Gcologie de la France par Burat
5S2 ENCYCLOPÉDIE CIIIMIOUE.
exploitations ont pu se développer. En suivant le bassin de l’est à l’ouest, on trouve :
Doué-Lafontaine : la zone houillère y est pauvre et rétrécie; Saint-Georges-Châte» laison : la zone houillère y est large et sur plusieurs points les ploiements du terrain y forment une série de vacuoles. L’allure des couches y est irrégulière et en chapelets, de sorte que les extractions n’y ont guère dépassé 6 à 8000 tonnes par année. La qualité du charbon y est variable depuis l’anthracite jusqu’au demi-
Saint-Lambert : le terrain houiller soulevé par les porphyres y est comprimé en deux Y ou bassins distincts. Celui du nord contient des couches minces, mais régulières de charbons gras ; celui du sud contient des couches puissantes, mais irré<Tulières d’anthracite.
Les anthracites de Saint-Lambert (fosse Louis) forment une série de lentilles dont l’une, à la mine de Beaulieu, est exploitée sur 600 mètres de direction et atteint jusqu’à 20 mètres de puissance.
Les mines de Chaudefonds et de Layon-et-Loire font suite sur une direction d’environ 10 kilomètres. La première ne présente que des parties resserrées et accidentées; mais les mines de Layon-et-Loire sont, au contraire, l’objet de travaux actifs qui ont atteint des profondeurs de 200 et 500 mètres. Un système de couches, dit du Bocage, a été très remarquable sur ce point, par les grandes masses de charbon qui ont été trouvées, réparties en trois couches, sur 1 kilomètre de direction.
Les mines de Gbalonnes, qui occupent la partie moyenne et la plus développée du bassin de la basse Loire et dont les travaux ont été poussés à 500 et 500 mèires, ont permis d’apprécier dans tous leurs détails les allures.
Fig, 75. — Coupe du bassin deila basse Loire à Clialoniies. — D’après M. Fagès.
Une coupe faite par M. Fagès (fig. 75) met en évidence les caractères spéciaux de ces allures en même temps que les conditions de richesse maximum du bassin.
Les charbons, lorsqu’ils sont à peu près réglés, sont de véritables demi-gras. Leur composition confirme le caractère houiller du bassin de la basse Loire, que l’on avait autrefois supposé appartenir au terrain dévonien.
D’après cette coupe, le bassin comprendrait environ quatorze couches, dont les pendages nord et sud doivent se raccorder à une plus grande profondeur.
COMBUSTIBLES MIHÉBAUX. 5S3
Les mines de Montjcan ont eu de belles périodes d'exploitation sur les pendagcs sud. Dans cette concession, qui comprend environ 6 kilomètres de direction, la zone houillère fait une courbe vers le sud en se dirigeant vers Ingrande, puis elle reprend sa direction normale.
Les concessions de Montrelais et de Mouzeil oceupent 50 kilomètres de la direction de la zone qui, dans ce parcours, subit divers accidents. Sur plusieurs points le ploiement est double et présente deux bassins ou fonds de bateau distincts, séparés par le soulèvement des terrains inférieurs. Les travaux, très anciens et très étendus, ont constaté que toutes les veines du sud étaient en charbons maigres, tandis que les combles du nord étaient en charbons gras propres à la forge.
Les concessions dos Touches et de Languin terminent cette zone, dont elles oceupent encore 19 kilomètres, sans que l’on en connaisse réellement la limite occidentale. Ces concessions ont été l'objet de travaux importants.
A la suite d’études très persévérantes, M. le professeur Ed. Bureau est parvenu à construire la coupe du bassin de la basse Loire (fig. 76). On trouvera son travail in extenso dans le Bulletin de la Société géologique de France^, mais nous tenons à ajouter que l’auteur a bien voulu modifier spécialement pour nous, conformément à dos données qu’il a acquises postérieurement à son impression, la coupe qu’il avait donnée.
Nous emprunterons au mémoire de M. Bureau le passage suivant qui, malgré son étendue, est indispensable pour prouver l’àge du combustible exploité dans la basse Loire.
Le bassin le plus méridional, formé par les plissements du terrain silurien de la Bretagne, qui s’appuie au sud sur les terrains cristallophylliens, est parallèle aux autres plis de la région et paraît tout aussi long; car il s’étend de Beaugé-Mennau, près de Doué (Maine-et-Loire), jusque dans la partie est du département du Moi'bilian et probablement beaucoup au delà.
Son bord nord est formé par le silurien supérieur (n” 20 de la coupe) ; schistes verts et rouges avec grès, phtanites à graphtolitbes et calcaire. Mais cet étage paraît s’arrêter dans la profondeur du pli; car au sud on voit affleurer, au moins sur une étendue considérable depuis Ligné (Loire-Inférieure) jusque près de Cbaudefonds (Maine-et-Loire), un grès à Tigillites (n“ 4) ne pouvant en rien se distinguer du grès armoricain, lequel appartient à l’étage silurien moyen. Il y a cependant vers ce même bord, près du village de la Motte, commune de Bouzillé (Maine-et- Loire), un affleurement de phtanite qui semble bien déceler la présence du silurien inferieur, mais qui jusqu’ici n’a pas fourni de fossiles et devra être examiné de nouveau.
Le grès dont il s’agit forme parfois des escarpements précieux comme points de repère pour la géologie du pays. Il n’est pas disposé en une bande continue, mais il constitue des bancs ou des dépôts plus ou moins importants à la partie supérieure des schistes (n” 5) qui, eux, s’étendent d’une manière ininterrompue sur les couches les plus élevées des terrains cristallophylliens avec lesquelles ils ne présentent pas de discordance.
Ces schistes sont en général durs et à feuillets très ondulés, sauf peut-être à leur