‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 53 sur 197 · G'S' ■+- 2PGD = G2GP+ 2PS2GP · texte numérisé non relu

G'S' ■+- 2PGD = G2GP+ 2PS2GP

Selon Rathke, il ne se produit point, dans cette réaction, de sulfochlorure de carbone, contrairement à l’opinion de Garius. (Zeitschr. f. Chem. 1870, p. 57; Bull, delà Soc. chim., t. XIII, p. 424.)

SULFURE DE CARBONE

Enfin, le chlore en présence du perchlorure de molybdène agit sur le sulfure de carbone en le transformant en perchlorure de carbone et protochlorure de soufre. (Aronheim, Deuts. chem. Gesells., f876, p. 1785) :

2CS^ + 3Gl^ = ra‘ + 2S^C1.

9. Action du brome. — Le brome et le sulfure de carbone ne réagissent pas immédiatement, même à haute température, comme l’ont constaté Kolbe et, après lui, Bolas et Groves {Chem. Soc. (2), t. Vlll p. 161). Ainsi on peut chauffer du sulfure de carbone et du brome à 150'’-! 80'’, sans déterminer la combinaison. 11 en est de même quand les deux corps traversent en vapeurs un tube chauffé au rouge.

En laissant en contact pendant quelques mois du brome et du sulfure de carbone, M. Berthelet a obtenu le sulfoxybromure de carbone. [Ann. de chim. et phys. (5), t. LUI, p. 145 (voir p. 234).

MM. Bell et Urech, en abandonnant quelques jours un mélange de brome et de sulfure de carbone à la température ordinaire, et en distillant lentement au bainmarie, ont séparé un sulfobromure C‘S®Br®. (V. p. 234).

Mais l’action du brome, comme celle du chlore, est considérablement facilitée par la présence d’une faible quantité de bromure d’iode, ou de bromure d’antimoine : il se forme alors nettement du tétrabi’omure de carbone (Bolas et Groves, Journ. of the Chem. Soc. (2), t. Vlll, p. 161; Bull, de laSoc. chim., t. XIV, p. 223). Un mélange contenant 1 p. de sulfure de carbone, 7 de brome, 3 d’iode, a fourni en tétrabromure, après trois semaines de contact, à l’obscurité, 35 pour 100 du poids du sulfure de carbone. La réaction est limitée (voir p. ).

D’autres bromures métalliques, tels que ceux de zinc, de platine, d’or, de cadmium, de bismuth, d’arsenic, peuvent également faciliter l’action du brome sur le sulfure de carbone : mais le plus efficace est le bromure d’iode, ou simplement l’iode.

La plupart des autres métalloïdes sont sans action, au moins dans les conditions ordinaires, sur le sulfure de carbone : nous avons vu que certains s’y dissolvent, tels que le soufre, le phosphore, l’iode. A haute température, il peut y avoir mise en liberté de charbon ; c’est ce qui arrive, par exemple, avec l’arsenic.

10. Action des métaux. — Les métaux facilement sulfurables sont attaqués à chaud par le sulfure de carbone avec production de charbon et de sulfures, ou de sous-sulfures. Le cuivre, à 250°, donne une masse noire renfermant du sulfure de cuivre et du charbon, et retenant 20 pour 100 de soufre en excès. Le fer réduit agit à 250°-270° ; le produit de la réaction, traité par l’acide chlorhydrique, dégage de l’hydrogène sulfuré et laisse un résidu floconneux contenant 35 pour 100 de soufre et 15 pour 100 de fer. (Merz efWeith. Zeitsckr. f. Chem., nouv. sér., t. V, p. 241.)

11. Action de Veau. — Le sulfure de carbone se combine à l’eau et forme des hydrates solides. L’un de ces corps, .signalé par M. Berthelot, renferme 10 parties d’eau pour 27 parties de sulfure [Ann. de chim. et de phys. (3), t. XLVI. p. 490). M. Duclaux a étudié un autre hydrate, produit par l’évaporation rapide du sulfure de carbone à l’air humide. Cet hydrate se décompose à — 3°, avec sé-

paration de sulfure de carbone et de glace. Pour en faire l’analyse, on recueille dans un flacon taré une certaine quantité de la matière, on la pèse ; puis, lorsqu’elle s’est décomposée et séparée en deux couches, on y ajoute du chlorure de calcium ; on pèse de nouveau, et enfin on fait évaporer le sulfure en portant le flacon à une température de -f- 60“ environ. La perte de poids fait connaître la proportion de sulfure de carbone. Les analyses de M. Duclaux assignent à cet hydrate la formule 2GS^ H- HO. C’est une substance blanche, cristalline, qui brûle avec facilité en laissant un résidu d’eau. {Bull, de la Soc. chim., VIII, p. 258.)

On réalise immédiatement la formation d’hydrates de ce genre, en immergeant dans un verre contenant un peu de sulfure de carbone la partie inférieure d’une bandelette de papier à filtre. Le liquide monte par capillarité dans le papier et s’évapore rapidement à l’air humide. On voit alors se former au peu au-dessus du niveau du liquide de petites efflorescences cristallines, semblables à du givre.

A propos des hydrates de sulfure de carbone, rappelons les expériences de Wartha sur le sulfure de carbone solide (?), expériences qui ont soulevé diverses discussions.

D’après Wartha [Dents, cliem. Gesells., III, 80), lorsqu’on fait passer un courant rapide d’air sec dans du sulfure de carbone pur- (purifié par l’amalgame de sodium), le liquide commence à ■ cristalliser, même avant que le thermomètre ait atteint la température de 0“. .4u bout de peu de temps cette température descend à —17“ ou — 18“ ; la formation de matière solide augmente ; il peut s’en produire assez pour déterminer l’obstruction du tube amenant l’air. Quand tout le liquide a disparu, le thermomètre plongé dans la masse reste stationnaire à — 12“.

La même substance peut s’obtenir en évaporant rapidement un mélange de sulfure de carbone et d’éther dans le vide de la machine Carré.

C’est ce corps que Wartha considère comme le sulfure de carbone solide : il constitue une masse blanche, mamelonnée, conservant son état solide pendant quelque temps à la température ordinaire, doué d’une odeur particulière, moins inflammable que le sulfure liquide. On peut utiliser l’expérience ci-dessus décrite pour obtenir assez aisément de la glace à basse température : il suffit pour cela d’ajouter un peu d’eau au bisulfure sur lequel on dirige un courant d’air ; la température descend environ à —13“.

Ballo (Deuts. chem. Gesells., t. IV, p. 118) considère le corps décrit par Wartha, non comme le sulfure solidifié, mais comme un hydrate, formé grâce à la présence d’une certaine dose d’humidité dans l’air insufflé pour produire l’évaporation. 11 dit n’avoir point obtenu la neige indiquée, en employanfun courant d’air absolument sec. D’autre part, l’analyse de la matière blanche, préparée comme il a été dit, a montré qu’elle contenait des proportions variables d’eau : parmi ces analyses faites selon la méthode indiquée par Duclaux, les unes ont indiqué l’existence, dans le produit, de 19,14 pour 100 d’eau, ce qui conduit à peu près à la formule C^SLH^O® ; dans d’autres on a trouvé 27 pour 100 ; ce sont les proportions de l’hydrate signalé par M. Berthelet.

Rappelons que des composés du même genre peuvent être obtenus avec beaucoup d’autres liquides volatils, par exemple, avec l’éther, le chloroforme, l’éther iodhydrique.

SULFURE DE CARBONE

La solidification du sulfure de carbone n’est donc point encore un fait démontré.

Nous avons dit plus haut que la solution de sulfure de carboné dans l’eau s’altère assez rapidement et finit par renfermer des doses notables d’hydrogène sulfuré.

L’eau réagit encore lorsqu’on la chauffe sous pression avec du sulfure de carbone. M. Schlagdenhauffen (Journ. de pJiarm. (5), t. XXIX, p. 401) a obtenu, à 150", de l’acide carbonique et de l’hydrogène sulfuré ; il a observé à la surface du liquide des houppes cristallines qui n’ont point été analysées, et qui disparaissaient, lorsque l’on ouvrait le tube pour laisser échapper les gaz. Avec le même mélange M. Schutzemberger a préparé des cristaux qui paraissent formés par une combinaison peu stable de sulfure de carbone et d’hydrogène sulfuré. Des cristaux analogues se produiraient également lorsqu’on dirige un courant d’hydrogène sulfuré sec et chargé de vapeur de sulfure de carbone à travers un tube refroidi à—25" {Bull, de la Soc. chim., t. XXV, p. 146). Ces produits ont été jusqu’ici peu étudiés.

En faisant passer sur du fer chauffé au rouge de la vapeur de sulfure de carbone mêlée de vapeur d’eau, on produit une petite quantité de gaz des marais et de l’hydrogène. (Berthelet, Ânn. de chim. et de phys. (5), LUI, p. 127.)

12. Action des alcalis, des oxydes, etc. — Le sulfure de carbone en présence des alcalis donne des sels, les sulfocarbonates : telle est, par exemple, l’action de la potasse, qui forme une solution brune contenant un mélange de carbonate et de sulfocarbonate :

3GS* H- 5KO=CO^KO -f- (CS^KSf.

On reviendra ailleurs sur les sels de l’acide sulfocarbonique.

La potasse alcoolique agit de manière différente ; il se forme du xanthate de potasse (éthyl-oxysulfocarbonate) :

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