‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 154 sur 197 · I. Sulfocarbamate d'ammoniaque · texte numérisé non relu

I. Sulfocarbamate d'ammoniaque

Nous allons d’abord décrire l’appareil dans lequel on traite l’ammoniaque par le sulfure de carbone.

Une pompe aspirante et foulante, en fer, permet de diriger dans les autoclaves, où doit s’accomplir la réaction, du sulfure de carbone, de l’ammoniaque et certains liquides ammoniacaux recueillis dans la fabrication même et dont nous reparlerons plus loin. Les autoclaves sont en fer forgé et capables de résister à une forte pression ; ils sont entourés d’une enveloppe où l’on peut faire circuler de la vapeur d’eau ; c’est ainsi qu’on les chauffe. La partie supérieure de chaque autoclave porte trois robinets, un manomètre, un tube fermé plein d’huile dans lequel on place un thermomètre, et une ouverture dans laquelle tourne un agitateur à palette. Des trois robinets, l’un sert à l’introduction du liquide, un autre à leur expulsion, le troisième sert à livrer passage aux gaz accumulés dans les autoclaves.

Les divers robinets sei-vant à l’introduction des liquides commiiniquent entre eux et avec la pompe foulante.

De même, les robinets servant à l’extraction des matières communiquent entre eux et avec un alambic dont nous allons nous occuper maintenant et où s’opère la transformation du sulfocarbonate en sulfocyanate.

IL Sulfocyanate d’ammoniaque.

L’alambic est chauffé au moyen d’un serpentin placé dans son intérieur et qui est traversé par de la vapeur d’eau ; il reçoit le tube qui amène les produits venant des autoclaves; il'porte en outre deux autres tubes, l’un partant de son extrémité supérieure et l’autre descendant presque au fond. Le tube supéideur par lequel les gaz s’échappent pénètre d’une certaine quantité dans un vase cylindrique, destiné à empêcher l’entraînement des gouttes de solution à l’état vésiculaire ; les gouttes condensées dans cet appareil retombent dans l’alambic par le troisième tube dont nous avons parlé. Ce vase cylindrique, appelé déverseur, communique par sa partie supérieure avec des appareils à condensation, pleins de coke ; ces appareils se composent d’un cylindre plein de coke placé sur une haute colonne où les gaz se refroidissent. Ils communiquent avec un grand récipient où se condensent les liquides ; une petite pompe y puise du liquide qu’elle verse sur le coke en haut de la colonne pour faciliter la condensation. Un autre appareil, exactement semblable, composé de sa colonne de coke, de l’échangeur et du grand récipient, communique avec le pi-emier par une extrémité et par l’autre avec une cloche à gaz, destinée à régulariser la distillation.

Tous ces appareils doivent être en fer ou en fonte, sauf le serpentin de l’alambic, qui doit être en étain ou mieux en aluminium ; ce dernier métal a donné de très bons résultats.

Voici maintenant comment l’on opère : Les autoclaves étant chargés d’ammoniaque et de sulfure de carbone au moyen de la pompe, on envoie de la vapeur d’eau dans l’enveloppe de façon à les écliauffer ; on fait en même temps tourner l’agitateur. Quand la pression indiquée par le manomètre est de 15 atmosphères, on arrête la vapeur d’eau ; la réaction est terminée ; si l’on ouvre alors les robinets d extraction, les gaz fortement comprimés chassent le liquide dans l’alambic.

Arrivé là, il est chauffé à 105 ou 110“. Le sulfocarbamate d’ammoniaque, formé dans les autoclaves, se détruit alors, en dégageant de l’acide sulfhydrique et des vapeurs de sulfure de carbone, provenant de la portion de ce corps qui n’a pas réagi ;

pouvait empêcher une perte de d/5 dans le sulfure de carbone employé. Plus récemment (brevet, ol mai 1881), on a pu réduire à 1/20 cette quantité, en faisant passer les gaz à travers une couche d’huile lourde de pétrole qui absorbe la presque totalité du sulfure de carbone en laissant passer l’acide sulfhydrique.

La solution de sulfocyanate d’ammoniaque est quelquefois mise à cristalliser dans des cuves en bois doublées d’étain, lorsqu’on veut obtenir ce sel que les arts emploient en assez grande quantité ; mais dans l’industrie qui nous occupe, on le transforme en sulfocyanate de chaux.

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