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COMBINAISONS TERNAIRES I)E SILICIUM, D’OXYGÈNE ET D’HYDROGÈNE

Indépendamment des hydrates siliciques,- qui constituent naturellement des composés ternaires contenant à la fois du silicium, de l’oxygène et de l’hydrogène, on connaît quelques autres composés qui ne se rattachent pas d’une façon directe à la silice, qui possèdent des constitutions autres, et des fonctions spéciales : tels sont les corps connus sous les noms d'anhrjdi'ide siliciformique,<i’hydTale silicioxalique et de silicone.

ANHYDRIDE SILICIFORMIQUE

Si^O^fP.

Ce corps a été obtenu en premier lieu mais à l'état impur par MM. Buff etWœhler, qui ont indiqué un certain nombre de ses propriétés ; sa composition véritable, sa constitution et ses fonctions n’ont été établies que plus tard par MM. Friedel et Ladenburg.

Il prend naissance lorsqu’on décompose le silici-chloroforme ou le siliciodoforme par l’eau froide. Comme il se détruit avec facilité en donnant naissance à de la silice, il faut opérer avec quelques précautions.

On distille lentement du silici-chlorofoi’me dans de l’eau refroidie à zéro degré, en ayant soin de terminer le tube abducteur de la vapeur par un entonnoir aHn d’éviter son obstruction par le dépôt du produit solide qui prend naissance.

Ce produit solide, blanc, est séparé rapidement de la liqueur à l’aide d’une filtration, puis lavé à l’eau glacée, exprimé entre des feuilles de papier-filtre, enfin séché dans le vide au-dessus de l’acide sulfurique.

La réaction qui lui donne naissance est la suivante :

2SiCM -f 311^0 =Si-0Ml^-t-6HCl,

236 E^■CYCLOPÉDIE CHIMIQUE,

et sa constitution est exprimée par la formule développée :

0 = Si —O—Si = 0.

On voit qu’elle représente celle que posséderait l’anhydride formique si ce corps était connu, avec remplacement des deux atomes de carbone par deux atomes de silicium.

Il faut remarquer que c’est la matière séchée qui possède cette composition ; mais rien ne dit que l’hydrate SiO^ff, c’est-à-dire le terme correspondant à l'acide formique lui-même, ne constitue pas la matière directement précipitée par l’eau.

L’anhydride siliciformique constitue une poudre blanche, ressemblant à de la silice. Lorsqu’il a été séché dans le vide à froid, il possède une certaine stabilité et peut être chauffé à 150“ sans décomposition. Mais à l’état humide, ou hydraté, tel qu’on le précipite lors de sa préparation, il se détruit avec la plus grande facilité.

C’est ainsi que lorsqu’on le laisse en contact avec de l’eau à la température ordinaire, il dégage constamment de l’hydrogène en se transformant en silice d’après l’équation ;

SmP-4-H^O = 2SiO^ -P H*.

La quantité d’hydrogène dégagée est double de celle que contenait le corps luimême.

Cette destruction avec dégagement d’hydrogène, qui est lente avec l’eau à la température ordinaire, est très rapide et se produit avec effervescence sous l’action des bases alcalines ou de leurs carbonates ; elle peut servir aisément, lorsqu’on mesure l’hydrogène dégagé, à constater la pureté du produit.

Les acides sont sans action sur lui, môme l’acide nitrique concentré; l’acide fluorhydrique seul l’attaque et le dissout avec dégagement d’hydrogène.

Lorsqu’il est chauffé à l’air, il s’enflamme spontanément, brûle en lançant des étincelles et en répandant une lumière phosphorescente. Il reste comme résidu de la silice plus ou moins colorée au brun par du silicium réduit. Dans l’oxygène, l’action est encore plus vive et s’effectue avec une lumière éclatante.

Lorsqu’on chauffe le corps à l’abri de l’air, il se détruit avec dégagement d’hydrogène silicié et d’hydrogène.

L’anhydride siliciformique paraît être un peu soluble dans l’eau, ou, au moins, au moment de sa préparation, dans la liqueur qui est produite. En effet, cette liqueur, après filtration, dégage des bulles d’hydrogène pendant un certain temps, surtout sous l’influence des bases.

Cette liqueur possède des propriétés réductrices très énergiques.

Elle décolore instantanément le permanganate de potasse.

Elle précipite l’or du chlorure d’or et le palladium, à l’état de poudre noire, du chlorure de palladium.

Elle réduit des persels de cuivre à l’état de sous-sel.

Elle précipite le soufre, le sélénium et le tellure des solutions aqueuses des acides sulfureux, sélénieux et tellureux.

SILICIDM.

Elle transforme le bichlorure de mercure en protochlorure précipité.

Cependant elle est sans action sur l’acide chromique (?) (Wœhler), sur l’indigo et sur les solutions platiniques.

HYDRATE SILICIOXALIQUE

Si*0‘ff.

Ce corps a été découvert et étudié par MM. Friedol et Ladcnburg.

Il prend naissance lorsqu’on traite le sesquiiodure, le scsquibromure ou le sesquichlorure de silicium par de l’eau glacée.

11 se précipite dans ces conditions une matière blanche, qu’on lave à l’eau glacée, qu’on sèche dans le vide sec à la température ordinaire, puis à lOO". Elle répond alors à la formule Si-0*H^

Sa formation peut être représentée par deux actions successives. D’abord l’action de l’eau donne :

Si^Cl' + 6(H^O) = Si^(Oll)' + CllGl,

puis l’hydrate Si®{011)® perd 2 molécules d’eau et se transforme en Si^OiH® ; la constitution de ce dernier est représentée par :

0=:Si —Si = Û 011 011

et correspond à celle de l'acide oxalique avec remplacement du carbone par le silicium.

Ce corps ne possède pas de propriétés acides; il est décomposé par les bases avec dégagement d’hydrogène.

11 jouit de propriétés réductrices : il réduit le permanganate de potasse et l’aeide chromique; ce dernier avec difficuté. 11 ost sans action sur le chlorure d or et sur l’acide sélénieux.

SILICOXE

Si'O^H* ou Si'O'H» (?).

Ce composé, qui a été décrit par Wœhler, est encore mal connu et mal défini. Son étude denlande à être reprise pour être tirée au clair.

La silicone est le produit qui se forme lorsqu’on décompose le sihciure de calcium

par l’aeide chlorhydrique. On concasse le siliciure ou on le fait déliter par l’action de l’eau. On le traite ensuite par l’acide chlorhydrique concentré en ayant soin de refroidir le vase avec de l’eau froide. 11 se dégage de l’hydrogène. •

On laisse l’action s’achever dans un endroit obscur, en agitant fréquemment jusqu’à ce que tout dégagement de gaz ait cessé. On étend ensuite la liqueur jaune d’une dizaine de fois son volume d’eau. On filtre à l’abri de la lumière; on presse la matière entre des doubles de papier-filtre et finalement on dessèche dans le vide sec à la température ordinaire, en ayant soin toujours d’éviter les rayons lumineux.

La silicone ainsi obtenue est une matière colorée en jaune orangé foncé ; elle est formée par de petites lamelles transparentes qui constituent probablement une pseudomorphose du siliciure de calcium.

Elle est insoluble dans l’eau, l’alcool, le sulfure de carbone, le chlorure de phosphore et le chlorure de silicium.

Chauffée à l’air, elle fonce en couleur, finit par s’enflammer et brûle alors en lançant des étincelles. Elle laisse comme résidu de la silice colorée en brun par du silicium. Cette destruction de la silicone commence déjà à-llO" même au sein de l’eau. Chauffée à IflO” avec de l’eau, et en tubes scellés, elle se transforme rapidement en silice et hydrogène.

L’action de la lumière sur la silicone est assez particulière : en effet, on peut dans l’obscurité, la conserver sans altération même à l’état humide. Au contraire elle blanchit à la lumière et dégage rapidement de l’hydrogène. Au bout de quelques heures la matière est devenue complètement blanche.

La silicone n’est attaquée ni par le chlore, ni par les acides même à chaud, sauf par l’acide fluorhydrique, qui la dissout.

L’action des alcalis est au contraire facile et rapide; la matière est transformée en silice avec un vif dégagement d’hydrogène.

La silicone est douée d’une action réductrice très prononcée. Elle noircit dans les solutions cuivriques et argentiques. Elle brunit dans le chlorure d’or. Elle précipite à l’état métallique le plomb d’une solution d’hydrate plombique dans la soude caustique.

Wœhler indique les proportions centésimales suivantes comme représentant la composition de la silicone :

Silicium. . . . 67,15 67,78 68,48 68,27 70,75 70,64

Hydrogène. . . 2,48 2,55 2,59

Oxygène .... 50,59 29,67 29,15

Les premières conduisent à la formule Si'‘0=H*, les deux dernières à la formule Si®0’‘lP. Mais il est bien évident que les matièi'es obtenues étaient des mélanges.

Wœhler donne le nom de leucone à la matière blanche qui résulte de l’action de la lumière sur la silicone. Cette matière possède les propriétés de l’anhydride siliciformique, auquel elle doit très probablement être identifiée.

SILICIUM

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