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IV. ACIDE PENTATHIONIQUE

Vackenroder a, le premier, admis la formation d’un tel composé, dans la réaction de l’acide sulfhydrique sur l’acide sulfureux en dissolution dans l’eau [Annales de Chimie el de Physique (3), tome XX, page 144).

Dans la réaction de ces deux corps, on obtient un liquide laiteuse, jaunâtre, opaque; il tient du soufre en suspension et ne le laisse déposer que très incomplètement ; il passe au travers des filtres doubles ou triples sans perdre son aspect laiteux. Mais on précipite complètement le soufre, sous forme de grands flocons, en ajoutant à la liqueur acide une solution de sel alcalin neutre ou de chlorure de sodium ; c’est pour cela que la liqueur devient claire et incolore aussitôt qu’on la neutralise par un alcali, par une terre alcaline ou par les carbonates de ces bases. — D’après Vakenroder, l’acide pentathionique se forme d’après l’équation.

5SO= 4- fins = S’O', HO -(- 4110 -t- 3S

Toutefois ce chimiste n’a fait aucune tentative pour doser l’oxygène; il s’est contenté de déterminations fort peu concordantes pour le dosage du soufre.

Pour avoir l’acide pentatliionique pur en dissolution, il convient d’y laisser séjourner des lames de cuivre qui absorbent l’hydrogène sulfuré ; on produit simultanément le dépôt du soufre en suspension et la destruction do l’hydrogène sulfuré en agitant la liqueur laiteuse avec de la tournure de cuivre qu’on a chauffée quelque temps au contact de l’air pour l’oxyder.

Le rendement le meilleur s’obtient en faisant passer alternativement dans l’eau des courants des deux gaz sulfureux et sulfhydrique, jusqu’à ce que le soufre déposé forme au fond du vase un magma épais ; on fait ensuite digérer le liquide filtré avec un peu de carbonate de baryte récemment précipité; la liqueur peut être concentrée au bain-marie jusqu’à ce qu’elle ait pour densité 1,5; mais cette densité peut atteindre 1,6 si la concentration s’effectue dans le vide.

Fordos et Gélis ont signalé la présence de l’acide pentatliionique dans la réaction fort complexe du perchlorure de soufre sur l’acide sulfureux en dissolution dans l’eau. {Annales de Chimie et de Physique (5), tome XXII, page 74.)

La décomposition des hyposullites par les acides ne donne pas uniquement du soufre et de l’acide sulfureux ; il y a de plus production d’acide pentatliionique. On peut même, en choisissant convenablement l’hyposulfite et l’acide, obtenir l’acide pentatliionique pur; c'est ce qu'on réalise en décomposant ITiyposulfîte de baryte par l’acide sulfurique dilué. (Chancel et Diacon.)

La dissolution d’acide pentathionique est incolore et inodore; elle possède un goût aigre, astringent et amer en même temps; elle rougit fortement la teinture de tournesol. Soumise à l’action d’une forte chaleur, elle dégage d'abord de l’hydrogène sulfuré, puis, de l’acide sulfureux ; du soufre est mis en liberté, et la liqueur contient de l’acide sulfurique. Le chlore, l’acide liypochloreux et l’acide nitrique la convertissent en acide sulfurique; elle n’est pas altérée par les acides chlorhydrique et sulfurique étendus ; par l’ébullition avec la potasse elle donne du sulfate, de l’hyposulfite et du sulfure de potassium.

Les réactions qui caractérisent cet acide sont : un dépôt de soufre par la potasse et la présence du plomb dans la dissolution après qu’elle a été chauffée avec du bioxyde de plomb.

Dans les pentathionates, comme dans les tétratbionates, le monosulfure de potassium détermine un précipité de soufre' avec formation d’hyposulfite ; le nitrate mercureux donne des précipités jaunes dans ces deux espèces de sels. (Chancel et Diacon.) ,

L’acide pentathionique étendu peut être neutralisé par les carbonates de baryte et de plomb ; les sels ainsi obtenus sont insolubles dans l’alcool.

Le pentathionate de baryte a été obtenu à l’état cristallisé sous forme de prismes à base carrée; il est très soluble dans l’eau ; l'alcool le précipite de sa solution en aiguilles soyeuses et transparentes qui se transforment dans la liqueur en cristaux volumineux. La dissolution dans l’oau se décompose par l’évaporation, elle laisse ensuite déposer des cristaux prismatiques, qui paraissent être une combinaison de tétrathionate et de pentathionate de baryte.

Malgré la précision avec laquelle toutes ces propriétés ont été décrites, l’existence de l’acide pentathionique est encore mise en doute par quelques chimistes.

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