‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e sectionChapitre 79 sur 166 · COMBINAISONS OXYGÉNÉES DU TELLURE · texte numérisé non relu

COMBINAISONS OXYGÉNÉES DU TELLURE

Ces combinaisons sont au nombre de deux: l’acide tellureux, Tc0^ correspondant aux acides sulfureux et sélénioux ; l’acide tellurique, ïeO"', correspondant à l'acide sulfurkjue anhydre; ces combinaisons sont connues à l’état anhydre et à l’état hydraté.

ACIDE TELLUREUX.

Te0^=80.

1 . Acide anhydre. — Cet acide s’obtient en chauffimt le tellure à l’air libre.

TELLURE

en dissolvant le tellure dans l’acide nitrique, ou en précipitant le chlorure de tellure par l’eau.

Le tellure réduit en pondre fine se dissout avec violence dans l'acide nitrique de densité 1,25; néanmoins, pour que la dissolution soit complète, il convient de remuer fréquemment la liqueur pour séparer le tellure inattaqué des grains d’acide tellureux qui l'empàtent. Abandonnée à elle mèine, cette dissolution laisse déposer au bout de quelques heures, sous forme de grains cristallins, l’acide tellureux anhydre. On obtient cet acide à l’état de pureté en évaporant l’acide nitrique à 100°.

L’acide tellureux anhydre s’obtient en cristaux volumineux lorsqu’on précipite par l’eau bouillante une dissolution également bouillante de chlorure de tellure dans l’acide chlorhydrique.

Ce composé est blanc à la température ordinaire, il devient jaune citron sous l’action de la chaleur, et repasse au blanc par refroidissement; il est très peu soluble dans l’eau, et sa dissolution ne rougit pas le tournesol.

Il fond au rouge naissant, et donne un liquide transparent jaune foncé; pendant sa solidification, ce liquide dégage assez de chaleur pour que la masse devienne incandescente; si on prend les précautions nécessaires pour que ce refroidissement soit très lent, l’acide se solidifie sous forme de cristaux volumineux, demi-transparents, indéterminables.

L’acide tellureux est moins volatil que le tellure ; on peut le fondre sans perte sensible dans un creuset couvert; on le sublime aisément dans un courant d’air atmosphérique, il se dépose alors en poudre, ou en très petits cristaux.

L’hydrogène seul ne le réduit que très difficilement même à une température élevée; dans ces conditions l’acide sélénieux est aisément réduit, de sorte que l’emploi d’un courant d’hydrogène permet de séparer le sélénium du tellure lorsque ces deux corps sont à l’état d’oxyde.

Le charbon réduit facilement l’acide tellureux, mais le tellure reste disséminé dans la masse ; pour l’isoler facilement on peut faire passer un courant d’hydrogène sur le mélange d’acide tellureux et de charbon.

L’acide tellureux anhydre est peu soluble dans les acides ; il n’est dissout qu’en petite quantité par l’ammoniaque ou les carbonates alcalins, à moins qu’on ne le fasse bouillir longtemps avec ces corps. La potasse et la soude caustique le dissolvent rapidement et le transforment en telluriles.

Acide hydraté. — Cet acide s’obtient en précipitant par l’eau froide, la dissolution récemment faite du tellure dans l’acide nitrique, ou la dissolution du chlorure de tellure dans l’acide chlorhydrique.

Berzélius recommande de fondre l’acide tellureux avec son poids de carbonate de potasse et de chauffer tant qu’il se dégage de l’acide carbonique. Le tellurite de potassium, dissous dans l’eau et additionné d’acide nitrique jusqu’à réaction acide, donne un précipité blanc et volumineux qu’on lave sur un filtre à l’eau glacée et qu’on laisse sécher librement à l’air.

Quand on essaye de le dessécher sous l’action de la chaleur, il abandonne de 1 eau et donne de l'acide anhydre en grains.

L’acide tellureux hydraté est une masse légère, blanche, terreuse, d’une saveur âcre et métallique.

2ô2 ENCYCLOPÉniF. CHIMIQUE.

Il est très soluble dans reaii, et la dissolution rougit le papier do tournesolchauffée au delà de 40“, elle laisse déposer l’acide anhydre.

L’acide tellureux hydraté est très solul)lc dans les acides, dans l’ammoniaque causti(juc et dans les carbonates alcalins, ces carbonates sont transformés alors en bicarbonates. La dissolution dans l’acide nitrique laisse déposer facilement l'acide anhydre.

COMMXAISOXS DE l’aCIDE TEI.I.UUEUX AVEC l.ES HÏDRACIDES.

1. Acide chlorhydrique. — L’acide tellureux, amorphe ou cristallisé, absorbe l’acide chlorhydrique à 10'’, et forme une combinaison qui a pour formule TeO^SHCl.

Une légère élévation de température détruit ce composé ; il abandonne de l’acide chlorhydrique et laisse une nouvelle combinaison qui a pour formule TeO^HCl.

Si l’on élève progressivement la température de cette dernière, on constate qu’elle ne subit aucune transformation à 90® ; mais à une température plus élevée, elle abandonne de l'eau et donne naissance à un composé anhydre, fondu, ayant pour formule Te-O^Cl-.

‘i(TeOMICl) = TeWU + lUœ.

Enfin, soumis à une température encore plus élevée, l’oxychlorure Te-O-CU se décompose à son tour ; il donne naissance à une vapeur rouge qui se condense sur les parois sous forme de dépôt blanc cristallin et laisse comme résidu de l’acide tellureux :

2TeWCU =: Te^Cd‘ -H 2TeOL

2. Acide hromhydrique. — L’acide tellureux absorbe également l’acide bronibydrique à la température ordinaire, avec dégagement de chaleur; les petites paillettes d’acide tellureux se colorent fortement en brun. La quantité d’acide brombydrique absorbée à la température ordinaire est un peu supérieure à celle qui correspond à un équivalent de ce gaz; mais l’absorption, qui était alors à peu près nulle, recommence quand on abaisse la temp'érature.

A lo®, la matière se présente sous forme de petites paillettes cristallisées d’un brun foncé, presque noires, agglomérées entre elles; lorsqu’elle est saturée d’acide brombydrique, elle a pour formule 2(ïeO^^)IlBr).

A mesure que sa température s’élève, cette combinaison abandonne de l’acide brombydrique; en la maintenant quelque temps à la température ordinaire ou plusrapidement en la chauffant à 50® ; elle se transforme en une nouvelle combinaison stable à cette température, qui a pour formule TeO%llBr.

Portée à 100®, elle se décompose en eau et oxybromure de tellure Te^O^BrA — Ce nouveau composé fond, quand on le chauffe, en un liquide très foncé dont les vapeurs sont presque noires; le liquide se prend par refroidissement en longues aiguilles brunes. 11 se décompose, comme son homologue chloré, sous l’action d’une forte chaleur, en acide tellureux et bromure de tellure.

Les acides iodbydrique et fluorhydrique agissent aussi sur l’acide tellureux avec dégagement de chaleur; les combinaisons coiTcspondantes n’ont pas été étudiées. (Bitte, Ann. de Chim. et de Phys. (5), t. X, p. 82.)

TELLURE

Page 1