CLASSIFICATION DE M. STANISLAS MEUNIER
Au point où en est arrivée 1 etude des météorites, on éprouve de grandes difficultés à se reconnaître dans la description des masses extra-terrestres, et surtout dans les comparaisons qu’on établit entre elles. On ne sait jamais avec certitude si deux météorites dont on lit la description sont identiques entre elles ou différentes l’une de l’autre.
Cela vient de ce qu’on ne s’est pas encore suffisamment préoccupé de définir les types de roches cosmiques. On est exactement au point où l’on en serait pour les roches terrestres, si leurs types n’avaient point reçu de noms distincts de ceux des localités où on les trouve.
Occupé depuis longtemps déjà de comparer entre elles les météorites de diverses chutes, dans le but de déterminer leurs relations possibles de gisement originel, j’ai essayé, il y a plus de douze ans (l), de distinguer nettement les uns des autres les divers types que renferme la collection du Muséum et l’on va lire le résultat de mon travail.
La caractéristique de ces types est faite d’après les règles que j’ai exposées ailleurs au sujet des roches terrestres (Lithologie terrestre et comparée, 1871) et dont il n’y a lieu de rapprocher ici qu’un seul point.
Dans ce système, un type de roche est caractérisé à la fois par la compositiou minéralogique et par la structure. C’est, comme on voit, quelque chose d’ana logue, toute proportion gardée, à l’espèce minéralogique, selon la définition de Haüy.
Les roches de même composition, mais de structure différente, forment des types différents appartenant à un même groupe.
On n’essaiera pas ici de définir les groupes de roches météoritiques : de nouvelles études sont nécessaires pour cela.
De plus, il faut remarquer que les types qui vont être passés en revue sont tous représentés dans la collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris. S’il en existe d’autres, comme la chose est extrêmement probable, j'ai dû les passer sous silence, jusqu’à ce qu’il m’ait été donné de les étudier directement et de les comparer aux autres.
Enfin il a fallu négliger, au Muséum même, certaines météorites, d’ailleurs en très petit nombre, qui sont représentées par des échantillons trop petits ou trop altérés pour se prêter à un examen complet.
Destinées à servir, avant tout, de points de repère pour les descriptions ultérieures, les caractéristiques qu’on va lire auraient nécessairement été vagues, si je n’avais imposé à chaque type un nom univoque, ayant une forme analogue à celle des dénominations lithologiques.
La racine de ce nom a toujours été fournie par le nom de la localité la plus célèbre ou la mieux étudiée de chaque type. Toutefois, il a paru naturel de conserver les noms de Pallasite à'Eukrite, de Howardite et de Chladnite, proposés par Gustave Rose, et accrédités dans la science.
1. Yoy. le Cosmos dos 15 et 27 décembre 1869, 5, 12 et 19 janvier 1870.
Toutefois les descriptions ont été faites sur un plan uniforme ; on trouvera pour chaque type :
1» Une énumération rapide des caractères extérieurs dans le style concis qui convient aux généra;
2" La densité ;
3“ La composition minéralogique, autant que permettent de la donner les notions acquises jusqu’ici ; j’y ai joint à titre de renseignement les résultats ^'analyses chimiques, bien que celles-ci ne puissent faire ressortir en aucune façon la caractéristique de chaque type.
4“ Enfin l'indication chronologique des principales chutes représentées au Muséum.
Voir pages 104 et 105 le Tableau synoptique des types que nous décrirons :