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OXYDE DE SÉLÉNIUM

SeO ^ 47,75

Berzélius a attribué à la présence de cet oxyde l’odeur de raifort qui se développe lorsqu’on chauffe le sélénium dans un ballon plein d’air. En faisant passer cet air dans l’eau, ce liquide acquiert l’odeur de raifort, et la conserve même après que l’on a précipité l'acide sélénieux par l’acidc sulfhydrique.

D’après Berzélius, cet oxyde prendrait encore naissance en chauffant un mélange de sélénium et d’acide sélénieux; en dissolvant incomplètement du sulfure de sélénium dans l’eau régale; l’oxyde de sélénium sc formerait encore en même temps que du sélénium au fur et à mesure de la réduction de l’acidc sélénieux par le soufre. Ce composé n’ayant été caractérisé que par son odeur, son existence est encore fort hypothétique.

ACIDE SÉLÉNIEUX.

SeO" = 55,73

Prépabatio.n. — 1. Lorsqu’on fait passer un courant d’oxygène sur du sélénium fondu dans un ballon, l’acide sélénieux se suldimc.

2. Le sélénium se dissout difficilement dans l’acide nitrique, même à l’ébullition ; néanmoins, par refroidissement, la liqueur dépose de longs prismes striés d'acide sélénieux hydraté. Il se dissout plus aisément dans l’eau régale; par l’évaporation, le chlore et l’acide nitrique s’échappent d’abord, l’acide sélénieux reste sous forme d’une masse blanche qui se sublime sans fondre un peu au-dessous du point d’ébullition de l’acide sulfurique.

Pour être sûr que l’acide sélénieux est pur, il est bon de le redissoudre dans l’eau, y ajouter de l’eau de baiy^te, de manière à précipiter l’acide sulfurique qu’il pourrait contenir, évaporer à sec et sublimer.

PuopiuÉTÉs. — L’acide sélénieux, à l’état de vapeur, est d’une couleur jaune, plus pâle que celle du sélénium gazeux. Cette vapeur donne un spectre d’absorption qui consiste en un système de raies très-nettes dans le bleu et dans le violet. 11 ne s’en trouve pas dans la région la moins réfrangible. Ce spectre a été étudié par M. Cernez en employant la même disposition que pour le soufre et le sélénium (G. fl.,t. LXXIV, p. 704). Elle se condense sur une paroi froide en longues aiguilles d’un grand éclat qui peuvent acquérir plusieurs centimètres de longueur.

Au contact de Pair, ces cristaux deviennent mats ; ils absorbent la vapeur d’eau sans toutefois s’humidifier, mais ils deviennent adhérents les uns aux autres; ils ont une saveur acide franche qui laisse une sensation de chaleur brûlante sur la langue; ils sont solubles dans l’eau en toute proportion; leur solution dépose, par un refroidissement rapide, de petits grains cristallins ; mais si le refroidissement est lent, elle dépose des prismes slriés d’acide hydraté, S'e0^I10.

La solution d’acide sélénieux additionnée d’acide chlorhydrique, est réduite complètement à chaud par l’acide sulfureux ou par les bisulfites; elle dépose du sélénium rouge amorphe. Tous les métaux, à l’exception de l’or, du platine et du palladium, opèrent une réduction analogue ; il en est de môme du chlorure stanneux, mais non du sulfate ferreux. L’acide sulfhydrique produit un précipité jaune qui, d’après Berzélius, est un sulfure ayant pour formule SeS^, mais que Rose considère comme un mélange de soufre et de sélénium.

L’acide sélénieux est transformé en acide sélénique par tous les agents oxydants, notamment par le chlore en présence de l’eau, le bichromate île potasse, les peroxydes de manganèse et de plomb, le nitre en fusion, etc., etc.

COMBIÎiAlSOXS DE l’aCIDE SÉLÉMIEtIX AVEC LES HYDRACIDES.

1. Adde sélénieux et iidde chlorhydrique. — Ces deux composés réagissent l’un sur l’autre avec dégagement de chaleur; ils donnent naissance à deux composés :

1“ SeO®,HCh qui est un liquide ambré ;

2“ SeO®,2IIGl, masse cristalline jaune clair.

2. Acide sélénieux et acide bromhydrique. — L’acide sélénieux absorbe 1 acide broihhydrique sec avec une grande énergie ; pour éviter toute décomposition, il est

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donc essentiel de réaliser la combinaison à basse température; ils donnent naissance à deux composés :

1“ SeO®,2HBr, masse de paillettes brillantes, gris d’acier.

Ce composé n’a pas de tension, appréciable à o5"; à une plus haute température, il se décompose en donnant du sélénium, du brome et de l’eau. Porté à 120“, dans un tube à deux branches, il se condense dans la branche refroidie à 20“, de l’eau chargée d’acide bromhydrique, du brome et un peu de sélénium entraîné; en même temps, il se dépose de l’anhydride sélénieux sur les parois. Le brome et le sélénium, devenus libres, se combinent lentement en donnant de beaux prismes transparents, rouge rubis, de bromure de sélénium.

2° 2SeO%ullBr, paillettes brunes et brillantes obtenues en faisant absorber de l’acide bromhydrique au composé précédent maintenu à — 15". Ces cristaux sont décomposables au-dessus de 65", en donnant du brome, du sélénium et de l’eau ; mais à des températures inférieures, il perd seulement llBr et laisse SeO,4IlBr.

Les tensions de dissociation des deux premiers et du dernier de ces composés ont été observées aux moyen de l’appareil décrit tome 1, page 595 ; les résultats sont les suivants :

SeO^llCl

SeOS2HCl

2Se02,5IiBr-

Temp.

l’rcssioi

S Temp. Pressio

ns

Temp

Pressions

L’acide sélénieux et

l’acide iodliydrique

réagissent

l’un

sur l’autre, même

à — 10", secs ou en présence de l’eau. 11 se produit de l’eau et le sélénium et l’iode sont mis en liberté.

L’acide sélénieux se combine également avec dégagement de chaleur aux acides cyanhydrique et fluorhydrique. (A. Ditte, C. R., t. LXXXIII, p. 56 et 253.)

ACIDE SËLËNIQUE.

SeOMlO = 72,75

Ce composé, découvert par Mitsclierlich en 1827, n’est pas connü à l’état anhydfe.

• Prépar.4.tiox. — 1. On peut le préparer en traitant lé sélénium ou l’acide sélénieux par le chlore en présence de l’eau.

JiC sélénium, réduit en poudre et humecté d’eau, est d'abord trauslormé par le chlore en chlorure de sélénium ; on étend ensuite cette dissolution de beaucoup d’eau, et on y fait encore passer du chlore jusqu’à refus ; on obtient ainsi un mélange d’acide chlorhydrique et d’acide sélénique. On arrive au même résultat en traitant par le chlore une dissolution aqueuse d’acide sélénieux.

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