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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIIVIIQUES

Le liquide acide obtenu en saturant l’eau par le fluorure de bore est un liquide incolore, sirupeux comme l’acide sulfurique concentré, fumant à l’air; sa densité est 1,77. L’acide obtenu en dissolvant l’acide borique dans l’acide fliioi’hydrique et concentrant, présente une densité plus faible, 1,5842.

Chauffé, le liquide laisse dégager du fluorure de bore, puis distille sans altération. Lorsqu’on étend d’eau l’acide concentré, il laisse déposer de l’acide borique cristallisé et le liquide renferme de l’acide hydrofluoborique :

4(BoO%HO,3HFl) = 3(HFl,BoFl“) -1- BoO^HO + 611=0^

Saturé par les bases, le liquide acide donne des produits cristallisés auxquels on a attribué la formule BoO^,MO,3MFl, et que l’on obtient également en combinant directement les fluorures et les borates en proportion convenable.

L’acide fluoborique ne présente cependant pas les caractères d’un composé défini et ces sels peuvent être envisagés comme des mélanges de fluorures et de borates. C’est ce que M. Basarow (Bulletin de la Société chimique, XXII, p. 8, 1874) a cherché à établir.

L’acide fluoborique était obtenu en saturant l’eau par le fluorure de bore, dans un vase de platine et le liquide acide soumis à la distillation fractionnée, dans une cornue de platine, chauffée au bain d’iiuile avec thermomètre, à des températures croissantes.

A 140“ il se dégage du fluorure de bore : le liquide qui distille à 160“-170“ fume au contact de l’air, est épais comme du miel, densité 1,777 ; à 175“-18ü“, moins fumant, moins épais, densité 1,659; à 180“-18o“, moins fumant et moins épais encore, densité 1,657. A 200“ à peine fumant, densité 1,577. Tous ces liquides, sauf le dernier, donnaient avec l’eau un précipité d’acide borique ; il suffisait d’ailleurs, pour que cette décomposition eût lieu, que les premières fractions eussent le contact de 1 air humide. Distillés avec de l’acide borique anhydre, les liquides les plus légers augmentaient de densité ; de 1,657 la densité s’est élevée, par exemple, à 1,717.

L’acide fluoborique peut donc être séparé par distillation en produits de densités différentes et il ne présente pas les caractères d’un composé défini.

BORE

Un liquide de densité 1,742 a élé analysé. Le bore a été déterminé sous forme d’hydrofluoborate de potasse, le fluor a été' dosé à l’état de fluorure de calcium. Pour déterminer l’eau, on a introduit une nacelle de platine avec de l’acide fluoxybofique dans un tube' rempli de chaux calcinée et on chauffait dans un courant d’air sec : l’eau a été recueillie dans un tube à chlorure de calcium taré.

La composition moyenne était :

Fluor. 47.0

Eau. 28,8

Un acide de composition BoO'’,tlO,3HFl exigerait :

Bore. 10,6

Fluor. 54,8

Eau. 54,6

La densité de vapeur prise par la méthode de Dumas à 228<' a donné le nombre 16,4 rapporté à l’hydrogène. Ce résultat ne peut être considéré comme exact, car la substance ne s’est pas complètement volatilisée et a laissé un résidu d’acide borique; il montre néanmoins que l’acide se dissocie par la chaleur.

L’étude des fluoborites a conduit M. Basarow {Deuts. Chem. Gesell. (1874). p. 1121) à admettre la non-existence de l’acide fluoborique. Par des cristallisations fractionnées, le sel de soude de Berzélius, NaO,BoO= + 3NaFl + 4110, se décompose en fluorure de sodium, borate de soude neutre et borax. M. Basarow n’a pu obtenir ni le sel d’argent, ni un éther.

L’acide fluoborique se comporte donc plutôt comme une dissolution d’acide borique dans l’acide hydrofluoborique. L’action exercée par l’eau sur le fluorure de bore serait alors comparable avec celle que ce liquide exerce sur le fluorure de silicium :

gSi^Fl* -h 2tP0^ = Si^O‘ -+- 2(SiW,211Fl),

4BoFP -f 2Il-’0^ = BoO‘“,110 + 3(HFl,BoFP).

Mais tandis que, dans le premier cas, la silice se précipite à l’état gélatineux, l’acide borique, dans le second cas, ne se précipite que si la liqueur est étendue, et reste dissous à la faveur d’un excès d’acide hydrofluoborique. A une température élevée l’acide borique et l'acide hydrofluoborique réagissent inversement et le tout se volatilise.

L’acide fluoborique ne différerait d’ailleurs que par les éléments de l’eau d'un mélange d’acide borique et d’acide hydrofluoborique ;

4(Bo0M10,31IFl) = BoOMIO + 5(llFl,BoFl®) -1- 6IP0L

Landolph {Deutsch. Chem. Gesell., 4879, p. 1583) a décrit deux autres acides Quoboriqties qui résultent, comme produits secondaires, de 1 action exercée pac le fluorure de bore sur les matières organiques.

Le composé Bo^0‘»,4110,3HFl se formerait en faisant agir le fluorure de bore sur l’amylène. En distillant le liquide sirupeux, il passe à 160» un liquide jaune clair, dont la composition ne change [las sensiblement par de nouvelles rectiücalions.

Le second composé admis par Landolph prendrait naissance lors de la réaction du

fluorure de bore sur l’anéthol, sous l’action de la chaleur. Il distille vers 130° et sa densité de vapeur est 4,72. La composition de ce liquide serait représentée par la formule 3Bo®0'‘,4HO,2HFl.

La composition de ces substances est bien anormale, car les composés oxygénés du bore dont elles dériveraient, sont inconnus, et leur existence est plus douteuse encore que celle de l'acide décrit par Gay-Lussac et Thénard.

AZOTURE DE BORE

L’azoture de bore a été obtenu parBalmainen 1842, en fondant de l’acide borique avec du cyanure de potassium. En lessivant la masse fondue, il restait un résidu blanc, poreux, résistant à l’action des acides et des alcalis et qui, fondu avec de la potasse, laissait dégager de l’ammoniaque. Chauffé dans la partie extérieure d’une flamme, ce corps émet une lumière verdâtre en subissant une oxydation partielle. Balmain prit cette substance pour une combinaison d’azoture de bore et de potassium et, supposant que cet azoture se comportait vis-à-vis des métaux comme le cyanogène, il lui donna le nom à’éthogène (aîôôç, brillant). Woliler {Ann. de chim. et de phys. (3), XXIX, p. 240) obtint cette même substance par la réaction du chlorhydrate d’ammoniaque sur le borax au rouge vif et établit sa composition.

PRÉPARATION

Pour préparer l’azoture du bore par la méthode de Wôhler, on mélange intimement l partie de borax pur et sec et 2 parties de sel ammoniac desséché : on remplit de ce mélange un creuset de porcelaine ou mieux de platine, muni de son couvercle, et on chauffe au rouge vif. Pour se procurer de petites quantités d’azoture de bore , on peut opérer dans du verre. On obtient ainsi une masse poreuse, blanche, infusible, que l’on broie finement et que l’on fait bouillir avec de l’eau acidulée par HCl. L’azoture se sépare en poudre blanche que l’on lave par décantation à l’eau bouillante. Si la réaction s’est effectuée dans un creuset de terre ou avec du borax impur, il est nécessaire de faire digérer la matière avec de l’acide chlorhydrique concentré, et la purification ne sera jamais que fort imparfaite.

Darmstadt obtint de l’azoture de bore en chauffant un mélange d’acide borique et de borax ou d’urée. Enfin un procédé de préparation assez général des composés azotés des métalloïdes ou des métaux et qui consiste à faii’e réagir le gaz ammoniac sur le chlorure correspondant, peei être appliqué ici.Martius a obtenu de l’azoture en chauffant le chlorure de bore et le gaz ammoniac. On l’obtient également par la réaction de l’éthylamine sur le chlorure de bore à 20C?

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