‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 76 sur 197 · Kuhlmau, Ann. der Chem. u. Pharm., t. XaXVUI, p · texte numérisé non relu

Kuhlmau, Ann. der Chem. u. Pharm., t. XaXVUI, p

CYANOGÈNE.

Modes de formation'. — On rencontre cet acide, dans un certain nombre de pi’oduits végétaux, sinon à l’état libre, au moins engagé dans des combinaisons telles que, traitées par l’eau et distillées, ou soumises à l’influence des ferments, elles donnent de l’acide cyanhydrique. Le dédoublement de l’amygdaline en présence de l’eau est un exemple net de ce genre de formation. Elle se décompose en glucose, essences d’amandes amères et acide cyanhydrique.

Les eaux distillées des feuilles de laurier-cerise et d’un grand nombre de fruits à noyaux contiennent de petites quantités d’acide cyanhydrique. Il en est de même de l’eau qui a été mise en contact avec le manioc (Jatropa Manihot). Hoefcr raconte que les prêtres égyptiens connaissaient les propriétés des eaux distillées des feuilles et des fleurs du pêcher et qu’elles leur servaient pour empoisonner les initiés sacrilèges.

L’acide cyanhydrique a été obtenu synthétiquement par M. Berthelot^ au moyen d’un mélange d’acétylène et d’azote traversé par une série d’étincelles électriques. Comme dans l'expérience de Cavendish, où l’on peut réaliser directement l’union de l’azote et de l’oxygène par l’intermédiaire des énergies électriques, on combine ici l’azote libre avec l’acétylène; c’est une réaction permettant de caractériser l’azote au moyen d’une combinaison particulière facile à constater, la formation de l’acide cyanhydrique. Lorsqu’on fait l’expérience, en faisant jaillir les étincelles fournies par une bobine d’induction à l’intérieur d’une éprouvette contenant un mélange d’azote et d’acétylène, on peut presque aussitôt reconnaître à l’odorat la formation de l’acide cyanhydrique.

Après un quart d’heure environ, le gaz contient assez d’acide cyanhydrique pour qu’on puisse manifester sa présence par la formation du bleu de Prusse ; pour cela, dans l’éprouvette contenant les gaz, on introduit quelques gouttes d’eau et un fragment de potasse très petit (en rapport avec la quantité de vapeur cyanhydrique à absorber). On traite ensuite cette dissolution par un mélange de sulfates de protoxyde et de peroxyde de fer, on ajoute alors avec précaution de l’acide chlorhydrique très dilué jusqu’à ce que la réaction soit faiblement acide ; la liqueur est alors colorée en bleu de Prusse.

Lorsqu’on opère ainsi sur un mélange d’azote et d’acétylène, il y a un autre phénomène qui se produit simultanément, c’est la décomposition de l’acétylène : il se dépose du carbone; on peut d’ailleurs éviter cette décomposition en ajoutant à l’avance au mélange un volume d’hydrogène convenable, c’est-à-dire dont la pression dans le mélange gazeux soit supérieure à celle que ce gaz possède dans

1. Bohm.Scliw. J., X, 126; Sclirader, A. Gehl, t. I, p. 392; Bucholz, A. Gehl, t. I, p. 85; Vauquelin, Ann. Chiin. Phys., p. XLV, 206.

2. C. It., t. LXVII, p. 1141, et Bull. Soc. Chim., t. II, 11, p. 146, et Ann. Chim. Phys. (4), t. XVIII. p. 162.

les gaz résultant de la décomposition de l’acétylène seul par les étincelles électriques.

Dans cette réaction, la formation de l’acide cyanhydrique est d’abord rapide, mais elle diminue ensuite, la composition du mélange gazeux s’approchant de celle pour laquelle il y a équilibre entre les quatre gaz azote, acétylène, hydrogène et acide cyanhydrique. Comme dans tous les phénomènes de ce genre, on peut pousser plus loin la combinaison en absorbant l’un des gaz produits au fur et à mesure de sa formation, afin d’éviter sa -tlécomposition simultanée, qui est la plupart du temps la cause de ces équilibres s’établissant au sein de masses gazeuses. Ici l’on peut employer une goutte d’une solution saturée de potasse, mais, même dans ce cas, on ne peut ahsoiber plus des cinq sixièmes de l’acide cyanhydrique théorique, parce que l’acétylène est partiellement décomposé, en présence de la vapeur d’eau de la solution, en oxyde de carbone et acide carbonique sous l’influence des étincelles. Une partie du carbone est ainsi soustraite à l’action de l’azote.

On peut aussi faire passer une série d’étincelles dans de l’azote qui a été saturé de vapeur de benzine par son passage à travers une couche de ce liquide. 11 se forme d’abord de l’acétylène, aux dépens de la benzine, et c’est lui qui réagit ensuite sur l’azote pour donner de l’acide cyanhydrique.

Un procédé un peu différent consiste dans l’emploi de l’ammoniaque et du chloroforme suivant la réaction

Azff + G^HGU = 5HG1 -t- G^AzH.

G’est ici la grande chaleur de formation de l’acide chlorhydrique qui détermine la synthèse. On trouve aussi de l’acide cyanhydrique dans les produits de l’action de l’acide azotique sur un certain nombre de matières organiques, par exemple sur l’alcool.

Lorsqu’on allume une solution concentrée de méthylamine*, on trouve de l’acide cyanhydrique dans l’eau de la solution, à la fin de l’expérience. Gette action de l’oxygène peut s’écrire ainsi :

AzH2G'ff+0'=2IW-h G^AzH.

G’est la réaction inverse de celle que l’on produit lorsqu’on obtient de la méihylamine par l’hydrogénation de l’acide cyanhydrique.

11 se forme aussi de l’acide cyanhydrique quand on traite de l’acide picrique par de la baryte ou de la potasse. Lorsqu’on fait bouillir de la binitrobenzine ® avec une solution aqueuse de potasse, il se forme de l’acide cyanhydrique. La mononitrobenzine donne aussi les mêmes résultats avec la potasse en fusion.

D’après M. Vogel®, la fumée de tabac contient de l’acide cyanhydrique que l’on peut manifester au moyen du réactif de Schœiibein : on imbibe du papier à lettre blanc avec une solution alcoolique de gaïac, contenant 3 grammes de ce corps pour 100“ d’alcool. Ou laisse la feuille sécher ; au moment de s’en servir, on la mouille avec une solution de sulfate de cuivre contenant 2 grammes de ce corps par litre;

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