu’il serait sans doute possible de préciser beaucoup les conditions de température par lesquelles ont passé, par exemple, la pierre de Sétif et les fragments lithoïdes du fer de Deesa. (Voir plus loin la description détaillée de ces masses).
En second lieu, l’air atmosphérique ne joue aucun rôle dans le phénomène. A première vue, il semblait naturel d’attribuer la coloration noire à une oxydation partielle du fer ; mais cette explication n’a aucune valeur. En effet, d’une part, le noircissement a eu lieu dans la matière même de la pierre de Sétif, avant son arrivée dans notre atmosphère et, ce qui est encore plus probant, dans les fragments empâtés au milieu du fer de Deesa; et, d’autre part, il est aisé de développer la coloration noire à l’abri de toute influence oxydante. Ainsi, j’ai amené au noir un petit fragment de la pierre de Pultusk en le chauffant dans un courant d’acide
t. RepoH on American" meteorites, p. 7.