‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 183 sur 197 · Schneider, J. jirakt. Chem., t. CIV, p · texte numérisé non relu

Schneider, J. jirakt. Chem., t. CIV, p

re d’argent se dissout da

une solution concentrée d’azotate d’argent et donne par refroidissement de petites aiguilles anhydres qui ont pour composition AgO,AzO®-|-2AgCy. Elles détonent quand on les chauffe. L’eau les décompose.

Acide argentocyanliydrîque*, HCyAgCy? — On l’ohtient en précipitant le cyanure double de baryum et d’argent par l’acide sulfurique en proportion équivalente à celle du baryum ; on évapore la solution. Elle a l’odeur de l’acide cyanhydrique; elle est cependant assez stable.

Cyanure double d’argent et de potassium-. — Ce composé a été découvert par Ittner. 11 s’obtient en dissolvant dans une solution de cyanure de potassium du cyanure, del’iodure ou du chlorure d'argent, ou même de l’argent métallique. On l’obtient encore par l’action du cyanure de potassium sur le cyanate, le ferrocyanure ou le feri'ieyanure d’argent.

Ce corps cristallise en octaèdres réguliers, dont les faces sont souvent déprimées vers le centre. 11 est incolore, inodore, d’un goût métallique. Suivant Glassford et Napier, le corps donne par évaporation lente de petits rhomboèdres contenant un équivalent d’eau. Dans une évaporation rapide, il se forme au contraire des tables hexagonales anhydres. (D’après Baup, ce prétendu hydrate est un cyanure triple anhydre, d’argent, de potassium et de sodium ; nous eu parlons un peu plus loin.) Desséché à 105“, il a pour formule KCy,AgCy. Il est fréquemment employé dans l’argenture galvanique; mais on lui ajoute pour cet usage du cyanure de potassium en excès. Il se dissout dans 8 parties d’eau froide (4 parties d’eau à 20“, d’après Baup), dans 1 d’eau bouillante et dans 25 parties d’alcool à 25“ à la tempérrture de 20“. Il est inaltérable à la lumière.

Données thermiques :

AgCy -f KCy diss. = AgCyKCy diss.' -f 5^6 chaleur de dissolution de :

AgCy,KCy — 8«,55.

Cyanure double d'argent et de sodium-. — Ce sont de petites lamelles anhydres qu’on obtient en dissolvant le cyanure d’argent dans le cyanure de sodium et évaporant la liqueur. Il se dissout à 20“ dans 5 parties d’eau et 24 parties d’alcool à 85 pour 100.

Cyanure d’argent, de potassium et de sodium. — Ce composé a pOUr formule 3(KCy,AgCy) -f-NaCy,AgCy. (tn l’obtient avec le cyanure d’argent et le cyanure de potassium du commerce qui contient toujours du sodium ; il a été longtemps confondu avec le cyanure double d’argent et de potassium. 11 se dissout dans 4,4 part, d’eau à 15» et dans 22 part, d’alcool à 17“ (Baup)“.

CYANOGÈNE.

Cyanure double d'argent et de baryum. — Ce composé a pour formule BaCy,.4gCy -hHO ; on le prépare au moyen d'un mélange de carbonate d’argent et de baryte qu’on traite par de l’acide cyanhydrique. Il perd son eau à dOO®.

Cyanure double d'argent et de thallium. — Ce sont des cristaux blailCS solubles dans l’eau. La solution peut être évaporée au bain-marie sans décomposition.

Cyanures doubles. —Le cyanure double d’argent et de potassium préeipite un certain nombre de solutions métalliques en donnant des cyanures doubles d’argent et d’un autre métal. Les sels de zinc, de cadmium, de plomb, de manganèse et de mercure sont précipités en blanc ; les sels ferreux sont précipités en vert, les sels de cobalt en rose pâle, ceux de nickel, de cuivre et de mercure en blanc.

CYANURES D’OR.

L’or et le cyanogène se combinent suivant deux proportions différentes, en donnant le protocyanure AuCy et le tricyanure AuCy’.

Cyanures aureux. — G’est une poudre cristalline, jaune citron, que l’on obtient en décomposant le cyanure double d’or et de potassium par l’acide chlorhydrique ou l’acide azotique; le mélange des deux liqueurs, qui est limpide à la température ordinaire, se trouble et laisse déposer le cyanure aureux, quand on élève la température à 50”. Il est même bon d’évaporer la liqueur à siccité, puis de reprendre par l’eau et de laver le cyanure aureux pour éliminer le chlorure de potassium. On peut aussi précipiter le chlorure d’or par le cyanure de potassium ; suivant la proportion de ce dernier corps, on obtient un précipité dont la couleur varie du jaune citron à l’orangé. On peut aussi évaporer à sec un mélange de cyanure de mercure et de chlorure d’or ; en reprenant par l’eau, on dissout le chlorure de mercure et il reste le cyanure aureux. Ce procédé laisse à désirer, parce que l’on n’obtient que la moitié du cyanure d’or théorique, à cause d'une combinaison qui se forme entre le cyanure de mercure et le cyanure d’or, combinaison qui est soluble. Quand on traite l’acide aurique par de l’acide cyanhydrique et qu’on évapore à siccité, on obtient du cyanure aureux.

Il est inodore, insipide, inaltérable à l’air, même au soleil quand il est sec ; quand il est humide, il prend une teinte verdâtre. La chaleur le décompose en or et cyanogène, d’après Figuier et Himly. Suivant Proust, il se décompose en dégageant de l’eau, de l’oxyde de carbone, une huile empyreumatique, et laissant un mélange de charbon et d’or métallique. Chauffé à l’air, il hrûle en laissant de l’or métallique. La plupart des acides ne le décomposent pas, même à la tempéra-

ture de l’ébullition ; ils le dissolvent même, sans altération, quand il est récemment précipité. L’acide sulfurique et l’eau régale le décomposent lentement à l’ébullition; l’hydrogène sulfuré ne le décompose pas. Il est soluble dans l’ammoniaque et dans le sulfhydrate d’ammoniaque ; les acides précipitent du sulfure d’or de cette dissolution La solution de ce corps dans l’ammoniaque, à chaud, laisse déposer, par refroidissement, des lamelles grises qui perdent facilement de l’ammoniaque. Une solution bouillante de potasse le décompose en or métallique et cyanure double d’or et de potassium.

Le cyanure d’or se dissout dans l’hyposulfîte de soude et dans les cyanures alcalins.

Trîeyaniire d’or. AuCy^. — Quand on traite du cyanure double de potassium et d’or KCyÂuCy® par un acide, comme le faisait Himly, qui a découvert ce corps, et que l’on évapore, on obtient de petits cristaux incolores. Himly n’a dosé que l’or dans ce composé et il lui donne la formule AuCy^,6H0. D’après Gmelin,ce serait probablement le corps AuCy^,HCy,3HÜ que l'on obtiendrait dans cette réaction. En effet, quand on chauffe les cristaux que l’on a obtenus, on remarque d'abord un dégagement d’acide cyanhydrique, puis de cyanogène. On prépare encore ce composé en traitant l’auricyauure de potassium par un excès d'azotate d’argent; il se forme un précipité qui a pour formule AgCyAuCy^. On le lave, on le met en suspension dans de l’eau que l’on acidulé avec une quantité d’acide chlorhydrique insuffisante pour tout décomposer; la liqueur filtrée est mise à évaporer dans le vide, en présence d’acide sulfurique et de chaux. Quand on chauffe ce corps très doucement, même en présence de l’eau, il se transforme en protocyanure qu’une température plus élevée décompose complètement.

Ce corps fond à 50“. Il n’est pas réduit par l’acide oxalique. L’azotate de mercure le transforme en protocyanure d’or et il se forme simultanément du cyanure de mercure. Il se dissout dans l’eau avec une grande facilité et il est aussi très soluble dans l’alcool et l’éther.

Cyanure auro-aininoniacai — Ce composé, qui a pour formule AzH‘Cy,AuCy, s’obtient en mélangeant des solutions saturées d’aurocyanure de potassium et de sulfate d’ammoniaque. Il se forme du sulfate de potasse que l’on précipite, ainsi que l’excès de sulfate d’ammoniaque, par de l’alcool absolu. La liqueur filtrée est alors abandonnée à l’évaporation. Ce sont de petits cristaux incolores ; ils sont anhydres. Entre 200 et 250“, ils dégagent du cyanhydrate d’ammoniaque et il reste du cyanure d’or.

Cyanure anrico-ammoniacai. — Sa formule est AzH*Cy,AuCy'’,2H0 ; OU l’obtient en dissolvant jusqu’à refus de l’oxyde aurique dans du cyanhydrate d'ammoniaque. La solution filtrée est évaporée au bain -marie, puis le résidu est repris par l’eau et mis à cristalliser. On observe, dans cette préparation, des croûtes jaunes qui se forment à la surface. Elles font explosion quand on les chauffe ; elles contiendraient de l’acide cyanhydrique, suivant Berzélius. Le cyanure aurieoammoniacal cristallise en tables à quatre et à six pans ; il perd son eau à 100“ ; ü est très soluble dans l’eau et l’alcool, et insoluble dans l’éther.

CYANOGÈNE.

Cyaiinre aiiropotassique '. — Le procédé le plus commode pour obtenir ce composé consiste à dissoudre le cyanure aureux dans le cyanure de potassium. On peut, suivant Bagration, dissoudre l’or précipité directement dans le cyanure de potassium, surtout en chauffant un peu. On obtient aussi ce composé en dissolvant l’oxyde d’or dans du cyanure de potassium. L’or fulminant se dissout très rapidement dans le cyanure de potassium tiède en donnant du cyanure auropotassique : on dissout 7 parties d’or dans de l’eau régale et on précipite la liqueur par de l'ammoniaque ; on lave bien le précipité et on le dissout dans 6 parties de cyanure de potassium; on peut recueillir ensuite le cyanure double par évaporation, mais on n’en obtient que peu de pur, parce qu’il cristallise en présence d’un grand excès de potasse. 11 est préférable de le traiter par de l’acide chlorhydrique qui précipite le cyanure d’or que l’on purifie par lavage et que l’on dissout ensuite dans du cyanure de potassium.

Le cyanure auropotassique cristallise en lamelles incolores qui sont des prismes orthorhombiques combinés avec les faces de l’octaèdre. Elles sont inaltérables à l’air.

La chaleur décompose ce corps en cyanogène, or et cyanure de potassium. L’iode le décompose en donnant du cyanure d’or, de l’iodure de potassium et il se dégage du cyanogène. Les acides le décomposent lentement, en dégageant de l’acide cyanhydrique et déposant du cyanure d'or. Le chlorure mercurique le décompose de même; il se forme du chlorocyanure de mercure et de potassium KCljHgCy et il se précipite du cyanure d’or. Ce composé se dissout dans 4 parties d’eau froide et dans 0,8 part, d’eau bouillante; il est très peu soluble dans l’alcool.

Cyanure auropotassique chloré, KCy,AuCy,Cl^,2HO —On obtient ce composé en traitant par le chlore l’un des deux composés suivants. 11 est très soluble et cristallise en aiguilles incolores. Elles perdent leur eau dans le vide et se décomposent à 160".

Cyanure auropotassique bromé, KCy,AuCy,Br®,6HO. — On l’obtient en traitant le cyanure auropotassique par le brome. Par évaporation en présence de l’acide sulfurique, il donne de petites aiguilles jaunâtres. Il se décompose vers 150".

Cyanure auropotassique ioiié, KCy,AuCy,P" 2HO.— On l’obtient aussi par l’union directe de l’iode et du cyanure auropotassique. Ce sont de petites aiguilles d’un brun foncé, assez solubles, et se décomposant vers 90".

Cyanure aiiricopotassique. — Il a pour formule KCy,AuCy’’. On obtient ce composé en introduisant 7 parties d’or dans une solution parfaitement neutre de chlorure d’or et versant peu à peu cette dissolution dans une solution concentrée de 8 parties de cyanure de potassium. Il se dépose par refroidissement des cristaux incolores que l’on purifie en les faisant cristalliser de nouveau. Il est très important de se servir d’une solution neutre de chlonire d’or ; car, sans cela, c’est le cyanure auropotassique que l’on obtient.

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