‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 107 sur 184 · Ch. Mène, Revue hebdomadaire de chimie, 1874, p · texte numérisé non relu

Ch. Mène, Revue hebdomadaire de chimie, 1874, p

COMBUSTIBLES MINÉBABX.

Composition des anthracites du bassin de Gorodistché (Donetz) :

Un anthracite se trouvant à la base du terrain crétacé dans l’île de la Reine- Charlotte, est comparable pour la qualité à l’anthracite du terrain houillcr de Pen-

sylvanie. Il renferme :

Eau . 1,89

Matières volatiles . 4,77

Carbone . 85,76

Soufre . 0,89

Il y a quelques années, l’attention a été appelée ‘ sur quelques nodules d’un anthracite remarquable par son extrême dureté. Ces nodules ont une structure en apparence concrétionnée ; ils rayent aisément le verre et même des corps plus durs. Leur composition, abstraction faite des cendres, est la suivante :

Carbone .

Hydrogène Oxygène .

La densité est 1,66.

§ 3. ANALYSE IIVIMÉOiATE OU MINÉRALOGIQUE DE L’ANTHRACITE

Généralités. — L’anthracite proprement dit ne présente à l’œil ni les crevasses de la houille brillante, ni la stratification de la houille mate ; cependant on constate, en l’incinérant, des traces d’une structure stratifiée que mettent du reste en évidence, dans l’anthracite compact, des fragments de fusain disposés en lits parallèles au plan des couches.

L’anthracite résiste énergiquement à l’action des réactifs chimiques, même très concentrés, et il est par conséquent fort difficile d’en étudier la constitution. Cependant l’acide sulfurique concentré et bouillant l’attaque en esquilles minces, en se colorant en brun rougeâtre. Ces esquilles deviennent alors translucides sur les

1- Voyez une note de M. Dumas dans les Comptes rendus de l'Aeadémie des seiences, année 1867.

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bords, mais sans qu’on puisse y reconnaître de traces d’organisation. En employant le chlorate de potasse solide et l’acide azoti([ue concentré, et en faisant intervenir la chaleur, on parvient, sur l’anthracite de Pensylvanie et de plusieurs antres provenances, a reconnaître, après traitement par l’alcool, des tissus végétaux à structure indiscutable, notamment des cellules parenchymateuses et prosenchymateuses et des corpuscules arrondis ayant l’apparence de spores. On ne saurait du reste attribuer ces indices d’organisation à, des parcelles de fusain empâtées dans l'anthracite et attaquées plus facilement, car l’examen direct du fusain que renferme l’anthracite n’y a jamais fait découvrir que des restes de tissus prosenchymateux.

D’après M. Gumbel, la meilleure méthode pour attaquer l’anthracite paraît être l’incinération, déjà employée dès 1846 par Baylen et ïeschemacher*. On reconnaît dans les cendres des cellules et des fibres végétales très bien conservées (flg. 73)

Fig. 73. — Débris à slrueture végétale des cendres de l’anthracite de Pensylvanie. — a, perpendiculaire. — b, parallèlement aux fibres. — D’après M. Gumbel.

Fig. 74. — Anthracite de Pensylvanie. Grossissement de 200. — D’après M. Renault.

et, pas plus que dans la houille elle-même, on ne peut y découvrir aucun indice de déformation : les plus ligneuses ont conservé la forme cylindrique qu’elles possé-

i, Amer. Journal of sciences and arts, t série, t. I, p. 407, et t. II, p. 420.

daient à l’état vivant, sans la moindre trace d’aplatissement, ce qui contredit formellement l’hypothèse, parfois mise en avant, des transformations de la houille en anthracite par la seule influence d’une forte compression.

Plus récemment M. Renault a montré que si l’anthracite offre rarement des traces discernables d’organisation, cela vient de ce que les préparations faites dans des fragments d’anthracite de Sablé, de Lamure, n’ont pu être réduites à une épaisseur suffisamment mince pour devenir transparentes ; la masse est restée très opaque et les parties un peu plus claires n’ont présenté que des granulations irrégulières amorphes. Cependant des fragments d’anthracite provenant de Pensylvanie ont fourni, au milieu d’une masse dominante de substance jaune-brun foncé sans structure, quelques débris végétaux organisés tels que fragment de faisceau vasculaire à éléments rayés a (fig. 74), macrospore b, et quelques grains de pollen, ou des microspores c.

Il paraît donc résulter de cette observation que l’anthracite (fig. 74) se trouve dans un état de conservation beaucoup moins parfait que le Cannel-coal et que ce n’est que rarement et par place qu’on peut y découvrir des organes végétaux; la houille y est plus voisine du carbone amorphe.

§ 4. GISEIVIENT DE L’ANTHRACITE

DASSnSS FR.VXÇ.AIS

Basse LoireK — Quelques parties du terrain dévonien, dans la Sarthe et la Mayenne, contiennent des couches d’anthracite.

A Sablé, on exploite une couche d’anthracite de 0”,60 à 0">,80 de puissance et se prolongeant normalement sous les calcaires carbonifères.

Plus loin, à la Bazouge, on exploite plusieurs couches d'anthracite un peu plus bitumineux, qui sont également très inclinées et dont l’allure est en chapelet ; dans les renflements, ces couches atteignent 8 et 10 mètres d’épaisseur; ces couches ont été leconnues par M. Triger comme positivement supérieures à ce même calcaire carbonifère. Il y a donc sur ce point, dans le dévonien supérieur, au moins deux étages de couches combustibles séparées par un long intervalle de dépôts arénacés et calcaires.

Les terrains anthracites de la Sarthe et de la Mayenne forment des zones étroites qui ont été suivies sur des longueurs considérables et dont les stratifications, fortement inclinées, ont été recouvertes en plusieurs points par de véritables dépôts houillers.

Le bassin houiller de la basse Loire forme une zone de 500 à 1200 mètres de largeur, qui n’a pas moins de 100 kilomètres de longueur, depuis Dorée jusqu’au delà de Nort. Les parties les plus larges sont en même temps celles où les couches de houille sont nombreuses et plus puissantes, et par conséquent celles où les

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