‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 33 sur 197 · RÉACTIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

RÉACTIONS DIVERSES

Action de Vacide cyanhydrique. — M. Bottinger {Deutsch. chem. Ges., X, 1122) a constaté que l’oxyde de carbone est absorbé à froid par l’acide cyanhydrique anhydre; si l’on ajoute à la dissolution de l’acide chlorhydrique, les deux liquides ne se mélangent pas : en laissant la température s’élever on voit se dégager l’oxyde de carbone; puis, les deux couches se mélangeant, il se produit une vive effervescence. 11 ne se forme pas d’acide glyoxylique, comme on aurait pu l’espérer, d’après la réaction C^AzH-|-C-0^ -|- 21PO®=CMPO® -p AzlP.

L’acide cyanhydrique et l’oxyde de carbone ne seebmbinent pas dans l’état gazeux, même à la lumière. (Carstanjen et Schertel* J. f. prakt. Chem. (2), t. IV, p. 49.)

Action du protüchlorure de cuivre. — M. F. Leblanc a observé que l’oxyde de carbone est facilement absorbé par le protochlorure de cuivre dissous, soit dans

OXYDE DE CARBONE

l’acide chlorhydrique, soit dans l’ammoniaque : c’est principalement de la solution chlorhydrique qu’on fait usage pour absorber le gaz oxyde de carbone. D’autres sels cuivreux, notamment le sulfite ammoniacal, jouissent de la même propriété. Le gaz combiné au protochlorure de cuivre se dégage sous l’influence de la chaleur ou du vide. [Comptes rendus, t. XXX, 483.)

On prépare facilement les solutions chlorhydriques de protochlorure de cuivre en dissolvant dans l’acide chlorhydrique cliaud de l’oxyde de cuivre ou du cuivre métallique (si l’on emploie le cuivre métallique il est bon, pour activer la dissolution, d’ajouter un peu d’acide nitrique), et en versant le liquide dans des flacons contenant de la tournure de cuivre, qui réduit le bichlorure formé au contact de l’air : la solution finit par devenir incolore.

En poussant l’absorption aussi loin que possible, on peut obtenir une combinaison cristallisée de protochlorure de cuivre et d’oxyde de carbone. Pour préparer ce composé, M. Berthelot sature de ce gaz une solution concentrée de protochlorurc dans l’acide chlorhydrique, en agitant continuellement. 11 se dépose bientôt une abondante cristallisation en feuillets nacrés : ce produit rapidement isolé et séché, répond à la formu le

4Gu^CP,5C0,41?02 ;

toutefois, comme il perd très rapidement à l’air son oxyde de carbone, l’analyse de ce corps est assez délicate, et il se pourrait qu’il fût représenté pa'- la formule plus simple

Cu^Cl,GO,fPO’-.

Cette subtance est décomposé par l’eau, avec précipitation de protochlorure de cuivre. (Berthelot, Ann. de chim. et dephys. (3), t. XLVl, p. 488.)

M. H. Hammerl [Comptes rendus, LXXXIX, p. 97) a déterminé la chaleur dégagée par la dissolution de l’oxyde de carbone dans le protochlorure de cuivre dissous dans l’acide chlorhydrique. Une solution contenant, en équivalents, 1,00 Cu^Cl; 3,59 HCl ; 526 HO, absorbe environ vingt fois son volume de gaz, soit 2 pour 100 en poids : au delà de cette limite, l’absorption continue, mais en produisant la combinaison cristallisée : la dissolution dégage 11‘^'*',37 pourG®0^= 28 k‘'; c’est une quantité de chaleur beaucoup plus grande que la chaleur de dissolution dans l’eau de gaz tels que l’acide carbonique. En faisant absorber à une solution presque saturée une nouvelle dose d’oxyde de carbone, de manière à déterminer la précipitation du composé solide Cu^Cl,CO,2HO, on peut évaluer la chaleur dégagée par la séparation de ce corps, du sein du dissolvant, à l’état cristallisé : ce chilfre est égal à + 3‘^®',45.

L’oxyde de carbone dissous dans le protochlorure de cuivre ammoniacal réagit sur l’acétylène, sur l’aniline, sur la toluidine, etc., en donnant diverses combinaisons. (Garnitsch-Garnitzky, Deuts. chem. Gesells. 1876, p. 1606.)

Combinaisons avec le chlorure de platine. — L’oxyde de carbone réagit sur le protochlorure de platine en formant nne série de combinaisons étudiées par M. Schutzembcrger [Comptes rendus, LXX, p. 1134). Ces corps s’obtiennent en faisant passer sur du platine en éponge chauffé vers 250" un mélange de chlore et d’oxyde de carbone ; on fait agir d’abord du chlore seul pour convertir le platine

•102 ENXYCLOPÉDIE CHIMIQL'E.

en protochloi’ure, puis de l’oxyde de carl)one ; le platine se transporte, à la partie froide du tube sous la forme d’un composé cristallisé jaune et volatil qui constitue un mélange de deux substances définies. L’une, jaune, fusible à IJiO", a pour formule 2PtCl,3CO. La seconde, presque incolore et sublimable en aiguilles blancbes, a pour formule PtCl,2G0 ; chauffé à 210“, le composé PtGl,2GO perd de l’oxyde de carbone, et se change en 2PtGl,3GO. Réciproquement, celui-ci peut être obtenu en saturant l’autre d’oxyde de carbone à 153“. Tous deux se décomposent à 250“ avec perte d’oxyde de carbone et formation d’un nouveau corps, fusible à 194“, sublimable en aiguilles jaune d’or et représenté par la formule PtGl,G0. Ce dernier, le plus stable des trois, est également susceptible de reprendre de l’oxyde de carbone en régénérant l’un ou l’autre des composés précédents. En résumé, le chlorure de platine forme avec l’oxyde de carbone les trois combinaisons suivantes :

PtCl,CO; PtCl,2CO; 2PtGl,3CO ou(PtCl,GO.PtCl,2CO).

Ges corps sont décomposés par l’eau avec mise en liberté de platine, d’acide chlorhydrique et d’acide carbonique, ou d’un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone. L’alcool les décompose aussi, probablement avec formation d’éther chloroxycarbonique.

Page 1