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BOUE

Mais ce qui donne un intérêt tout particulier à cette combinaison de bore et d'azote, c’est qu’elle peut être obtenue par la réaction directe des éléments.

IS'ous avons vu que IL Sain te-Claire Deville et Wôhler avaient pu obtenir la transformation du bore amorphe en bore cristallisé en braquant un creuset de terre avec du bore amorphe, y introduisant un morceau d’aluminium et chauffant à une température élevée. Quand on fait cette expérience eu mettant le creuset dans un creuset brasqué au charbon pour empêcher l’accès de l’oxygène de l’air, ou s’aperçoit cependant que le bore non transformé a subi une altération profonde. 11 est devenu blanc et, traité par la potasse fondue, il laisse dégager de grandes quantités d’ammoniaque. Le bore a en effet absorbé l’azote de l’air.

Et en eftet le bore ou un mélange d’acide borique et de charbon fortement chauffés dans des appareils en charbon de cornue, au milieu d’un courant d’azote, se tiansforment en azoture. La combinaison prend naissance toutes les fois qu’on porte à une température élevée longtemps soutenue l’acide borique en présence d’un métal réducteur, l’aluminium par exemple. Dans la préparation du bore cristallisé par-la méthode de H. Deville et Wôhler, on observe fréquemment en effetla formation de l’azoture.

PROPRIÉTÉS

L’azoture de bore est une poudre blanche, très légère, amorphe. Frotté sur la peau, il se comporte comme le talc et lui donne du poli.

Chauffé dans un creuset de porcelaine, entouré de poussier de charbon et placé dans un creuset de terre, à la température de fusion du nickel soutenue pendant une heure, l’azoture de bore n’a subi aucune modification, aucun indice de fusion et nulle perte d’azote. Chauffé au chalumeau dans la flamme oxydante, il donne une lueur brillante, bleu verdâtre, en s’oxydant partiellement mais lentement. Sous l’action d’un jet d’oxygène dirigé dans la flamme d’une lampe à alcool, il brûle promptement avec une flamme verdâtre, en donnant de l’acide borique. Cependant on ne réussit pas à l’oxyder quand on le chauffe dans un petit creuset de platine dans lequel on fait arriver un courant d’oxygène. Mais si on le chauffe dans un courant de chlore, il brûle avec éclat, surtout si la matière est bien pure. L’azoture de bore réduit par la chaleur les oxydes métalliques ; facilement réductibles, avec incandescence, en dégageant du bioxyde d’azote et des vapeurs nitreuses. Chauffé à 200“ avec de l’eau, en tube scellé, il donne de l’ammoniaque et de l’acide borique; mais l’attaque est lente. L’acide sulfurique concentré ne réagit que très difficilement ; si on porte l’acide sulfurique à l’ébullition et qu’on prolonge l’action sur l’azoture, il se forme de l’ammoniaque et de l’acide borique. L’acide fluorhydrique fumant attaque peu à peu l’azoture et il se forme du fluoborate d’ammoniaque, mais il résiste à l’action des autres acides même concentrés et des solutions alcalines. La potasse fondue l’attaque avec énergie et il se dégage de l’ammoniaque.

L’azoture de bore calciné avec du carbonate de soude sec se transforme en borate et en cyanate. 11 décompose donc l'acide carbonique et le charbon réduit s’unit à l’azote pour former du cyanogène. Berzelius avait déjà constaté d’ailleurs le déplacement du carbone de l’acide cai’bonique par le bore en jirésence des alcalis :

BoAz -1- 2K0,G=0* = KO,BoO'> -f KO,G’AzO.

Cette réaction se produit facilement, en chauffant à une température peu élevée, dans un creuset de platine, l’azoture et le carbonate de potasse employés dans les proportions indiquées par la formule ci-dessus. Le mélange fond à une température inférieure à, la température de fusion du carbonate et se transforme en un liquide transparent qui, par refroidissement, se prend en une masse blanche, cristalline et se dissout dans l’eau sans résidu. Si l’azoture de bore est employé en excès, il se forme en outre du cyanure de potassium.

ANALYSE

Il est très difficile d’obtenir de l’azoture de bore pur ; le plus souvent il retient de l’acide borique, et les divers échantillons ne présentent pas une composition bien constante. La teneur en azote est déterminée par la calcination de la matière avec de la chaux sodée, à laquelle on ajoute un petit excès de soude de façon à rendre la matière légèrement fusible. Quatre analyses faites sur des substances provenant de préparations difféi-entes ont donné

pour 100 d’azote.

Pour la détermination directe du bore, Wôhler a oxydé l’azoture par un poids connu de nitrate de plomb sec et pur. Une analyse complète a donné :

Bo. 42,66

Az. 51,86

Perte. 5,48

Cette perte ne peut être due qu’à de l’oxygène, existant dans la matière à l’état d’acide borique. La composition centésimale ci-dessus conduirait à la formule BoC)“-|- 14BoÂz,

formule peu admissible et qui changerait d’ailleurs d’un échantillon à l’autre. Il paraît plus vraisemblable d’admettre que l’acide borique existe à l’état de mélange, qu’il est mécaniquement interposé, et que les lavages destinés à purifier la matière, ne réussissent pas <à l’enlever complètement. En calculant le poids de bore combiné à l’oxygène, on a pour la combinaison du bore et de l’azote la composition

suivante :

Calculé Trouve.

Bo. Il 45,76 44,2

Az. 14 56,24 55,8

BÜRE,

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