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ACIDE TELLURIQUE

ÏW=:88.

Préparation. — Ce composé se forme en très faible quantité quand on dissout le tellure dans l’eau régale.

1. Pour l’obtenir en assez grande quanlité, on peut, comme l’a indiqué Bei’zélius, préparer d’abord le tellurate de potasse. On peut, pour cela, fondre l’acide tellureux à une chaleur très modérée avec de l’azotate de potasse ; mais il vaut mieux employer le procédé suivant :

On prépare d’abord le telluritc de potassium en fondant l’acide tellureux avec un poids égal au sien de carbonate de potasse; on le dissout dans l’eau et, après avoir ajouté à la dissolution un poids d’hydrate de potasse égal à celui du carbonate employé, on la sature par un courant de cldore. Lorsque le précipité qui apparaît pondant l’opération est redissous, le tellurite est transformé en tellurate.

La dissolution ayant été saturée d’ammoniaque, on y ajoute du chlorure de baryum, jusqu’à cessation du précipité du tellurate de baryte; si la liqueur ne contient plus d'acide tellureux, le précipité se rassemble rapidement. On le filtre, et on le lave à l’eau froide ; il convient de concentrer les eaux de lavage, pour y recberclier un peu de tellurate de baryte qui s’est dissous pendant le lavage.

Après avoir desséché le précipité, on le décompose par l’acide sulfurique étendu,

1 partie d’acide et 4 parties d’eau pour 4 parties du précipité. La dissolution, filtrée et concentrée à l’état visqueux, laisse déposer l’acide tellurique en cristaux volumineux.

Pour les débarrasser de l’acide sulfurique en excès, on les réduit en poudre, et on les lave à l’alcool concentré; on les redissout ensuite pour les faire cristalliser de nouveau.

2. On arrive beaucoup plus rapidement à obtenir de l’acide tellurique par le procédé suivant, dù à Brecker. [BttU. Soc. chim., tome XXYl, p. 341.)

On ajoute, par petites portions, du tellure dans un ballon contenant de l’acide nitrique concentré et de l’oxyde puce de plomb en excès; quand la dissolution du tellure est achevée, on porte la liqueur à l’ébullition pendant une heure environ. Après l’avoir laissée refroidir, on l’étend d’eau pour diluer l’acide nitrique et on la filtre. On précipite ensuite le plomb par l’acide sulfurique, on concentre la liqueur filtrée jusqu’à consistance sirupeuse ; elle dépose des cristaux volumineux d’acide tellurique qu’on débarrasse de l’acide sulfurique par l’aeool concentré comme ci-dessus.

Propriétés. — Les cristaux d’acide tellurique ont la forme de prisme hexagonaux, terminés par des pyramides à 4 faces obtuses; ils sont souvent groupés en croix, ou présentent de nombreuses cannelures comme le salpêtre.

Des trois équivalents d’eau qu’ils contiennent, deux sont chassés à 100»; l’hy-

(Irale Te0%110, ainsi obtenu, est décomposé au rouge naissant et donne ainsi naissance à l’acide tellurique anhydre.

L’hydrate TeO%3lIO se dissout en grande quantité, mais avec lenteur dans l’eau froide, l’eau bouillante le dissout en toute proportion ; il est soluble dans l’alcool aqueux, insoluble dans l’alcool anhydre, et indécomposable par ce corps, même à l’ébullition.

L’hydrate TeO%HO, beaucoup plus stable que le précédent, ne se dissout dans l’eau bouillante qu’au bout d’un temps très long; il repasse alors à l’état d’acide trihydraté.

L’acide tellurique anhydre, obtenu par déshydratation, au rouge, de l’hydrate précédent, conserve la forme des cristaux qui lui ont donné naissance; sa couleur est jaune orangé.

11 est complètement insoluble dans l’eau froide ou bouillante, dans l’acide chlorhydrique concentré et froid, et dans l’acide nitrique bouillant. La potasse caustique bouillante le transforme en un tellurate particulier insoluble dans la liqueur potassique.

Chauffé avec l’acide chlorhydrique concentré, l’acide jaune se dissout à l’état d’acide tellureux en dégageant du chlore.

A une température élevée, mais inférieure au point de fusion de l’acide tellureux, il dégage de l’oxygène, et se transforme en ce [dernier composé. La température, à laquelle l’acide hydraté perd scs dernières traces d’eau, est très voisine de celle à laquelle l’acide anhydre se décompose. De sorte que l’acide anhydre contient fréquemment de l’acide tellureux; on l’en débarrasse en le traitant par l’acide chlorhydrique froid.

ACIDE TELLURHYDRIQUE.

On prépare l’acide tellurhydrique en traitant par l’acide chlorhydrique du tellurure de zinc obtenu en combinant directement le tellure et le zinc sous l’action de la chaleur :

ZnTe + HCl=:ZnGl+HTc.

L’odeur du gaz ainsi obtenu rappelle celle de l’hydrogène sulfuré ; il brûle à l’air avec une flamme bleue. Il est assez soluble dans l’eau, mais sa dissolution se décompose à l’air et dépose du tellure ; elle précipite les dissolutions métalliques en donnant des tcllurures insolubles ; avec les alcalis et les terres alcalines, elle donne des tellurures solul)lcs.

L’acide tellurhydrique jouit de propriétés analogues à l’acide sélénhydrique ; d peut, comme ce dernier, prendre directement naissance par l’union de l’hydrogène avec la vapeur de tellure, et se décomposer à une température plus basse que celle de sa formation. Aussi, quand on enferme dans un tube scellé de l’hydrogène et du tellure, et que l’on chauffe vers 600 degrés ou au-dessus la partie du tube qui contient le métal, de l’acide tellurhydrique se produit; il se décompose dans les parties plus froides, et le tellure provenant de cette dissociation se dépose sur les parois du tube. Au point où la température de ces dernières est inférieure à 500 degrés, il prend l’état solide, et se dépose en belles aiguilles blanches éclatantes qui finissent par constituer un anneau tout à fait semblable à celui que fournit le sélénium (Ditte).

TELLURE

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