OXYDE DE SILICIUM DIÉTHYLE
SiO(G^H5)*.
Ce corps est également appelé oxyde de süicopentyle et silicodiéthylacétone. 11 a été obtenu dans plusieurs réactions, mais ses propriétés exactes sont encore assez peu définies.
Un corps dont la composition répond à cette formule a d’abord été obtenu par MM. Friedel et Crafts en oxydant incomplètement le silicium éthyle Si(CW)‘. On sait que ce corps résiste énergiquement aux agents d’oxydation. Néanmoins, lorsqu’on le fiüt liouillir pendant très longtemps dans un appareil à reflux entièrement en verre avec de l’acide azotique fumant, on voit une certaine quantité de vapeurs nitreuses so dégager. On lave à l’eau ; on traite par l’éther, dans lequel la majeure partie du produit est soluble. On obtient ainsi, après filtration et évaporation de la liqueur éthérée, un liquide visqueux qu’rl n’a pas été possible de distiller. Les nombres que ce corps a fournis à l’analyse s’accordent sensiblement avec la formule SiO(CMi*)’.
M. Ladenburg a obtenu un corps analogue en décomposant par l’eau le dichlorure de silicium diéthyle Si(G®H’)^CU. Une double décomposition régulière s’effectue, un atome d’oxygène venant se substituer à deux atomes de chlore. Le corps obtenu dans cette réaction se présente sous la forme d’un sirop épais inodore, ne se solidifiant pas à — lo", bouillant bien au delà du point d’ébullition du mercure. Une analyse conduit approximativement à la formule ci-dessus. Traité par la potasse, il se transforme en acide éthylsilicique (silicopropionique) et acide acétique.
Le môme corps paraît se produire en même temps que l’iodure d’éthyle par l'action d’une solution aqueuse concentrée d’acide iodhydrique sur le composé Si(G»H“)HOG^ff)^.
On voit que les propriétés de ce corps sont encore très mal connues ; il est probable, mais non démontré, que les différents corps obtenus sont identiques. Rien ne prouve non plus que l’on n’a pas affaire à un polymère de la formule ci-dessus.
AGIDES ORGANOSILIGIQUES /
On connaît plusieurs dérivés organiques du silicium qui possèdent des fonctions acides et contiennent en même temps des radicaux hydrocarbonés dans leurs molécules. On peut les considérer soit comme dérivant de l’acide bisilicique SiO(OH)* par substitution d’un radical hydrocarboné monoatomique à l’un des oxbydryles; soit comme dérivant de divers acides organiques par substitution d’un atome de silicium au carbone dans le groupe fonctionnel GO^H.
SILICIUM
ACIDE MÉTHYLSILICIQUE OU SILIGO-ACÉTIQÜE
{CH=)SiO^H.
Ce composé s’obtient en traitant le silicium métiiyle-trioxéthyle Si(CH^){OC-Hs)' par une solution aqueuse et concentrée d’acide iodhydrique.
C’est un corps solide, amorphe, combustible, insoluble dans l’eau et dans 1 ether. 11 est soluble dans les alcalis concentrés.
Les nombres que l’analyse assigne pour sa composition sont voisins de ceux théoriques, mais indiquent la présence d’un petit excès de silice.
ACIDE ÉTHYLSILICIQÜE OU SILICOPROPIONIQUE
(C^lL)SiOni.
Cccomposé s’obtient en décomposant le silicium-slhyle-trioxéthyle Si(C2H®)(OC*H")* soit par une solution de potasse soit par une solution aqueuse et concentrée d’acide iodhydrique. Dans le cas où l’on emploie l’acide iodhydrique, il faut chauffer doucement, et la réaction s’accomplit suivant l’équation suivante :
Si(C*H=)(0C^H»)= + 5111 = Si(CÆ»)0^H + SC^H^I + IDO.
Si l'on emploie la potasse pour préparer cet acide, on voit le corps silicié se dissoudre dans la lessive alcaline; on acidulé alors très légèrement la liqueur par l’acide chlorhydrique, ce qui détermine la précipitation de l’acide silicopropionique. Il paraît bon d’ajouter du chlorhydrate d’ammoniaque à la solution, puis de neutraliser simplement par l’acide chlorhydrique.
L’analyse des produits obtenus par ces deux modes de décomposition indique que le corps "n’est pas tout à fait pur. La quantité de silice obtenue est toujours en léger excès sur la valeur théorique.
On a obtenu un acide à peu près pur à l’aide du silicium élhyltrioxyméthyle Si{CW)(0Cff)5; par une digestion de 24 heures avec de l’ammoniaque aqueuse, il se transforme en une gelée transparente, fournissant par dessiccation à froid sur l’acide sulfurique une poudre blanche qui constitue l’acide à peu p'ès pur. Ce dernier procédé lent s’appliquerait probablement aussi au composé éthylique, leque est plus commode à préparer que le composé méthylique.
«IS * EKCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
La constitution de cet acide se développe de la façon suivante :
Cff—CH^Si —O —H
L’acide éthylsilicique ou silicopropionique constitue une poudre blanche insoluble dans l’eau. 11 est combustible et brûle en noircissant. Il est soluble dans la potasse et peut être précipité de nouveau de cette solution par l’acide chlorhydrique. La solution potassique, presque neutre, produit un précipité jaunâtre avec l’azotate d’argent ; ce précipité est soluble dans l’ammoniaque. Les propriétés de cet intéressant acide n’ont été étudiées, comme on voit, que d’une façon très peu détaillée.
ACIDE PHÉNYLSILiCIQüE OU SILIGOBENZOIQUE
(C'’fP)SiO®H.
Ce composé s’obtient : 1“ en décomposant le trichlorure de silicium phényle Si(C'H®)Cl® par l’eau ou l’ammoniaque; 2“ en traitant le silicium phényltrioxéthyle Si(C®IP)(OG^lI°)^ par une solution aqueuse et concentrée d’acide iodhydrique. La réaction qui s’effectue est la même que pour le composé précédent. L’acide silicobenzoïque se présente, lorsqu’il est sec, sous l’aspect d’une poudre blanche presque insoluble dans l’eau ; il est un peu soluble dans l’alcool, assez soluble dans l’éther. Il est soluble dans les lessives alcalines.