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FABRICATICN DU PHOSPHORE ROUGE

Le phosphore rouge s’obtient industriellement, comme l’avait indiqué Schroetter par l’action prolongée de la chaleur sur le phosphore ordinaire ; la transformation s’effectue sous la pression atmosphérique et à une température de 240-200" que l’on élève à la fin jusqu’à 280".

Ancien appareil de Schroetter. — Schroetter avait proposé, pour Opérer en grand, l’appareil indiqué par la figure ci-dessous (fig. 151). Le phosphore était placé dans un vase en porcelaine dont le couvercle, maintenu à l'aide d’une vis de pression, laissait passer un tuyau plongeant à son extrémité dans du mercure de ma-

Fig. 151. Appareil de Schroetter pour la fabrication du pliosphore rouge.

IJ Vase en porcelaine contenant le phosphore, robinet k et plongeant par une tie ses extré-

ef Bain de sable, chauffé par un bain d’alliage placé entre les deux chaudières en foule a et b.

nière à empêcher la production d’une pression supérieure à la pression atmosphérique. Le vase en porcelaine était placé dans un bain de sable chauffé par un bain métallique (parties égales de plomb et d’étain).

Production industrielle du |>liospliore rouge. — L’appareil dc Schroettei a été très simplifié. Le phosphore est placé dans une grande marmite en fonte ,d environ O"*, 80 de diamètre, où l’on introduit 200 kilogrammes de matière sous une couche d’eau de quelques centimètres de hauteur (fig. 132).

On dispose sur cette marmite un couvercle que l’on maintient avec des vis de pression et qui porte trois trous : dans celle du milieu passe un grand thermomètre à mercure qui indique la température de la masse ; le second trou reste

ouvert pendant l’opération, afin de pouvoir introduire une tige de fer et se rendre compte du degré de fluidité de la masse, qui devient de plus en plus pâteuse à mesure que la transformation allotropique s’effectue. Le troisième trou est maintenu boucjié, afin d’éviter l’établissement d’un courant d’air qui brûlerait le phosphore. On voit qu’avec la disposition adoptée, l’air ne se renouvelle pas, de sorte que l’oxydation est insignifiante et ne se produit qu’au commencement ; en même temps le phosphore restant constamment en communication avec l’atmosphère, il ne peut pas s’établir de pression à l’intérieur de l’appareil.

La marmite en fonte est posée dans une seconde marmite concentrique un peu

Fig. 152. .\ppareil actuel pour la fabrication du phosphore rouge.

plus grande, qui est chauffée directement par un foyer alimenté avec du coke. L’espace annulaire compris entre les deux vases est rempli de tournure de fer qui fait fonction de bain de sable. Pour éviter un échauffement trop fort et trop inégal, le foyer est recouvert d’une brique qui préserve le fond des marmites. L appareil est complété par une hotte en tôle qui produit un bon tirage et laisse échapper les gaz et vapeurs qui se développent pendant l’opération.

La transformation dure douze jours. On chauffe d’abord vers lOO” les deux ou

trois premiers jours, afin de chasser l’eau qui recouvre le pliospl.o'-e ="t"oduit et d’éliminer ensuite toute trace d’humidité. On porte ensuite la température vers 240‘’-2o0‘’ : c’est alors que se fait la transformation ; on peut la suivre en remuant une tige de fer dans la masse liquide qui perd peu à peu sa fluidité. Les deux ou trois derniers jours seulement, on élève la température à 280“, sans aller iamais au delà.

On a essayé pendant quelque temps d’abréger la transformation ; on la faisait durer trois ou quatre jours seulement en élevant plus rapidement la température jusque vers 280“; mais on est revenu au procédé qui vient d’être indiqué, car il donne moins de déchet et produit du phosphore rouge ayant une teinte plus convenable.

Trituration et purification du phosphore ronge. — Lorsque la transformation est effectuée, on laisse refroidir complètement la marmite ; on y verse un peu d’eau pour éviter toute oxydation et on la retire du foyer en la manœuvrant avec une grue.

Le phosphore rouge produit est extrêmement dur, très compact, très adhérent et ressemble à l’hématite. On l’enlève, par morceaux, toujours sous l’eau, en l’entaillant avec un ciseau et un marteau.

Le produit obtenu, toujoui's maintenu dans l'eau, est porté sous un moulin formé de deux meules verticales en fonte d’environ 0“,60 de diamètre que l’on fait tourner à la main. La poussière obtenue est placée sur un tamis de 1 mètre de diamètre qu’on remue dans une cuve pleine d’eau : les parcelles qui ne passent pas sont remises sous les meules. Tout cet appareil est indiqué en détail par la figure cidessous (fig. 133).

Fig. 135. .Appareil pour la trituration et le tamisage du phosphore rouge.

Le phosphore rouge ainsi pulvérisé retientjencore un peu de phosphore ordinaire

qui le rendrait inflammable à l’air. On l’en débarrasse en le traitant par une dissolution de soude caustique d’une densité de 15 à 20» Baume ; on chauffe le mélange au bain-marie dans une marmite en fonte ffig. 134) ; il se dégage de l’hydrogène phosphoré.

On enlève la soude par décantation, puis on lave à l’eau sur une espèce de tamis jusqu’à ce que le liquide soit bien neutre au papier de tournesol rouge.

Fig. 154. .4ppareil pour purifier le phosphore rouge par une dissolution de soude caustique.

Le produit est alors séché sur des plaques en tôle ; en été, on les expose à l’air libre ; en hiver, on les place dans une étuve maintenue à une douce chaleur. On a ainsi le phosphore rouge aggloméré en grumeaux : un ouvrier l’écrase et l’amène à l’état de poudre line en l’écrasant simplement avec une bouteille en verre qu’on promène à sa surface.

La porte de matière, dans la fabrication du phosphore rouge, est de 2 à 5 pour 100.

La fabrication du phosphore rouge est beaucoup moins importante que celle du phosphore ordinaire. Dans l’usine de MM. Goignet, elle atteint seulement 12,000 kilogrammes par an.

Le principal usage du phosphore rouge est son emploi pour les allumettes suédoises. Les allumettes dites au phosphore amorphe sont beaucoup moins usitées qu’autrefois.

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