PRODUITS CRISTALLISÉS DÉSIGNÉS SOUS LE NOM DE BORE ADAMANTIN
En réduisant l’acide borique par l’aluminium, à la température de fusion du nickel. II. Sainte-Glaire Deville et Wôhler obtinrent des produits cristallisés d’un grand éclat et d’une dureté comparable à celle du diamant. Ges cristaux, bien qu’ils renferment de petites quantités d’aluminium et de carbone, dont la présence pouvait être considérée comme accidentelle S étant données les circonstances mêmes
1. H. Deville et Wôhler, qui avaient opéré sur des mélanges de cristaux, trouvaient à l’analyse des proportions variables de carbone et d'aluminium. Voici comment ils interprétaient leurs analyses.
U Le carbone qu’on rencontre dans les cristaux de bore doit être considéré comme étant à l’état de diamant. Car, d’après toutes nos analyses, plus la quantité de charbon y est forte, pins la transparence paraît augmenter; et l’on sait que quelques millièmes de carbone noir, et peut-être moins encore, suflisentpour colorer d’une teinte très foncée les verres dans lesquels on ne peut pas supposer le charbon combiné avec la matière qu’il colore : on est de plus obligé d’admettre que le carbone est cristallisé avec le bore dont il ne possède pas la forme.
« Celte hypothèse n’a rien de contraire aux faits que l’on observe dans certains cas, où l’on volt une matière dont la proportion est dominante Imposer sa forme à des substances avec lesquelles elle a une certaine analogie de propriétés chimiques.
• Ces observations s’appliquent à l’aluminium, dont la présence dans U bore en quantités très varia-
où ils se produisaient, ont été regardés par les aeux éminents chimistes comme la forme cristallisée du bore ; cette variété était au bore amorphe de Gay-Lussae et Thénard ce que le diamant est au charbon commun. Et c’est sous le nom de bore adamantin ou diamant de bore que ces cristaux ont été désignés et décrits. Cependant, dans ces derni^es années, des doutes se sont élevés sur leur véritable nature; M. Hampe*, qui a repris leur étude, ne considère plus la présence de l’aluminium comme accidentelle, tous les cristaux en renferment en quantités invariables ; quelques-uns contiennent aussi normalement du carbone. Pour le chiiniste allemand, il y a lieu de distinguer deux produits différents, correspondant avec deux principales variétés de bore adamantin de II. Sainte-Claire Deville et Wôhler; l’un serait un borure d’aluminium, l’autre un boro-carburc de ce métal.
BORE ADAMANTIN DE H. DEVILLE ET WOHLER.
PRÉPARATION
La réduction de l’acide borique par l’aluminium doit être effectuée, d’après II. Deville et Wohler, dans les conditions suivantes : On introduit dans un creuset en charbon de cornue 100 grammes d’acide borique fondu en fragments et 80 grammes d’aluminium en gros morceaux. Le creuset, enveloppé de poussier de charbon, est placé dans un creuset de plombagine et chauffé dans un bon fourneau à vent, à l’aide de charbon de cornue. On maintient le creuset à la température de fusion du nickel pendant 5 à 6 heures, ou plutôt aussi longtemps que les creusets résistent.
Lorsque, après refroidissement, on casse le creuset, on trouve, au-dessous d’une couche vitreuse d’acide borique, les morceaux d’aluminium que l’on avait introduits, nettement séparés les uns des autres, et enveloppés d’une gangue alumineuse grise, sur laquelle brillent des cristaux d’un grand éclat. Toute cette partie métallique se détache facilement de la masse vitreuse; on la traite à froid par l’acide chlorhydrique étendu qui dissout l’aluminium et une trace de fer ; après décantation et lavage, on fait bouillir le résidu de cette première attaque avec une lessive de soude moyennement concentrée et bouillante, enfin on met les cristaux en digestion avec un mélange d’acide nitrique et d'acide Iluorhydrique qui enlève un peu de silicium.
Quelques cristaux sont isolés, d’autres adhèrent fortement à la gangue alumineuse et le tout se trouve mélangé de [plaques d’alumine qui ont résisté à toutes
blés (depuis 0 jusqu’à 13 pour 100) n’indique jamais une combinaison, caria formule AlBo’ exigerait déjà près de 20 p. 100 d’aluminium [Ânn. de chim. et de phys. (3), LU).