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EXTRACTION DU SOUFRE

Le .soufre consommé dans les arts et dans l'indiislrie provient on grande partie du soufre que l’on rencontre dans la nature :i l’état natif. Les sulfures naturels, tels que les pyrites et la blende n’en fournissent qu’une laible proportion. Quant aux sulfates, tels que le gypse, l’anhydrite, etc., ils n’ont (dé traités qu’exceptionnellemenl pour l’extraction du soufre.

Les dépôts de soufre natif peuvent être divisés en deux classes :

1“ Ceux qui ont pris naissance dans le voisinage des volcans et dont on ))eut encore suivre la formation près dos volcans en activité : ce sont les solfatares;

2“ Les dépôts appartenant aux terrains tertiaires, d’origine non volcanifpie, et dont la formation est terminée depuis longtemps; ils sont de beaucoup les plus nombreux et les plus importants.

Soufre des solfatares. — A la solfatare de Pouzzolcs, M. de Luca a constaté c[ue les gaz qui s'échappent de la grande fumerolle sont formés d’acide carbonique, d’hydrogène sulfuré et d’acide sulfureux disséminés dans une grande proportion de vapeur d’eau. (Annales de chimie et de ■physique (4), tome XXVI, page 289.)

La fumerolle de Krisuvick en Islande a, d’après Bunsen, la composition suivante :

Vapeur d’eau . 82.50

Acide carbonique. . . . 15.47

Acide sulfhydriipie . . . 1.17

Hydrogène . 0.7C

Azote . 0.50

Elle dégage en vingt-quatre heures 225 kilogrammes d’acide sulfhydriqun el 12 kilogrammes d’hydrogène.

L’acide sulfureux n’a pas été dosé <à l’état gazeux, mais Bunsen a constaté sa ))i'ésence dans les eaux condensées autour des sources gazeuses (Annales de chimie et de physique (5), tome XXXVIII, page 264).

On voit donc que dans le voisinage des volcans presque éteints, comme ceux ipi’on rencontre fréquemment en Italie et en Islande, le soufre se dégage des profondeurs du sol à l’étal de gaz acides sulfureux ou sulfbydrique, accompagnés d’acide carbonique, d’azote, d’hydrogène et surtout de vapeur d’eau en forte pro- ])ortion.

La combustion de l’hydrogène sulfuré par l’oxygène de l’air forme du soufre ou de l’acide sulfureux :

HS-j-O =110 -f S,

118 4-30 =IIO-T-SO*.

Mais les acides sulfureux et sulfhydrique, dans le voisinage du sol humide, se décomposent mutuellement et donnent du soufre et de l’eau :

ENCYCKOPKDIK CIIIMIQUE.

Dans certaines localités, voisines des volcans en activité, la lormation des dépôts snlfurifèrcs est duc à la vapeur de soufre elle-même ; en se condensant au milieu des roches poreuses, cette vapeur donne naissance à des géodes ou à des amas crislallins; dans des parties plus chaudes se forment des poches contenant du soufre liquide; quelquefois, la vapeur de soufre arrive au contact de l’air où elle s’enllamme.

Le soufre de ces émanations volcaniques renferme fréquemment de l’arsenic et du sélénium.

Les solfatares’ sont exploitées en quelques endroits, mais la quantité de soufre qu’elles livrent au commerce est peu considérable.

Dépôts des terrains tertiaires. — Ces dépôts, de formation ancienne, se rencontrent dans les couches inférieures des terrains tertiaires, au-dessus de la craie; le soufre s’y trouve généralement disséminé dans des couches de marne fréquemment imju’égnées do gypse. Ou les exploite dans les districts de Cracovic, à Ihulahqj eu Oi’oatie, en Espagne dans les. provinces d’Aragon, de Murcie, de Valence et d’Andalousie, en France près d’Apt (Vaucluse).

L’Italie possède de pareils dépôts dans les Romagnes; ils y forment des couches de 1 mètre à 9 mètres d’épaisseur sur une longueur de plus de 50 kilom. Mais les ])lus importants sont ceux de la Sicile; ils fournissent annuellement plus de

i!00 000 tonnes de soufre, c’est-à-dire les -jiî de ce que consomme l’industrie. Ce sont ceux dont nous nous occuperons spécialement.

Mines de soufre de la Sicile. — Le soufre, mélangé à des matières hitumincuses s’est déposé fort irrégulièrement dans des couches de calcaires, de marnes et de gypse contenant aussi du sel gemme; dans les marnes, il est aggloméré eu masses sphériques; dans le calcaire et le gypse, on h; rencontre ([unh|nefois à l’état cristallin, mais le plus souvent il possède une consistance molle, (soufre saponaire). L’épaisseur des couches sulfurifères est de 5 à 50 mètres ; on les rencontre sur jii'csque toute la surface de l’îlc; elles sont exploitées en ])lus de 500 points par plus de i 5 000 ouvriers.

E.rploitation du minerai. — Elle se fait par des galeries en forme d’escaliers, soutenues de loin en loin par des piliers abandonnés; elles s’enfoncent quelquefois à une ])rofondcur de ISO mètres. Le minerai détaché au moyen du jûe est remonté ])ar des enfants jusqu’au niveau du sol; sa teneur varie dans de grandes proj)ortions; on le traite souvent pour en retirer le soufre alors ([u’il n’en contient que de 0 à 8 pour dOO; les minerais de bonne qualité contiennent de 1.5 à 2.5 ])our 100 de soufre; certaines parties peuvent en contenir exceptionnellement de 70 à 80 pour 100.

E.r.traction du soufre. — En Sicile, la séparation du soufi’c de, sa gangue ne peut se faire, é<;onomi(jucment ([u’à proximité des mines à cause du mauvais état des l’butes et de la rareté des moyens de transpoi t. Le, moyen le plus fréquemment employé consistç à ])orter le minerai à la température do fusion du soufre ou un

petits paquets enflammés d'herbe sèclie enduite de soufre. Quand h; fou s’est communiqué au minerai, on bouche les ouvertures des canaux h, et on règle la marche de la combustion en augmentant ou diminuant l’épaisseur de la couverture.

La conduite de cette opération est assez difficile, car il faut qu’au travers de iiette ouverture s’échappe l’acide sulfureux, et que, l’air qui sert à la formation de, cet acide puisse pénétrer. 11 fimt reconnaître que les précautions nécessaires pour que la l’usion soit bien régulière sont rarement prises ; il n’est pas rare qu’une meule s’éteigne, qu’une autre brûle complètement, qu’une troisième bouillonne et déborde.

La combustion du soufre se propage de haut en has, et le soufre fondu descend au travers des interstices du minerai eu les échauffant progressivement; quand les parties inférieui’es de la meule sont suffisamment chaudes, le soufre liquide se rassemble j)rès de la morte; les ouvriers apprécient la luuiteur du liquide accumulé en débouchant de petites ouvertures ménagées dans la paroi et fermées avec des tampons d’argile pendant l’opération; en perçant cette paroi à sa partie inférieure, ils recueillent le soufre dans des formes en bois, humectées d’eau, ayant la forme de pyramides tronquées; les pains de soufre do uo à GO kilog. ainsi obtenus sont expédiés en France pour le raffinage.

Les dimensions des calcaroiii varient dans de grandes proportions ; ils contiennent de 100 à 2000 mètres cubes de minerai ; dans les endroits où ou brûle le soufre pendant toute l’année, ils ont des dimensions assez modestes ; mais là où on ne jieiit travailler que pondant quatre ou cinq mois, du mois d’août au mois de janvier, il faut pendant ce temjis traiter tout le minerai extrait pendant l’année ; on fait alors des calcaroni de 2000 mètres cubes qui exigent quatre mois avant d’être entièrement démolis.

Le procédé des calcaroni est le plus expéditif et le moins coûteux pour le traitement des minerais de soufre ; il présente, cependant de grands inconvénients.

11 làut compter 25 à 50 pour 100 de soufre perdu par la comimstion, y ajouter tout le soufre qui, quoique liquide n’a pu s’écouler à travers la gangue. En outre, les calcaroni dégagent dans l’atmosphère des torrents d’acide sulfureux qui exercent une action très nuisible sur les récoltes et sur la santé des ouvriers ; ils ne peuvent être employés que pour des minerais riches ; enfin si le minerai renferme des matières hitnmincuses, ils fournissent du soufre brun renfermant quelquefois 1 à 2 pour 100 de bitume que la température peu élevée du calcarone n’a pu détinire,

La méthode suivante permet d’éviter ces deux inconvénients.

KXTRACTIOX DU SOUFRE P.4.R SCBUM.XTIOX .

Cette méthode, est connue, depuis longtemps dans les Romagnes où l’on traite beaucoup de minerais pauvres en soufre ; mais comme elle nécessite l’emploi d’un combustible autre que le soufre elle est inconnue en Sicile.

Des pots en terre a (fig. 7), fermés par un couvercle b, placés sur deux rangs dans un fourneau, dit de galère, contiennent le minerai sulfuré; ils communiquent liar des tubes c avec des pots d de même forme placés à l’extérieur du fourneau ; ils reçoivent la chaleur d’un foyer dont la flamme les enveloppe de toutes parts.

Le soufre s’échappe en vapeur du minerai et se condense à l’état lit[uido dans les pots d ; en ouvrant les l’obinots e on le recueille dans les formes.

([IIP le soufre ; le rendement est supéri(nirjà, celui dos calcaroni, mais le prix de l'ovient du soufre est augmenté de 20 pour 100.

L'ingénieur anglais Gill a essayé de fondre le soufre au moyen de l'air désoxygéné par son passage dans un foyer ; ces essais ont été vite abandonnés,

M. Condy-Iîollniann a' installé à Bagnoli, près de Naples, des appareils dans lesquels les minerais de soufre sont soumi.s en vases clos à un lavage méthodique par

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le sulfure de cai'boiio ; ce dissolvant est régénéré après chaque lavage par une simple distillation ; c'est une méthode qui n’est pas conqdètement ahandonnée.

Enlin, dans les fours Thomas, on soumet les minerais à l’action de la vapeur d’eau 1 11 e 1 15“. — C’est la méthode qui a donné le meilleur rendement.

Aucun de ces procédés n’a pu réussir jusqu’ici à remplacer le calcarone. Celui-ci est certainement très défectueux, mais parce qu’on peut l’étahlir à proximité des ouvertures par où on retire le minerai, il supprime les frais de manutention dans des pays où ils sont très élevés ; c’est encore le plus économique.

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