‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 46 sur 197 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Iode dissous dans le sulfure de

Le papier pliotographique ne

noircit pas.

Le chlorure d’argent se colore lentement.

Le papier photographique noircit rarement.

Le papier photographique noircit rarement.

Le papier photographique et le chlorure d’argent ne noircis-

Le papier photographique ne noircit pas.

Le papier photographique noircit rapidement.

D’après W. Pfeffer, la décomposition avec les diverses lumières est proportionnelle à l’intensité lumineuse des radiations dans le spectre solaire ; en sorte que, le jaune décomposant une quantité d’acide carbonique représentée par 100, on a pour les autres couleurs :

CO® décomposé.

Rouge.

Orangé.

Jaune.

Vert. .

Bleu. .

Indigo.

Violet.

M. Draper arrive aux mêmes conclusions.

M. P. Dchérain a aussi trouvé, dans des expériences faites avec le Potamogeton crispus submergé, que, à intensité égale, les rayons rouges et jaunes agissent plus énergiquement que les rayons violets (quantités de gaz dégagées : 26'“ à la lumière jaune, 5.8 à la lumière violette).

M. E. Prillieux {Comptes rendus, t. LXIX p. 408) a observé comparativement la décomposition de l’acide carbonique dissous dans Peau, par ÏElodea canadensis, sous l’influence de la lumière solaire, delà lumière électrique, de la lumière Drummond, et du gaz de l’éclairage. Voici les rapports des nombres de bulles d’oxygène dégagées avec les lumières solaire et électrique, dans diverses expériences.

Bulles par miautes.

Lumière solaire. 22.6 28.7 20.6 21.0

Lumière électrique. H.8 6.6 11.8 8.9

La lumière Drummond a également une action manifeste : il en est de même pour la lumière du gaz, mais le dégagement est beaucoup plus lent.

D’après Bœhm [Bull, de la Société Chim., t. XX, 516), l’acide carbonique n’est pas directement absorbé par les cellules chlorophylliennes, les parties vertes s’entourent d’abord d’une enveloppe d’acide carbonique, et commencent ensuite à dégager l’oxygène : cette manière de voir est confirmée par ce fait que la production d’oxygène est faible si l’on élimine peu à peu l’acide carbonique à mesure qu’il se condense sur les feuilles [jvglans) submergées dans la solution, ou si l’on détermine une augmentation dans sa solubilité, soit par un accroissement de pression, soit par un abaissement de température.

6. Actions physiologiques. — Le gaz carbonique est irrespirable. Son action délétère est beaucoup moins marquée que celle dé l’oxyde de carbone.

D’après les observations de M. F. Leblanc, les animaux ne tardent pas à périr dans une atmosphère renfermant 20 pour 100 de ce gaz : avec 10 pour 100, un chien manifeste une excitation très vive, et le malaise est déjà sensible à 5 pour 100.

Dans l’asphyxie par l’acide carbonique, le sang, en passant dans les poumons, cesse de pouvoir perdre l’acide carbonique qu’il contient : le plus souvent l’asphyxie n’a pas lieu par défaut d’oxygène, mais à cause de la présence de l’acide carbonique : on peut s’en assurer en composant des atmosphères artificielles, renfermant autant et même plus d'oxygène que l’air, et dans lesquelles on remplace la totalité ou une partie de l’azote par de l’acide carbonique. Les effets toxiques seront d’ailleurs naturellement différents, pour une même quantité de gaz carbonique, selon que celui-ci est simplement ajouté à l’air, ou selon qu’il s’est produit aux dépens d’une partie de l’oxygène de cet air (Leblanc).

L’acide carbonique peut être absorbé par la peau : ainsi, des oiseaux présentent des phénomènes d'excitation, puis d’insensibilité et de paralysie lorsque, la tête respirant librement à l’air, on entoure leur corps d’une atmosphère d’acide carbonique.

Des accidents graves peuvent être causés par l'accumulation du gaz carbonique dans certains espaces, par exemple dans les caves, près des cuves de fermentationj près des fours à chauxj dans certaines cavités naturelles, telles que dans la cé-

lèbre grotte du Chien, près de Naples, et dans celle de Royat : celle-ci contient à sa partie inférieure, d’après M. E. Finot {Annales de chimie et de physique {b), t. IX, p. 155), les proportions de gaz suivantes :

Acide carbonique. 25.38

Oxygène .. 18.46

Azote. 56.16

Il est toujours facile de reconnaître si une atmosphère confinée renferme assez d’acide carbonique pour devenir dangereuse : on s’en assure en vérifiant si une bougie continue à brûler dans un tel espace ; la combustion cesse en effet pour des doses d’acide carbonique moindres que celles qui produisent des effets mortels. Pour assainir l’air, on peut répandre de l’ammoniaque, qui absorbera rapidement l’acide carbonique, ou renouveler l’atmosphère, soit à l’aide d’un ventilateur, soit à l’aide d’un foyer dont on entretient la combuistion en puisant l’air par un tuyau plongeant dans l’atmosphère suspecte.

Lorsque du charbon brûle dans l’oxygène, le volume de gaz carbonique produit est sensiblement égal à celui de l’oxygène disparu. L’expérience peut se faire de diverses façons, par exemple en renversant sur le mercure un ballon plem d’oxygène, dans lequel on fait passer au bout d’un fil de platine un fragment de charbon qu’on allume à l’aide d’une lentille : ou bien en laissant pénétrèr de l’oxygène pur dans un flacon où l’on a préalablement fait le vide, et où l’on a placé un fragment de charbon dont on détermine l’inflammation par un fil de platine rougi sous l’influence d’un courant électrique. On constate que le volume ne change pas : du moins il en serait rigoureusement ainsi si le gaz obéissait exactement à la loi de Mariotte. Donc le gaz carbonique renferme son propre volume d’oxygène : ceci nous permet de déterminer sa composition. En effet, si du poids d’un volume de gaz carbonique, c’est-à-dire de sa densité 1,5290, l’on retranche le poids, c’est-à-dire la densité, d’un même volume d’oxygène, soit 1,1056, on trouve pour différence 0,4234, ce qui représente le poids du carbone contenu dans un volume d’acide carbonique. Il est facile de tirer de là la composition centésimale de ce gaz :

d’où

Par suite, 100 parties d’acide carbonique contiennent :

Carbone.

Oxygène

Les expériences de MM. Dumas et Stas sur la combustion du charbon dans l’oxygène (voir page 69) conduisent à des résultats très voisins.

Par quelle formule faut-il maintenant représenter l’acide carbonique? Nous savons que ce gaz renferme son propre volume d’oxygène, mais l’expérience ne nous apprend pas la densité de la vapeur de carbone : on peut faire les deux hypothèses suivantes : 2 volumes d’oxygène se combinent avec 2 volumes de vapeur de carbone, en donnant 2 volumes d’acide carbonique; ou bien 2 volumes d’oxygène se combinent avec un volume de vapeur de carbone en donnant 2 volumes d’acide carbonique.

Mais on peut observer, avec Gay-Lussae, que, lorsque deux gaz se combinent à volumes égaux, il n’y a pas généralement de contraction : la première hypothèse paraît donc peu vraisemblable : tandis qu’en général il y a contraction d’un tiers lorsque deux gaz se combinent dans le rapport de 1 volume à 2 volumes. Tel est donc probablement le cas de l’acide carbonique, et c’est pourquoi l’on représente la constitution de ce gaz par la formule CO^ correspondant à 2 volumes.

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