‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 145 sur 197 · III. FABRICATION · texte numérisé non relu

III. FABRICATION

Ld fabrication comporte plusieurs opérations : 1“ la préparation du mélange et sa calcination ; 2" le lessivage de la masse obtenue ; 3° l’utilisation des résidus qui accompagnent le produit principal.

1“ Calcination.

Les matières animales que l’on emploie doivent être triées le mieux possible, débarrassées de terre et de sable, desséchées le plus complètement possible et amenées dans un état de division suffisant. Ceci n’est pas toujours facile, principidement avec les savates et les chiffons. Pour la corne, lorsqu’on la traite par la vapeur d’eau surchauffée à une température voisine de sa décomposition, elle devient friable et se laisse bien pulvériser. Le charbon animal est facile à concasser.

Le plus souvent on ne fait pas à l’avance le mélange de potasse et de matières azotées. On fait fondre d’abord la potasse. Les proportions relatives de ces deux matières varient notablement d’une fabrique à l’autre. En général, pour 100 parties de potasse on met de 120 à 140 parties de matières animales; on peut mettre jusqu’à 170 parties de charbon animal. Dans certaines usines anglaises, on met jusqu’à 600 parties de matières animales; d’après Hofflmayer et Prückner, on doit mettre 530 parties de sang, ou 500 de corne, ou 200 de cuir pour 100 de potasse. D’après Gentèlé, on doit opérer à peu près à poids égaux, et en tous cas ne pas dépasser 125 de charbon animal pour 100 de potasse. Ces nombres sont assez différents, mais ils s’expliquent par les raisons suivantes : la condition imporr tante dans cette fabrication est que la température soit au rouge blanc pour que les sels de potasse soient facilement réduits et que le mélange soit bien fluide. L’introduction de la matière animale dans la potasse en fusion abaisse la température et rend la masse moins liquide, et cela d’autant plus qu’on en introduit davantage. On pourra donc introduire des quantités de matières animales d’autant plus considérables que l’on disposera de températures plus élevées. La nature de la potasse, celle des matières animales, influent aussi sur la fusibilité de la matière. Une potasse contenant du chlorure est plus facilement fusible qu’une autre en contenant moins.

Les poils et le cuir donnent en outre une matière pâteuse, les tendons une matière très fluide, les cornes et les chiffons une matière d’une fluidité intermédiaire.

La plupart du temps, on ajoute le fer au mélange avant de le chauffer ; on met 17 pour 100 environ de fer dans la potasse ou de 6 à 7 pour 100 de fer dans les matières animales.

On opère en général ainsi : On commence par chauffer fortement la coupelle avant d’y rien mettre, et quand elle est rouge, on en chasse les cendres et on y introduit la potasse ; on chauffe alors jusqu’à ce qu’elle soit fondiie. Cela fait, on introduit la matière animale par pelletées, en remuant constamment avec le ringard. Cette opération est souvent violente au début; elle dégage beaucoup de gaz. Pour

CYANOGÈNE. 373

éviter que la matière ne déborde, on ajoute aü commencement plusieurs pelletées à la fois, ce qui refroidit la masse et la rend pâteuse. Quand on a introduit ainsi environ la moitié des matières animales, il est bon de s’arrêter pendant une demiheure ou trois quarts d’heure en chauffant constamment, de façon à bien rétablir la fluidité du mélange. On ajoute ensuite le reste par petites portions, puis on chauffe un quart d’heure ou une demi-heure au plus quand tout a été mis ; on coule ensuite la matière en petits pains ; le poids des pains ainsi obtenus n’est en général que très peu supérieur au poids de la potasse employée. Il y a toujours une certaine perte par volatilisation; aussi l’on ferme le carneau de la cheminée pendant chaque chargement et la porte de charge pendant chaque ringalage. Chaque fois que l’on introduit le ringard dans le mélange, on doit le sécher en le passant à travers une llamme, parce qu’on l’a retiré couvert d’une couche de potasse qui s’est hydratée pendant son séjour à l’air, de sorte que lorsqu’on le plonge ensuite dans la potasse, il se fait une sorte d’explosion avec projection, et par suite perte d’une certaine quantité de matière. On a adopté quelquefois une disposition permettant de laisser le ringard constamment dans le four, mais alors une partie doit sortir à travers un trou ménagé dans la porte du foyer, ce qui amène un refroidissement notable des gaz de la combustion.

La durée de chaque opération est d’environ quatre heures ; on peut couler dans un grand four 1500 kilogrammes et dans un petit four de 600 à 700 kilogrammes par vingt-quatre heures.

Ce qui précède s’applique aux coupelles. La marche de l’opération est la même avec les cornues, mais on n’emploie guère alors que 75 kilogrammes de mélange ; la durée de l’opération est la même; elle exige environ une corde (S™-'-, 58)de bois de sapin pour 24 coulées.

L’intérieur des fours où se font ces opérations est vite attaqué par la potasse qui se volatilise.

Les cornues ou les coupelles en fonte s’usent très rapidement, surtout quand on ne met pas de fer dans le mélange; dans ce cas et dans les meilleures conditions, on n’a pu aller au delà de 100 coulées.

D’après Fleck, voici des nombres qui montrent l’usure des coupelles :

Page 1