II. FOURS ET CHAUDIÈRES
On emploie diverses dispositions ; le mélange est tantôt directement chauffé par la flamme et les gaz chauds, tantôt il n’est chauffé qu’à travers une chaudière en fonte.
L’appareil suivant est le plus ancien : Le four a une partie à peu près sphérique et il contient un creuset ayant la forme générale d’une sphère, mais muni d’un large goulot, et à la partie diamétralement opposée, d’un tourillon. Ce creuset est en fonte ; il a toujours au moins 4 centimètres d’épaisseur et à peu près 1 mètre de dimension dans tous les sens. On le charge en général avec 75 kilog. de matière. Les gaz de la combustion entourent complètement le creuset, puis sortent sous un
récipient où l’on met des dissolutions à évaporer, pour éviter la perte de chaleur. 11 est bon de temps en temps de retourner le creuset sur lui-même, car c’est toujours la partie inférieure qui s’use le plus : au dehors par la flamme, au dedans par le sulfure de potassium. Le creuset repose d’une part sur son tourillon et de l’autre sur le bord du goulot. Cette extrémité est placée devant une porte par laquelle on charge le creuset et par laquelle on peut retirer la matière, quand elle a été chauffée suffisamment.
Fig. 79.
DansMes usines d’Allemagne, on emploie surtout des fours à réverbère dans lesquels la flamme chauffe directement la matière ; quelquefois même, la flamme chauffe d’abord la coupelle en fonte qui la contient directement, puis vient lécher ensuite la surface du mélange ; mais cette modification qui économise du combustible, présente cet inconvénient que les coupelles de fonte s’usent plus vite et que les cendres du foyer, entraînées par la flamme, donnent un produit moins pur.
La coupelle en fonte généralement employée a 2 mètres de long sur 1 de large ; son épaisseur est de 10 centimètres environ. On la charge avec 200 ou itoème 500 kilogramriies de matière. L’introduction du mélange ainsi que l’extraction se font par une porte latérale. C’est, en résumé, un four à coupelle ordinaire, avec cette particularité que le foyer est profond de façon à avoir une flamme réductrice plutôt qu oxydante. Dans le début, on s’est beaucoup préoccupé de cette question de flamme oxydante ou réductrice. On craignait que le cyanure ne se transformât en cyanate au contact de l’oxygène en excès. En réalité, ceci n’est pas à craindre; même avec une flamme oxydante la matière se trouve préservée par le continuel dégagement de gaz ammoniacaux qu’elle émet; on a vérifié du reste que, toutes conditions égales d’ailleurs, le rendement était le même avec une flamme oxydante ou réducirice.
CYANOGÈNE.
On a aussi obtenu de bons résultats en chauffant les coupelles au moyen de générateurs à gaz.
0.1 a adopté en Angleterre une disposition différente, qui permet une agitation facile et une économie dans la main-d’œuvre, mais qui présente certaines difficultés dans le déchargement de la matière. On emploie des chaudières en fonte, verticales et légèrement rétrécies à leur partie supérieure. Elles sont formées par des couvercles ayant une ouverture au centre et pouvant se séparer en deux, de façon à per-
Fig. 81.
mettre d’introduire un agitateur dans la chaudière. On dispose en général une vingtaine de ces chaudières les unes à côté des autres, et on communique un mouvement de rotation aux agitateurs au moyen de roues d’angles.