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H- ' HO

Les chaleurs spécifiques de ces mélanges, rapportées à peuvent être représentées par deux formules empiriques :

leur poids équivalent.

Elles sont applicables à un acide de la formule SO*H + nlIO,

la première depuis n — o

jusqu’à n =

la seconde depuis n = 5

et au-dessus.

Berthelot. Essai deMéc. chim., 1. 1, p. 496.

La grande affinité de l’acide sulfurique pour

l’eau en fait

un agent précieux pour

ACIDE SULFURIQUE MONOIIYDRATÉ. 155

la dessiccation dans les laboratoires. On dessèche les gaz en les faisant passer dans des tubes en U contenant de la pierre ponce imbibée d’acide sulfurique concentré -, l’évaporation dans le vide, en présence de l’acide sulfurique concentré, est une opération qui se répète fréquemment dans les laboratoires. Dans l’air humide, l’acide sulfurique peut doubler de poids dans l’espace de quelques jours. 11 enlève les éléments de l’eau à tous les composés organiques ; ainsi, sous son influence, l’alcool se transforme en éthylène, l’acide formique en oxy’de de carbone, la glycérine en acroléine. 11 arrive même souvent que les matières qu’on met en contact avec l’acide sulfurique sont complètement détruites ; tels sont le bois, le sucre et les corps de composition analogue; toussent rapidement carbonisés. 11 en est ainsi pour toutes les poussières végétales que l’air transporte au contact de cet acide ; ce qui explique pourquoi il brunit si rapidement au contact de l’air.

L’acide sulfurique, mis en contact avec la glace, la fond rapidement, en mélangeant quatre parties d’acide et une partie de glace à 0", on obtient même une élévation de température de 90". Dans certains cas cependant, on peut constater un grand abaissement de température ; c’est ce qui a lieu si la chaleur que prend la glace en fondant l’emporte sur la chaleur résultant de la combinaison de l’acide et de l’eau. Ainsi, en mélangeant quatre parties de glace et une d’acide, la température du mélange s’abaisse à — 20".

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES

L’acide sulfurique est un acide très énergique ; étendu de mille fois son poids d’eau, il rougit encore la teinture de tournesol; il est cependant sans action sur ce réactif à — 80", ainsi que sur les carbonates qu’il décompose si violemment à la température ordinaire.

Si l’on fait passer des vapeurs d’acide sulfurique dans un tube de porcelaine rempli de fragments de même matière et porté au rouge, ou bien dans un tube de platine incandescent, on recueille un mélange d’acide sulfureux, d’oxygène et d’eau; c’est le procédé de préparation industrielle de l’oxygène dû à MM. 11. Sainte- Claire Deville et Debray.

11 est réduit à chaud à l’état d’acide sulfureux par un grand nombre de corps. En faisant passer un courant d’hydrogène et de vapeurs d’acide sulfurique dans un tube de porcelaine porté au rouge, il se produit de la vapeur d’eau, ainsi que de l’acide sulfureux ou du soufre suivant que l’acide ou l’hydrogène sont en excès ;

SOMIO -P H =S0^-l- 2110 SOMIO -f oH = S -I- 4HO

Si la température du tube est inférieure à celle à laquelle l’hydrogène sulfuré se décompose, on peut même obtenir ce gaz parmi les produits de la décomposition ;

SOSHO -t- 4H = HS -H 4HO

La réduction de l’acide sulfurique par l’hydrogène commence à une température peu élevée.

Nous avons vu que les réactions du soufre et du cliarbon sur l’acide sulfurique fournissent des procédés de préparation de l’acide sulfureux.

Le phosphore se comporte d’une manière analogue : sous l’action de la chaleur ou a la réaction suivante :

Ph + 5 (SOMIO) = 5 SO^ + PHO%51IO + 2110

Dans la vapeur d’acide sulfurique, le phosphore prend feu et mot du soufre en liberté.

Tous les métaux qui ne décomposent pasl’eau en présence des acides, comme l’argent, le mercure, le cuivre et le plomb, donnent de l’acide sulfureux quand on les chauffe avec l’acide sulfurique concentré. Le zinc, le fer et les métaux analogues, donnent à froid de l’hydrogène provenani; de la décomposition de l’eau; sous l’action de la chaleur, ces mêmes métaux réduisent l’acide sulfurique à l’état d’acide sulfureux, mais il se dégage encore de l’hydrogène qui réduit l’acide sulfureux en mettant du soufre en liberté:

SO' -t- 211 = S -h 2110

L’acide sulfurique est sans action sur l’or et le platine.

A la température ordinaire ou avec l’intervention de la chaleur, l’acide sulfurique décompose presque tous les sels autres que les sulfates ; il met en liberté l’acide et se combine avec la base. 11 transforme en sulfates les principaux peroxydes métalliques tels que les bioxydes de manganèse, de plomb, de baryum, les acides manganique, chromique, ferrique et leurs sels; toutes ces réactions sont fréquemment utilisées pour produire des phénomènes d’oxydation.

Composition. — La détermination des quantités relatives de soufre et d’oxygène qui forment l’acide sulfurique anhydre a été indiquée plus haut; reste à iaire connaître le procédé qui permet de doser l’eau dans un acide sulfurique hydraté .

Pour cela, on verse un certain poids de cet acide sur un excès connu d’oxyde de plomb ; on évapore, on calcine et on pèse le résidu. La différence entre le poids ainsi obtenu, et la somme des poids de l’acide sulfurique et de l’oxygène de plomb, représentent le poids de l’eau.

État naturel. — L’eau de certains torrents, prenant naissance à proximité des volcans, contient de l’acide sulfurique et de l’acide chlorhydrique libres.

Telle est par exemple l’eau de Pasambiô, la rivière du Vinaigre (Rio Vinagre qui descend du Puraeé, volcan des Cor’dillères. — Mariano de Rivero, en 1823, y a trouvé, par litre :

Acide sulfurique . l8‘’,08

Acide chlorhydrique .... 1 C4

M. Boussingault y a trouvé plus tard sensiblement les mêmes proportions de ces deux acides. Comme le Rio Vinagre débite en 24 heures 34,785 mètres cubes d’eau, ce savant chimiste en conclut que la rivière acide peut entraîner :

Par jour Par an

SO“,HO . 46,873 kilogr. 17 millions de kilogr.

HCl . 42.150 » 15 1 ..

ACIDE SÜLFURIÜDE MONOHYDRATÉ. 157

M. Boussingault a retrouvé cès deux acides libres dans les cours des torrents et des lagunes qui avoisinent les principaux volcans de cette région. {Ann. de chim. el de phys. (5), t. Il, p- 76).

Indépendamment des régions volcaniques des Cordillères, M.M. Dolfus et de Mont- Sei’rat ont retrouvé l’acide sulfurique dans des boues chaudes et fluides provenant des volcans de Ghinameca, de San Yincente, de SantaAnna, dans les républiques de Guatemala et de San Salvador.

Vauquelin avait trouvé l’acide sulfurique mêlé à l’acide chlorhydrique dans de l’eau puisée par Leschinaut au sommet de l'Idgeng, l’un des volcans de Java, à 1950 mètres d’altitude; cette eau résulte de la condensation de vapeurs acides qui s’échappent des bouches du volcan; elle attaque les laves, en produisant des sulfates de chaux, de potasse, de fer et de l’alun.

Ainsi, dans l’Inde comme dans l’Amérique méridionale, l’acide sulfurique des sources chaudes sortant des volcans suffît pour acidifier des torrents et des lacs importants. Cette production en aussi grande quantité ne saurait être attribuée à la combustion lente de l’acide sulfhydrique dans les fumeroles ; il ne s’en formerait ainsi que très peu, qui serait absorbé par les roches pour former des sulfates.

Pour expliquer la présence de l’acide sulfurique, mêlé à l’acide chlorhydrique, M. Boussingault remarqueque dans les foyers volcaniques, des sels alcalins (sulfates, chlorures), de la vapeur acqueuse et des silicates acides se trouvent en présence à température élevée. Or Gay-Lussac et Thénard ont démontré que le sel marin, mélangé à de la silice, est décomposé au rouge par la vapeur d’eau ; il se dégage de l’acide chlorhydrique.

M. Boussingault a produit ce même acide en faisant passer un courant de vapeur d’eau sur des trachytes, des pyroxènes ou des feldspaths, mélangés avec du sel marin et portés au rouge cerise dans un tube de platine. Les roches siliceuses et la silice libre se comportent donc de la même manière vis-à-vis du sel marin en présence de la vapeur d’eau : il y a formation d’acide chlorhydrique.

M. Boussingault a également montré qu’au rouge cerise l’acide chlorhydrique décompose les sulfates de baryte, de strontiane, de chaux, de soude et de potasse .

Il en résulte qu’aux températures voisines du rouge cerise, c’est-à-dire vers 900“, la vapeur d’eau, en agissant sur un mélange de chlorures et de sulfates en contact avec une roche l’iche en silice, développe de l’acide chlorhydrique et de l’acide sulfurique .

C’est là l’origine du mélange de ces deux acides libres dans les eaux qui sont situées dans le voisinage des volcans. [Boussingault. Ann. de chim. et de phys. (5), t. II, p. 150).

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