Comptes rendus, etc., t. LXV
L’inconvénient disparaît si l’on remplace l’eau par le mercure, qui opère un étonnement peut-être plus complet. Lorsqu’on fait usage de mercure, il est nécessaire de fixer l’échantillon en expérience à l’extrémité d’un gros fil de fer qui permet, malgré la différence des densités, de le plonger au fond du bain métallique. Dans quelques cas, on a opéré au moyen d’un appareil particulier rempli d'acide carbonique, et alors on a pu considéi'er l’oxydation du fer comme nulle.
Un échantillon de la météorite de Rittersgrün traité par ce procédé a montré que les grains de fer, qui, tout d’abord, semblaient parfaitement indépendants les uns des auti-es, sont tous reliés entre eux; le fer est donc continu, ici comme dans les météorites précédentes. Toutefois le fer de Rittersgrün diffère essentiellement de celui d’Atacama ou de celui de Pallas. Dans ceux-ci, comme on vient de le dire, la pierre est en grains séparés ; il n’en est pas de même dans le fer de Rittersgrün. Ici la pierre est continue tout aussi bien que le fer lui-même. Ce sont deux réseaux, l’un métallique, l’autre pierreux, qui s’enchevêtrent mutuellement.
PALLASITE (G. Rose).
Roche formée d’une pâte métallique renfermant des cristaux pierreux verdâtres La pâte métallique est cristalline, malléable et prend bien le poli — Densilé :
du fer 7,16 à 7,864 (Rumler) , de la pierre 5,43 (Rumler). — Composition minéralogique : La partie métallique consiste en tænite, kamacite et catarinite ; elle renferme de la schreibcrsite et du graphite. La partie pierreuse consiste en péridot. Les acides dessinent sur le fer des figures très nettes qui sont manifestement ordonnées d’après le contour des grains silicatés.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQDE.
Chute unique :
1772. Krasnojarsk, Jeneséik Sibérie (fer de Pallas).
Le nom de Pallasite a été créé en 1862 par G. Rose* pour un type de roches météorites dans lequel il faisait entrer, outre la masse de Krasnojarsk ou fer de Pallas, celles de Brahin, d’Atacama, de Rittersgriin et deBitburg, que caractérise également, suivant lui, la présence de cristaux de péridot enveloppés dans du fer nickélifère.
J'ai conservé, comme il convenait, cette caractéristique et j’ai respecté le nom proposé par Gustave Rose ; mais l’examen minutieux auquel j’ai soumis toutes les météorites, qu’il réunissait dans le même type, m’a prouvé qu’une seule, le fer de Krasnojarsk (ou de Pallas) mérite d’y rester. Les autres s’en séparent par des caractères fort importants et nécessitent l’établissement de types nouveaux, dont l’un sera décrit sous le nom d’Atacamaïte, tandis que les autres suivront sous ceux de Braliinite et de Rittersgranite.
La météorite deBitburg, citée par Gustave Rose n’est représentée au Muséum que par un échantillon entièrement métallique et si altéré qu’on n’en peut plus déterminer les caractères ; c’est pour cela que je l’ai reléguée parmi les holosidères mal définis que renferme notre collection.
Krasnojarsk. — L’une des plus célèbres lithosidérites est le bloc de Krasnojarsk, connu dans la science sous le nom de fer de Pallas, en l’honneur du savant illustre qui l’a découvert en 1772^; il pesait environ 700 kilogrammes. Il était revêtu d’une croûte rude, ocracée, altérée sans doute par oxydation. Le reste de la masse est un fer doux, susceptible d’être forgé à froid, mais fragile à chaud®, et dont la densité est, d’après Rumler, comprise entre 7,16 et 7,846; son caractère saillant est d’affecter une disposition spongieuse ou cellulaire et d’avoir tous ses vides remplis par les cristaux plus ou moins parfaits d’une matière pierreuse verd.âtre, transparente et très dure. La densité de ce minéral, qui possède tous les caractères du péridot hyalosidérite, est égale à3,45, suivant la détermination de Rumler.
Berzélius * a soumis ce fer à l’analyse et y a trouvé :
Fer .
Nickel .
Cobalt .
Étain . .
Cuivre .
. traces
Magnésium .
Soufre .
Carbone .
Résidu inattaquable .
1. Berliner Akad. Dericht du 7 et 14 août et 15 janvier 1865.