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ALIIVIENTATION DES APPAREILS EN PRODUITS NITREUX

Introduction de l’acide nitrique à l’état de vapeurs. — Nous avons vu que, dans les nouveaux types de fours, les marmites servant à la déeomposition du nitrate do soude par l’acide sulfurique sont disposées à demeure dans un élargissement du carneau : la figure 46 montre la disposition d’une de ces marmites, A. Elle est en fonte dite Ressemer assez épaisse, et sa capacité est calculée pour contenir au moins deux fois la quantité de nitrate et d’acide sulfurique correspondant à une charge.

Fig. 40.

On introduit le nitrate par la porte 1), et on l’égalise rapidement, puis on ferme la porte. L’acide est versé par l’entonnoir on plomb C muni d’un tuyau en S, dont le bec a est étiré de façon à ne laisser couler l’acide que lentement, ce qui évite un gonnement trop fort de la masse. On emploie pour la réaction de l’acide sulfurique des chambres : la quantité introduite est plus que suffisante pour former du bisulfate de soude : de la sorte le produit de la réaction est assez fluide pour qu’on puisse le faire couler par la tubulure b bouchée par un tampon do fer ; le sulfate acide tombe sur une plaque de fonte où il se solidifie rapidement.

On dispose souvent en dessous des marmites à nitrate une cuvette en fonte B destinée à recueillir le sulfate qui déborde. D’autres fois on ménage simplement une cave qui sert spécialement à cet usage.

Introdiiction de l’acide nitrique liquide. — L’acide nitrique généralement employé marque environ 36" à l’aréomètre Baumé. Tantôt l’alimentation est intermittente, tantôt elle est continue. Dans cocas, on fait quelquefois usage de grands vases de Mariette dont on règle l’écoulement par un robinet, mais celui-ci se bouche facile-

ACIDE SULFURIQUE IIONOIIYDRATÉ.

ment. D'autres fois on se contente d’une solution approximative qui consiste à alimenter avec deux réservoirs en grès dont l’un est plein tandis que l’autre est :i moitié vide.

Dans quelques usines l’alimentation est intermittente. L’acide arrive par un tuyau a (fig. 47) dans un réservoir nn situé en dehors de la chambre. Le tuyau a est calibré de façon à remplir |f

le vase nn par exemple en une demi-heure. Du fond du 'IMÏ'

réservoir s’élève le tuyau d’écoulement c qui forme avec Hi L Ji

la cloche b un véritable siphon. Lorsque le niveau de IB :s|

l’acide arrive en nn, le réservoir se vide brusquement g ! Èïj

dans l’entonnoir d qui conduit l’acide aux récipients de la Kp § Bl

première chambre. . s x xr ,

Comme l’acide nitrique attaque très rapidement le plomb, on ne peut songer à le faire arriver en contact d avec les parois do la chambre. On le fait couler en nappes minces sur des pièces de verre ou de poteries où il Fig. 47.

séjourne au contact de l’acide sulfureux. La surface de

ces pièces doit être déterminée assez largement pour qu’on soit sûr de ne jamais laisser arriver une quantité un peu notable d’acide nitrique dans le liquide de la cuvette.

La figure 48 montre la disposition d’une de ces cascades. Sur le plancher de la chambre repose une capsule en plomb garnie au fond de soufre en fleur pour assu¬

rer la parfaite horizonlalité du système. Dans cette capsule on place une cuvette en grès, et dans celle-ci on superpose une série de capsules renversées ccle munies de rebords, et dont les parois sont perforées de façon à permettre aux gaz de circuler sur les fonds des capsules eu contact avec l’acide nitrique.

L’acide nitrique arrive sur la capsule supérieure e par l’intermédiaire du tuyau /

alimenté par une terrine F. On voit qu’il y a autant de tuyaux et de terrines que de cascades : toutes les terrines communiquent par des siphons indésamorçables h.

Gomme tous ces tuyaux sont gênants et qu’on ne peut les replacer sans ouvrir la chambre, s'ils se dérangent, on adopte généralement maintenant l’emploi de terrines plates en grès ou en poterie très cuite, disposées en cascade sur des pièces de poterie. Ces terrines ont de 6 à 8 centimètres de profondeur et jusqu’à' 70 à 75 centimètres de diamètre. Pour une fabrication ordinaire il suffit d’une douzaine de ces terrines. La ligure 49 représente une série de terrines en cascade. On les place généralement en lace du tuyau d’arrivée des gaz. Une bonne précaution consiste à faire sortir de la chambre le liquide de la dernière cascade pour le diriger dans une

Fig. 49.

éprouvette, où l’on peut constater si l’acide nitrique est complètement décomposé. Cette éprouvette reverse dans la chambre les liquides qu’elle reçoit.

On a adopté plusieurs autres types, tous ont pour but de faire inrcuter l’aeide on nappe mince au contact des gaz sulfureux.

Anciennement on croyait devoir consacrer un tambour spécial à l’introduction de l’acide nitrique : on y envoyait la quantité d’eau suffisante pour éviter la formation de cristaux des chambres de plomb. L’acide sulfuri({ue qui s’y formait allait se débarrasser des produits nitreux dont il était chargé dans le 1“ tambour, ditdemtri/îcateur, où il rencontrait le mélange le plus riche en acide sulfureux.

A présent, on considère cette complication comme inutile, et, quand la grande chambre est en tête, on ne craint pas d’y envoyer l’acide nitrique. Il est vrai que l’on prend la précaution d’augmenter la surface des cascades, de façon que l’acide de la cuvette ne soit jamais assez chargé de produits nitreux pour attaquer le plomb.

ACIDE SDLFURIQUE MONÜHYDRATÉ. 87

Restitution aux chambres de l'acide nitreux condensé aux tours deGay-Lussac. — Nous traiterons cette question plus spécialement après l’étude des tours de Gay-Lussae.

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