‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 49 sur 197 · PRÉPARATION ET MODES DE PRODUCTION · texte numérisé non relu

PRÉPARATION ET MODES DE PRODUCTION

La préparation du sulfure de carbone repose sur la réaction directe du soufre sur le charbon.

Si l’on chauffe un mélange de soufre et de charbon, ou n’obtient pas de sulfure de carbone, le soufre se volatilisant à une température plus basse que celle qu’il est nécessaire d’atteindre pour produire la combinaison.

On l’éalise la production du sulfure de carbone, dans les laboratoires, à l’aide de la disposition suivante (fig. 54) :

Fig. 51.

Un tube de porcelaine contenant du charbon de bois concassé est chauffé au rouge dans un fourneau à réverbère légèrement incliné. L’extrémité la plus élevée de ce tube est fermée par un bouchon, qu’on ouvre de temps en temps pour déposer dans le tube un fragment de soufre : celui-ci fond, se réduit en vapeur, agit sur le charbon incandescent, et le sulfure de carbone produit se réunit dans une allonge, puis dans un flacon contenant une couche d’eau, sous laquelle il se condense.

L’appareil peut être disposé autrement (fig. 55) : on remplit de charbon une cornue de grès, tubulée et portant dans sa tubulure uu tube de porcelaine qui plonge au fond de la cornue ; la cornue étant fortement chauffée dans un fourneau à réverbère, on débouche, de temps à autre, l’extrémité du tube, pour y introduire de petites quantités de soufre. Le sulfure de carbone formé se condense à l’extrémité de la cornue, dans une allonge et dans un récipient de forme quelconque.

Berzélius a observé que le charbon ayant servi à la préparation du sulfure de carbone retient une certaine quantité de soufre, dont on ne peut le débarrasser par la chaleur. Calciné avec l’azotate de potasse, ce charbon fournit du sulfate de potasse.

Prépai’é comme nous venons de le dire, le sulfure de carbone est impur et contient un excès de soufre ; on verra qu’il ne peut en être autrement, le sulfure se décomposant partiellement aux températures mêmes où il se forme. Cette prépa»

SULFURE DE CARBON'E

ration, telle que nous venons de la décrire, n’est d’ailleurs qu’une expérience de cours, car le sulfure de earbone est un produit industriel : le lecteur trouvera des

détails circonstanciés sur cette importante fabrication et sur les emplois du sulfure de carbone, dans le tome V de cet ouvrage (1" fascicule, p. 279-290).

La réaction directe par laquelle on prépare le sulfure de carbone donne des rendements très différents selon la température à laquelle on opère. D’après Sidot [Comptes rendus, LXIX, p. 1505), il convient, pour obtenir les meilleurs résultats, de chauffer le charbon au rouge, et non au rouge sombre ni au rouge vif; voici par exemple les quantités de sulfure préparées dans diverses circonstances avec 10 grammes de braise purifiée et 40 grammes de soufre :

1“ Au rouge sombre, bs" de charbon disparus ont donné 1 de sulfure.

2“ Au rouge, 6 «l5 — 29 —

5“ Au rouge vif, 7«>',5 — 19 —

Ces différences tiennent à l’action décomposante de la chaleur : nous reviendrons plus loin sur ce point.

Un assez grand nombre d’autres réactions peuvent donner naissance à du sulfure de carbone. 11 s’en produit par exemple dans la décomposition de certaines matières organiques renfermant du soufre et du charbon : la réaction du sulfocyanate de potasse sur l’acide sulfurique, utilisée pour la préparation de l’oxysulfure COS, en fournit de notables proportions. On obtient du sulfure de carbone, probablement assez pur, en décomposant par la chaleur certains sulfocarbonates métalliques, tels que les sulfocarbonates de plomb, de zinc, etc. (Delachanal et Mermet; voir les procédés de dosage du sulfure de carbone dans les sulfocarbonates, p. 186).

MM. Delachanal et Vincent ont signalé la présence du sulfure de carbone dans les parties des benzines brutes bouillant avant SO”. La quantité en est telle que l’extraction pourrait devenir industrielle [Comptes rendus, LXXXYI, p. 540).

Hager [Dingl. Polyt. Journ., CLXXXIII, 165) avait déjà fait remarquer que l’on trouve presque toujours du sulfure de carbone dans les pétroles et les benzines

loi ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

du commerce. Parmi les pétroles, les parties les plus volatiles, telles que les essences- de pétrole, bouillant de 50 à 80“, sont celles qui en renferment le plus : dans les ])ortions passant au-dessus de 80“, on n’en rencontre plus que des traces ; les produits à point d’ébullition plus élevé n’en contiennent pas du tout. Pour purifier la benzine des petites quantités de sulfure de carbone qu’elle renferme, on peut utiliser la réaction de la potasse alcoolique (xanthate de potasse), puis laver et sécher. (Nickels, C/ion. News, t. XLIIl, p. 148.)

Le sulfure de carbone existe en petite quantité dans le gaz de l’éclairage.

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