‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 9 sur 280 · AZOTE, HYDROGÈNE, OXYDE DE CARBONE, ACIDE CARBONIQUE · texte numérisé non relu

AZOTE, HYDROGÈNE, OXYDE DE CARBONE, ACIDE CARBONIQUE

L’azote paraît exister en nature, c’est-à-dire libre, constituant une espèce particulière, dans le 1er de Lenarto. 11 résulte, en effet, des expériences de M. Boussingault‘, que ce fer météorique renferme 0,010 pour 100 d’azote. Or, si le savant auteur a regardé d’abord ce gaz comme combiné au fer sous la forme d’azoture, il paraît bien plus légitime maintenant de supposer que le gaz azote du fer de Lenarto y est simplement retenu par adhérence ou occlusion.

Cette manière de voir est pleinement confirmée en effet par les expériences d’Odling*, qui a constaté l’absorption de l’azote, sans combinaison chimique, par plusieurs métaux qui ne laissent ensuite échapper le gaz condensé que sous l’influence d’une température élevée. C’est ainsi, pour ne citer qu’un seul exemple, qu’une feuille d’argent peut absorber de l’azote jusqu’à 20 pour 100 de son volume.

On sait maintenant que beaucoup de fers météoriques renferment l’azote comme celui de Lenarto. On peut citer aussi comme étant dans le même cas les grenailles métalliques de beaucoup de météorites pierreuses.

1. Annales de Chimie et de Physique, 5“ série, t. LVI, p. 336.

2. On the occlusion of gases by métal, leçon professée à ITnslitution royale de la Grande-Bretagne le 17 mai 1867.

Ce qui vient d’être dit pour l’azote s’applique à l’hydrogène dont la présence a été constatée par Thomas Graham dans le l'er de Lenarto ^ Ici l’état libre du gaz condensé n’est pas douteux, car on ne connaît pas d’hydrure de fer ; nous sommes donc parfaitement autorisés à ranger l’hydrogène parmi les espèces minéralogiques des météorites.

Au moyen d’un ciseau propre, Graham enleva d’une masse considérable de fer de Lenarto un fragment dont les trois dimensions étaient respectivement 50, 13 et 10 millimètres. Le poids du fragment était 45s^2 et son volume 5‘<=,78. On le traita par une solution chaude de potasse caustique, puis on le lava à plusieurs reprises à l’eau distillée chaude, et on le sécha. On s’était assuré auparavant qu’un pareil traitement, appliqué au fer ordinaire, ne donnait nullement lieu à un dégagement d’hydrogène quand on soumettait ensuite le métal à une forte chaleur. On enferma le fer de Lenarto dans un tube de porcelaine neuf, auquel était adapté un aspirateur de Sprengel, et on obtint ainsi un bon vide à froid. Puis, au moyen de charbons ardents, on chauffa au rouge le tube placé dans un fourneau à combustion. Le dégagement du gaz fut assez rapide, savoir :

En 35 minutes . 5“,38

En 100 — . 9 ,52

En 20 — . 1 ,63

En 2\35™ . 16 ,53

La première portion du gaz recueilli possédait une légère odeur, mais bien plus faible que celle des gaz absorbés dans un feu de charbon par le fer malléable ordinaire. Le gaz du fer météorique brûlait comme l’hydrogène. 11 ne contenait pas trace de gaz acide carbonique ni d’aucune vapeur d’hydrocarbure absorbable par l’acide sulfurique.

La seconde portion du gaz recueilli, dont le volume mesurait 9“,52, fournit à l’analyse :

En centièmes.

Hydrogène . 8'S26 85,68

Oxyde de carbone . 0 ,43 4,46

Azote . 0 ,95 9,86

Le fer de Lenarto paraît donc abandonner 2,85 fois son volume de gaz dont près de sont de l’hydrogène, c’est-à-dire que le gaz est presque entièrement

composé d’hydrogène, la proportion d’oxyde de carbone ne dépassant pas 41/2 pour

Le gaz absorbé par le fer placé dans un feu de charbon est très différent, et se compose en très<grande partie d’oxyde de carbone. Afin d’établir la comparaison, on soumit une quantité de fers à cheval, bien nettoyés, à une opération semblable

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