ALIMENTATION DES CHAMBRES EN VAPEUR D’EAU
En Angleterre on emprunte la vapeur d’eau nécessaire à la marche des chambres à des générateurs spéciaux travaillant à la pression de 1 à 4,5 atmosphères. Sur le continent, on trouve plus commode de prendre la vapeur sur les chaudières qui iournissent la force motrice aux pompes, broyeurs, compresseurs d’air, etc. Dans ces conditions les conduites contiennent de la vapeur à 3 ou 4 atmosphères. Cela demande plus de surveillance pour régler les robinets, mais, par contre, on arrive ainsi à pouvoir réchauffer plus facilement les chambres pendant les grands froids.
Les conduites de vapeur sont formées soit de tuyaux en fer, soit de tubes en cuivre. On donne aux branchements un diamètre de 25 à 30 millimètres pour un appareil do 3000 à 4000 mètres cubes, quand on travaille avec une pression de vapeur de 5 kilogrammes effectifs aux générateurs. Il est essentiel de veiller à ce que la pression de vapeur reste bien constante. Mais comme on peut être obligé de modifier l’introduction de la vapeur dans les chambres, il est très utile de placer sur le tuyau de vapeur un roliinet de réglage ou mieux encore une valve, car les robinets deviennenl souvent trop durs quand on n’a pas souvent à les manœuvrer.
Dans beaucoup d’usines on place un seul orifice d’admission de vapeur par chambre, et on le dispose dans le tuyau d’arrivée des gaz, de façon à compenser par l’effet d’entraînement ainsi produit, la ])crte do charge qui résulte du passage des gaz dans les colonnes absorbantes situées en queue. Dans d’autres usines on dispose plusieurs arrivées de vapeur sur les parois transversales, ou sur le plafond. Nous avons déjà dit les inconvénients que ])résenterait l’introduction des tuyaux de vapeur par le fond de la chambre.
Il est prudent de ménager entre le robinet et la chambre une tubulure pour poser un manomètre. La fig. 50 montre o d ] loi souvent adoptée pour l’introduction de vapeur. Sur le robinet du branchement est rapporté un tuyau en plomb muni d’une tubulure pour raccorder un manomètre a air libre. Le tube de plomb porte à l’extrémité une petite plaque de platine mince percée d’un trou calibré par lequel s’échappe la vapeur. Le tuyau de plomb passe généralement à frottement dans une douille en alliage dur rapportée sur la paroi, et y est luté,
ENCYCLOPÈniE CHIMIQUE.
Quciquelois on liiisse louUiUour une ouverture pour permettre à l’air d’entrer dans la ciiainbre sous l’effort d’appel produit par le jet de vapeur.
En Angleterre on emploie souvent un jet unicjuc en tète de la cliambre lorsque celle-ci n’a qu’une quarantaine de mètres de long: le jet est alors dirigé dans le sens de la marche des gaz, et est souvent placé dans le tuyau d’arrivée. En France on dispose généralement plusieurs jets transversaux ; mais en réalité cela ne paraît utile qu’avec des cb ambres de très grande longueur : il est clair qu’un seul jet est plus facile à régler que plusieurs.
La vapeur d’eau étant surtout utile aux points où la formation de l’acide est la plus considérable, c’est surtout en tête de la chambre principale qu’il est essentiel d’en introduire; quand il y a deux tambours en queue, souvent on n’en injecte pas dans le second.
Lorsqu’on n’injecte pas suffisamment de vapeur d’eau, il se forme sur les parois des cristaux des chambres qui finissent par tomber dans la cuvette, où ils se dissolvent dans l’acide sulfurique ])urement' et simplement.
Comme l’acide nitreux foit partie intégrante de ces cristaux, l’atmosplière des chambres s’appauvrit en produits nitreux, et la transformation de l’acide sulfureux se ralentit.
Un manque de vapeur d’eau s’accuse rapidement par une augmentation du degré de l’acide. Lorsque celui-ci atteint oü“B, il commence à faire effervescence avec l’eau, en dégageant des vapeurs rutilantes. Si la vapeur d’eau continue à ari’iver en quantité insuffisante, le degré de l’acide augmente de plus en plus, jusqu’à 60°, et l’absorption de produits nitreux devient très considérable.
Si l’on donne trop de vapeur, l’acide se dilue trop, et dissout encore de l’acide nitrique ; jiar suite, il attaque fortement le plomb dos chambres, et finit par absorber de l’acide sulfureux.
On peut craindre aussi dans ce cas une réduction des produits niireux à l’état de protoxyde d’azote et même d’azote.
En bonne marche, on doit trouver ([ue l’acide a 55“ Il en tète do la ebambre principale.
Nous avons déjà vu, à propos des matières premières, ijue, pour tirer des chambres de l’acide à 55“ B, il faut fournir tbéoriquement l'‘,875 de vapeur d’eau pour 1 kilogr. de soufre brûlé, et pratiquement environ 2'‘,020 pour tenir compte des condensations dans les tuyaux de conduite. Naturellement, quand l’usine est pourvue de tours de Glover, la quantité de vapeur à cmpi'unter aux générateurs est moindre, puisque la vapeur dégagée dans ces tours est restituée au mélange gazeux. Si l’acide entre à 55“ B dans la tour (70 S0''I10 pour 100) et en sort à 62“ B (81.7 de SO'’, 110 pour 100), pour 100 kilogr. d’acide introduit, il rentre en circulation IA 521 kilogr. d’eau. Quand tout l’acide passe par les tours de Glover, on restitue ainsi pour 1 kilogr. lie soufi e :