‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 3e sectionChapitre 67 sur 68 · ANHYDRIDE · texte numérisé non relu

ANHYDRIDE

Lorsqu’on le dissout dans une solution de potasse faite dans l’alcool absolu, que l'on traite cette solution par un courant de gaz carbonique, puis qu’on évapore au bain-marie la liqueur filtrée, on obtient finalement une masse cassante. On purifie ce produit par des lavages à l’eau; on le sèche à 100°. Il constitue alors l’anhydride silicobenzoïque ou phénylsilicique [Si(C®ll“)ü]^0.

Cet anhydride est fort peu soluble dans l’eau, un peu soluble dans l’alcool ; il

est plus soluble dans l’éther, qui l’abandonne par l’évaporation en masses sphériques

vitreuses et transparentes.

Lorsqu’on chauffe ce coi’ps il fond d’abord simplement, puis, si l’on chauffe plus fort, il se détruit, émet des vapeurs combustibles et laisse un résidu noir.

Cet anhydride est soluble dans la potasse, et la solution n’est pas précipitée par l’acide chlorhydrique. Ce n’est que quand on ajoute de l’ammoniaque que celle-ci

SILICIUM

détermine la précipitation d’acide phénylsilicique ou silicobenzoïque. Si l’on évapore la solution potassique, puis qu’on chauffe le résidu, il distille de l’eau et de la benzine.

ACIDE CRÉSYLSILICIQÜE OU SILICOTOLUIQUE

(C-H')SiO®H.

On obtient ce composé à l’aide du trichlorure de silicium crésyle Si(G'’H')Cl^. Ce corps est décomposé lentement par l’eau pure, très vite par l’eau ammoniacale, et donne naissance à un produit blanc, insoluble dans l’eau, soluble dans l’éther. La solution éthérée l’abandonne sous forme d’une huile qui se concrète peu à peu en une masse amorphe et dure ; cette transformation est plus rapide si l’on chauffe au bain-marie. Séchée à 100“, cette substance donne à l’analyse des chiffres intermédiaires entre ceux qu’exigent les formules de l’acide crésylsilicique Si{C’IF)O^H et de son anhydride [Si(C’H’)0]20. Après dessiccation à 200», l’analyse fournit les nombres qui concordent exactement avec cette dernière formule.

L’acide crésylsilicique Si(C’H')0Ml est un corps blanc. Il fond vers 150“ sans décomposition. Il se transforme totalement en anhydride vers 200“. Chauffé plus forlement, il se décompose mais moins facilement que l’acide phénylsrlicique, auquel il ressemble du reste beaucoup par son aspect et toutes ses propriétés.

11 est insoluble dans l’eau, soluble dans l’éther. Il se dissout avec facilité dans la potasse aqueuse lorsqu’il n’a pas été fondu.

ANHYDRIDE MIXTE ACÉTOSILICIOÜE

Si(OC*ffO)».

Ce composé est communément désigné sous le nom à'anhydride mixU sihcoacétique; il vaut mieux adopter le nom d’acétosilicique, car l’autre prête a confusion avec le corps qui a été désigné ici sous le nom d’acide methylsihcique et qu’on appelle communément acide silico-acétique.

L’anliydride mixte acétosilicique est difficile à classer d’une fi.çon convenable, car il n’est l’analogue par sa fonction d’aucun des autres dérivés organiques du silicium.

La nature électronégative des résidus acétiques qu’il contient le rapproche surtout du tétrachlorure de silicium.

Ce corps a été découvert par MM. Friedel et Ladenburg et s’obtient en faisant réagir le tétrachlorure de silicium soit sur l’acide acétique cristallisable, auquel cas la réaction s’effectue suivant l’équation

SiCl*4-4(GWO)^ = Si(0G^H“0)‘ + 4HCls soit sur l’anhydride acétique, et la transformation s’effectue comme il suit :

SiGF + 4(GW0)^0 =Si(0C^H’0)^+ C*ffOCl.

La meilleure manière de réussir la préparation consiste à employer un mélange d’acide acétique monohydraté et d’anhydride acétique. On y ajoute un peu moins de la quantité théorique de chlorure de silicium, et l’on chauffe le tout dans un ballon surmonté d’un appareil destiné à condenser les vapeurs et à les faire refluer dans le ballon. On fait bouillir aussi longtemps qu’il se dégage de l’acide chlorhydrique. Par refroidissement on obtient quelquefois immédiatement, quelquefois seulement après un certain temps, une belle cristallisation d’anhydride mixte. On décante l’excès d’anhydride acétique et le chlorure d’acétyle formé. On lave avec de l’éther parfaitement desséché. 11 suffît ensuite de faire passer un courant d’air sec sur le produit pour l’obtenir pur.

L’anhydride acétosilicique se présente en cristaux ou masses cristallines d’un beau blanc. G’est le seul dérivé organique de silicium qui ait été obtenu cristallisé. Le système cristallin n’a pas pu être déterminé avec exactitude, cependant plusieurs échantillons ont montré des prismes quadrangulaires surmontés d’un octaèdre aigu placé sur les arêtes du prisme.

Gc corps ne peut pas être distillé sous la pression atmosphérique. Vers 160 ou 170 degrés, il y a décomposition, distillation d’anhydride acétique et il reste un résidu formé de silice boursouflée. On peut le distiller sous pression réduite ; ainsi sous une pression de 5 à 6 millimètres de mercure il passe à la distillation, sans décomposition, à 148“. On l’obtient aussi en masses blanches cristallines qui fondent vers 110 degrés.

Ge corps est extrêmement avide d’eau : une partie de ce liquide tombant dans l’anhydride mixte, y produit le bruit d’un fer rouge plongé dans l’eau. Il se forme de l’acide acétique et de la silice gélatineuse.

L’anhydride acétosilicique est décomposé par l’alcool avec production d’éther acétique et de silice gélatineuse. II se dissout dans l’éther anhydre sans être détruit par ce dissolvant et cristallise par le refroidissement d’une solution chaude. Si l’on chauffe la solution éthérée à 200“ dans un tube scellé, il se produit une décomposition de la molécule en silice et anhydride acétique ; il ne se forme pas d’éther acétique ni d’éther silicique.

Le gaz ammoniac sec transforme l’anhydride acétosilicique en acélamidc et silice hydratée.

Lorsqu’on emploie pour la préparation de l'anhydride mixte de l’acide acétique légèrement aqueux on obtient une masse gélatineuse qui doit renfermer les anhydrides mixtes correspondant aux acides polysiheiques.

BIBLIOGRAPHIE

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