PURIFICATION
Le sulfure de carbone tel qu’on l’obtient par le procédé que nous venons d'indiquer, et tel qu’on le trouve dan» l’industrie, n’est généralement pas pur; malgré les distillations réitérées qu’on lui fait subir, pour enlever l’excès de soufre qu’il renferme, il retient encore une matière sulfurée, semi-liquide, d’odeur alliacée, analogue, d’après Cloëz, à l’un dos produits obtenus par l’action de l’hydrogène naissant sur le sulfure de carbone ; c’est à ce corps qu’il doit sans doute son odeur désagréable.
M. Cloëz {Comptes rendus, t, LXIX, p. 1556, Bull, de la Soc. chim., 1 . 111, p. 45) propose le mode de purification .suivant : On met le liquide en contact pen- ^ dant 24 heures avec 1/2 pour 100 de son poids de sublimé corrosif finement pulvérisé, en ayant soin d’agiter de temps en temps. Le sublimé se combine avec l’huile sulfurée ; on décante, et on distille le sulfure de carbone au bain-marie, après l’avoir additionné d’une petite quantité d’un corps gras inodore. Après ces manipulations, il possède une odeur éthérée, non désagréable et rappelant un peu celle du chloroforme.
D’après Millon, on neutralise sensiblement l’odeur ordinaire du sulfure de carbone en le lavant avec un lait de chaux et en distillant à une température modérée La chaux peut être remplacée par la litharge, ou par un métal tel que le fer, le cuivre, le zinc.
M. Sidot [Comptes rendus, t. LXIX, p. 1505) purifie le sulfure du carbone par agitation avec le mercure : le métal se sulfure ; après quelque temps, on sépare le mercure par filtration, et on recommence l’opération avec du mercure propre jusqu’à ce que la surface brillante du métal cesse de se ternir par une nouvelle agitation : la formation du sulfure de mercure est d’ailleurs un procédé très sensible pour reconnaître une trace de soufre dans le sulfure de carbone.
M. Sergius Kern (Chemical News, t. XXXII, p. 165 ; Bull, de la Soc. chim., XXV, p. 552) agite le sulfure de carbone avec de l’azotate de plomb mélangé de plomb métallique ; on renouvelle le mélange jusqu’à ce que le sel ne noircisse plus, et on distille..
D’après MT Friedburg [Deuts. chem. Gese/Zs., VIII, p. 1616; Bull, de la Soc. chim., t. XXVI, p. 156), un des meilleurs procédés de purification consiste r distiller le sulfure de carbone en présence d’une graisse végétale, telle que l’huile de palme ; la plupart des impuretés sont retenues : mais il reste un peu de matière "rasse, on finit la purification par un traitement à l’acide nitrique fumant. Au
SULFURE DE CARBONE
bout de vingt-quatre heures, le sulfure, qui est coloré eu brun par les vapeurs nitreuses, est additionné d’ean ; il se sépare sous la forme d’un liquide coloré en rose ou en violet par une matière acide sulfurée : on le redislille à basse température, et on l’obtient tout à fait pur en traitant une seconde fois par l’eau.
M. Allary purifie le sulfure de carbone en l’agitant avec une solution concentrée de permanganate jusqu’à ce que la coloration violette demeure persistante. {Bull, de la Soc. de chim., t. XXXV, p. 491.)
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES
Le sulfure de carbone est un liquide incolore, doué d’une odeur désagréable particulière, lorsqu’il est impur, d’une odeur éthérée lorsqu’il est tout à fait pur.
Sa densité, d’après Buff, est représentée par les chiffres suivants aux diverses lempératures {Ann. Chem. Pharm., 1806, Suppl. lY, p. 150) :
Températures. Eensités.
Les variations de volumes du sulfure de carbone avec la température sont exprimées par la formule
V=l-+-0,0011598 tH-0,0000015707t^-f-0,000000019125 t\
(Is. Pierre). D’après Hirn, la dilatation entre 30 et 160» est représentée par
M. .I.-B. Ilannay a également étudié la dilatalion du sulfure de carbone, à différentes températures peu distantes les unes des autres, à l’aide d’un appareij disposé de manière à éviter l’évaporation du litjuide. 11 résulterait des expériences faites par ce savant entre 0» et 62» que la dilatation du sulfure de carbone serait sensiblement constante pour une même élévation de température, et que le coefficient de dilatation serait représenté par 0.001129 : ces résultats, qui ont soulevé diverses objections, semblent no devoir être acceptés que sous toutes réserves. (C/iem. iVeu).?., XXVIII, p. 277.)
Le sulfure de carbone paraît n’avoir jamais été solidifié (voir p. 178) : il peut donc être avantageusement employé à la construction de thermomètres destinés aux basses températures.
Il bout à 46»,6 (Gay-Lussac) ; 46»,2 (Régnault). Voici, d’après Régnault, lès tensions de sa vapeur à différentes températures :
ENCYCI.OPÉDIE CliniIQUE.
ion
Ti'mpératurc. Tensions en centim. de mereure.