PERTE DE POIDS
On alla une fois jusqu’à faire 700 coulées dans une coupelle de fonte qui pesait au début 1500 kilogrammes. Quand elle fut hors de service, elle ne pesait plus que 250 kilogrammes; elle avait perdu environ l'‘,7 par coulée.
Brunnquell a modifié cette fiiçon d’opérer afin d’obtenir un plus long contact avec la potasse des vapeurs ammoniacales qui se dégagent. Pour cela, il disposait l’une au-dessus de l’autre deux cornues. La cornue inférieure était remplie du mélange
ordinaire, la cornue supérieure l’était avec un mélange de charbon animal et de potasse. Cette dernière cornue étant portée au rouge, on chauffait la première, elles vapeurs ammoniacales qui s'en dégageaient passaient dans la seconde et y formaient du cyanure de potassium. Brunnquell s’est aussi servi d’une autre disposition, plus commode, dans laquelle un cylindre de fonte soutenu verticalement par des chaînes dans un four à cuve, pouvait être plus ou moins descendu à travers la grille, de façon à n’êtrc chauffé que dans sa partie supérieure ou bien à l’être complètement. On le chargait en l’emplissant d’abord avec le mélange ordinaire, puis on jetait dessus un mélange de charbon animal et de potasse. Cette partie étant d’abord portée seule au rouge blanc, on élevait le cylindre, qui se trouvait alors chauffé dans toute sa hauteur. Le mélange situé à la partie inférieure dégageait alors de l’ammoniaque qui réagissait sur la partie supérieure. C’est en somme la même disposition que la précédente. Ce procédé, malgré certains avantages, se prête peu à uno application industrielle.
2" Lessivage, cristallisation, raffinage.
La masse provenant de l’opération précédente est dure, poreuse, d’un vert noirâtre; à l’air humide elle émet des vapeurs d’ammoniaque et d’acide prussique; elle contient surtout du carbonate de potasse, du cyanure et du sulfocyanate de potasse. Voici, à titre de renseignement, l’analyse de la masse obtenue avec 100 parties de potasse, 10 parties de fer et 100 de matières animales (40 de chiffons, 30 de tendons, 30 de cuir).
Cyanure de potassium. 8,20
Sulfocyanate de potasse. 3,53
Cyanate de potasse. 2,46
Carbonates de potasse et de soude. 57,56
Sulfate de potasse. 2,82
Silice. 5,10
Résidu insoluble. 18,11
Cette masse, une fois refroidie, est reprise par l’eau chaude, et le cyanure de potassium se transforme, en présence du fer, en prussiate jaune qui se dissout ainsi que le sulfocyanate, le cyanate, les carbonates et le sulfate de potasse. La transformation du cyanure en ferrocyanure, rapide au début, ne tarde pas à se ralentir et il est nécessaire de maintenir les deux corps quelque temps en contact pour que la réaction s’achève. Pour faire le lessivage, on réduit les pains en morceaux de la grosseur du pomg et on les fait dissoudre dans de l’eau provenant du lavage des résidus qui ne se sont pas dissous dans les opérations précédentes. La dissolution se fait dans des chaudières de tôle ou de fonte et vers 60“ ou 80", quelquefois à 100“; mais il est préférable de ne pas atteindre celle température. Lorsque tous les gros morceaux sont dissous et que l’aréomètre marque de 20 à 24" Baumé, on laisse reposer la solution, puis on la décante et on épuise le résidu à deux reprises avec de l’eau qui sert ensuite à dissoudre une nouvelle quantité de pains.
CYANOGÈNE.
La première dissolution ainsi obtenue se nomme lessive de sang, parce qu'autrefois le sang était la matière organique employée dans la fabrication du cyanure. Cette liqueur est vert foncé ; elle contient une combinaison de sulfure de fer et de sulfure de potassium. On la concentre au moyen de la chaleur perdue des fours à calcination, et pendant ce temps il se dégage constamment de l’ammoniaque. Lorsque la liqueur marque 32" à l’aréomètre Baumé, on la transvase dans des cristallisoirs formés de grandes cuves en bois d’où le prussiate se dépose par refroidissement, presque en totalité ; c’est le prussiate brut. L’eau mère est de nouveau concentrée à 40" B. et, par refroidissement, elle laisse déposer une nouvelle quantité de cyanure jaune : on l’appelle sel gras. La liqueur ne contient plus alors qu’une quantité tout à fait insignifiante de ferrocyanure. Déjà l’eau mère des cristaux déposés à 32" B. ne contenait plus que 6^^ de ferrocyanure par litre. Le cyanure jaune est, en effet, très peu soluble en présence des solutions de carbonate de potasse.
Gentèle a évité ces deux cristallisations successives en concentrant de suite la liqueur davantage. A partir de 35"B., même à chaud, il se dépose des cristaux de cyanure que l’on enlève de temps en temps ; la concentration est poussée jusqu’à 50" B. Le reste du prussiate se dépose alors par refroidissement. Ce sel est un peu moins pur que le sel brut; il contient surtout plus de sulfate de potasse.
■ Le sel gras obtenu dans la deuxième cristallisation doit être de nouveau soumis à la cristallisation. On le dissout pour cela dans de l’eau et on concentre la dissolution jusqu’à ce qu’elle marque 30" B. On obtient par refroidissement un sel analogue au sel brut et que l’on traite en même temps que lui, dans les raffinages suivants. L’eau mère, provenant de la cristallisation du sel gras, est concentrée de nouveau, jusqu’à 40" B. ; elle abandonne, par refroidissement, des aiguilles nacrées qui constituent un sel double de chlorure et de cyanure de potassium. On utilise ces cristaux dans les fabriques d’alun.
Pour purifier le sel brut, qu’il provienne de la première cristallisation, de la lessive de sang ou d’un premier raffinage du sel gras, on dissout ce sel à chaud, de façon que la liqueur marque 32" B. 11 est necessaire de se débarrasser d’un résidu bleu noirâtre, insoluble, soit par le repos et la décantation, soit par le filtrage. La liqueur clarifiée est ensuite abandonnée dans des cuves entourées de corps mauvais conducteurs, de façon que le refroidissement soit très lent, afin d’avoir de gros cristaux. La transparence, la grosseur et la forme régulière des cristaux sont en effet plus recherchés dans le commerce que leur pureté. On retire l’eau mère après huit jours environ ; les cristaux n’étant pas encore assez gros, on introduit de nouveau de la dissolution chaude à 32" B, qu’on laisse refroidir ; on fait cela jusqu’à ce que les cristaux ainsi nourris dans chaque opération aient atteint une dimension de 10 à 12 centimètres. On les retire alors et on les lave à l’eau pure.
Lorsque les lessives ont servi huit à dix fois à dissoudre et à nourrir des cristaux, on ne les emploie plus que pour dissoudre le sel gras et l’amener à l’état de sel brut. On a l’habitude de faire cristalliser le prussiate jaune en plongeant dans les cuves des fils auxquels on a attaché un cristal, de façon à ce que les cristaux qui se forment s’attachent à la ficelle. On les retire quand les grappes ainsi obtenues pèsent une dizaine de kilogrammes.
Quelquefois, on lave les cristaux avec une solution alcaline de cuir tanné, afin de
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les foncer en couleur, certains commerçants préférant les cristaux qui présentent cette coloration.
5° Résidus.
Les résidus sont le noir, la potasse bleue et le sel double de chlorure et de cyanure de potassium qui se dépose des eaux mères les plus impures.
Noir. — C’est ainsi que l’on désigne, comme nous l’avons dit, le résidu insoluble que l’on obtient en dissolvant dans l’eau le salin employé.
La proportion de noir que l’on obtient par rapport au salin est éminemment variable avec les matières premières employées ; elle varie de 14 à 35 pour 100. La composition de ce noir est elle-même très variable ; on estime que le noir provient en majeure partie des résidus apportés par les corps étrangers, les matières animales ne donnant qu’un résidu au plus égal au tiers du résidu total et le plus souvent beaucoup moindre, Nous allons donner ici quelques tableaux dressés par divers fabricants et qui peuvent donner une idée de la proportion et de la composition du noir.
Rapport du noir an salin (Hoffmann).
On peut remarquer qu’en ne tenant pas compte des expériences où l’on a mis dii fer, ce qui augmenté notablement le résidu, la proportion de noir obtenu avec la potasse pure est environ les deux tiers de celle que l’on obtient avec la potasse bleue.
CYANOGÈNE.
Composition du noir (Holfmann).