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Annals and Magazine of natural IHsiory, janvier 188t

Évidemment une terre émergée n’était pas loin; car dans ce même dépôt on trouve des traces de végétaux terrestres. M. Bureau y a vu des Calamariées, probablement le Bornia transitionis Roem., des pétioles de fougères et de petites tiges cannelées portant des feuilles verticillées qui paraissent se rapporter au genre Cingularia.

Au-dessus de ces schistes, qui n’existent que vers le sud, toute la cuvette méridionale est remplie par des grès argileux (n“ 8) (grauwacke de Yiquesnel et des autres auteurs qui ont écrit sur la région). Ces grès alternent à leur base avec les bancs de schistes les plus élevés. A différents niveaux et surtout à leur partie supérieure, ils présentent le poudingue de grauwacke que l’on voit à Ingrandes. 11 présente une puissance considérable, sort de sous le lit de la Loire et s’étend de l’est à l’ouest en devenant de moins en moins important jusqu’au delà du Pont Esnault, commune de Mouzcil (Loire-Inférieure). La pâte et la plupart des noyaux sont de grauwacke; mais on y retrouve aussi des galets de micaschiste ou de gneiss, de schistes durs et ondulés, de silurien moyen, de grès à Tigillites du même étage, de calcaire marbre et même de porphyre quartzifère. Les couches les plus inférieures de la grauwacke sont souvent d’un rouge lie de vin ; mais dans la plus grande partie du dépôt, la roche offre une teinte verdâtre se rapprochant plus ou moins du vert olive. La grauwacke, soit rouge, soit verte, est riche en végétaux fossiles : les Stigmaria y abondent, bien qu’on n’y trouve pas de Sigillaria; le Bornia transitionis Rœm., le Lepidodendron FeZtAeimmwMm Ung., sont communs par endroits; les fougères sont plus rares et appartiennent au genre Diplothmena de Stur (Sphenopteris). M. Bureau a trouvé des empreintes délicates dans des lits de grès schisteux interposés à des hancs de poudingue ; mais en général les fossiles végétaux du niveau de la grauwacke sont beaucoup moins bien conservés que ceux qu’on rencontre dans l’autre cuvette à un niveau plus élevé. Les empreintes sont abondantes ; mais la flore est pauvre en espèces.

La cuvette septentrionale est entièrement remplie par des couches appartenant au terrain houiller inférieur; mais ce ne sont pas les mêmes que dans la cuvette méridionale : elles sont assurément plus élevées dans la série, comme on peut s’en convaincre à Montjean et à Chalonnes, où il n’y a pas de double cuvette et où on les voit reposer directement et en stratification concordante de la grauwacke à végétaux. On peut même constater à Montjean que les premiers bancs de ce nouvel ensemble de couches qui, là, sont formés par de l’euritine (nommée dans le pays pierre carrée), alternent avec les derniers bancs de la grauwacke.

Dans la coupe (fig. 76), cette partie élevée de l’étage houiller inférieur, en même temps qu’elle forme un pli concave, offre une plus grande complication que sur les autres points du bassin. On y reconnaît trois systèmes de couches :

1“ A la base, on voit, sur le bord sud du pli, des grès (n“ 12) verdâtres ou grisâtres foncés, sans fossiles ; sur le bord nord, une alternance (n" 16 à 19) de poudingue quartzeux et de poudingue de grauwacke, ce dernier offrant même une puissance plus grande. Il semble donc que les couches inférieures de celte cuvette se rattachent aux couches supérieures de la cuvette méridionale.

2° Par-dessus, se trouvent les schistes et les psammites houillers (n“ 15 à 15) contenant le charbon exploité dans les concessions de Mouzeil et des Touches. Les deux bords du pli concave formé par ces roches charbonneuses dessinent sur la

carte deux bandes qui se rejoignent, d’une part à l’ouest de la Guérinière, commune des Touches, de l’autre, à l’est de la Transonnière, commune de Mésangev après un trajet de 12 kilomètres. La plupart des exploitations ont été installées sur la bande méridionale, et c’est là surtout que les plantes fossiles ont été récoltées ; mais quelques puits et des carrières à ciel ouvert ont permis d’en trouver aussi sur la bande septentrionale et de constater l’identité des espèces.

Ces psammites et ces schistes sont remplis d’empreintes de végétaux de la plus belle conservation. M. Bureau a recueilli à ce niveau, tant en ce point que dans diverses autres localités du bassin, environ cinquante formes ou espèces.

Les caractères de cette flore sont très nets : par l’absence de Cardiopteris, la présence de nombreux Lepidodendrons et de très nombreuses Sphénoptéridées, appartenant aux genres Diplothmena et Calymnotheca, elle se place non seulement bien au-dessus des flores du Roannais, du terrain de transition des Vosges et des schistes tégulaires de Moravie et de Silésie qui appartiennent au culm, tel que le définit M. Grand’Eury, mais au-dessus de celle des anthracites de la Baeotmière (Mayenne) où l'on a trouvé le Cardiopteris polymorpha Schimp., et qui n’ont fourni aucune Lépidodendrée. Ses affinités paraissent plus étroites avec la flore de la formation de Saint-Laurs (Deux-Sèvres) et avec celle des schistes d’Ostrau et de Waldenburg (Silésie), qui appartiennent à l’étage désigné par M. Grand’Eury sous le nom de gramvacke supérieure : la majeure partie des espèces sont les mêmes, et comme dans ces deux gisements, il y a absence du genre Cardiopteris, propre aux couches contemporaines du calcaire carbonifère ou immédiatement postérieur à ce dépôt. Mais la flore de la basse Loire se distingue de toutes celles que nous venons d’énumérer par sa richesse plus grande en individus et en espèces de Lépidodendrées. Ce caractère le rapproche de la flore de l’étage infra-houiller, avec laquelle cependant l’abondance du Bornia transitionis Rœm. et du Lepidodendron Veltheimianum üng., ainsi que la présence de quelques fougères anciennes; Neuropteris antecedens Stur., Calymnotheca moravica Stur., etc., ne permettent pas de la confondre.

La conclusion de M. Bureau est que la flore houillère de la basse Loire appartient à la partie la plus élevée de la Grauwacke supérieure et qu’elle a précédé immédiatement la flore infra-houillère, qui ouvre la série des flores houillères moyennes. L’étage houiller moyen ne paraît pas représenté dans la basse Loire ; mais dans la Vendée on la trouve surmontant la grauwacke supérieure.

Au-dessus des schistes et des psammites, la série des dépôts de la cuvette septentrionale se termine par un grès (n“ 14) très argileux sans fossiles, d’une couleur vert pâle ou vert d’eau qui le rend très facile à reconnaître.

En somme, les couches visibles dans la cuvette nord continuent la série ascendante observée dans la cuvette sud, et les plus élevées dans lesquelles on observe des fossiles, appartiennent à la partie supérieure du terrain houiller inférieur. Gomment cette disposition de niveaux, qui sont régulièrement superposés et en stratification concordante dans d’autres parties du bassin, a-t-elle pu se produire? 11 est probable qu’elle n’est qu’apparente et on ne voit pas que cet effet puisse être dû à une autre cause qu’à une faille qui se serait produite entre les numéros 12 et 13 de la coupe dont la lèvre sud aurait été soulevée. Dans cette hypothèse, B partie des couches 15 et 14 qui aurait pu s’étendre originairement vers le sud au-

COMBUSTIBLES MINÉIUUX. 589

dessus de la grauwacke à plantes (n» 8) se trouvant en saillie, aurait été entraînée, sui'tout lors des grands lavages du sol qui ont eu lieu pendant les époques pliocène et quaternaire et qui ont contribué à niveler la Bretagne et déterminé en partie les lits des cours d’eau actuels. L’activité des eaux aux époques dont nous venons de parler a été des plus marquées dans le bassin de la Loire. Les sables rouges que M. Vasseur rapporte pour la plupart au pliocène supérieur y couvrent des surfaces, et au-dessus même de la grande carrière de Cop-Choux ils ont une puissance considérable de 10 à 15 mètres.

Vendée. — Le bassin de la Vendée se présente sous la forme d’une zone d’environ 1 kilomètre de largeur moyenne, formée de couches fortement inclinées et appuyées contre le terrain primitif. Cette zone commence au sud par les mines de Saint-Laurs et de Faymoreau, puis se continue en longeant la forêt de Vouvant jusqu’au delà des mines d’Epagne sur une longueur de 20 kilomètres. Au delà de Vouvant, la zone houillère se perd sous les calcaires jurassiques.

Les calcaires jurassiques forment eux-mêmes une zone qui suit la même direction que les couches houillères et qui est encaissée par les mêmes schistes de transition. Cette seconde zone, superposée à la première, est plus large et la recouvre entièrement, elle continue le bassin, qui se ferme complètement à 40 kilomètres de la ligne de superposition. On resterait donc dans une complète incertitude sur l'importance de la continuité souterraine du terrain houiller, si ce terrain ne reparaissait au jour sur une longueur de plus de 10 kilomètres, près de Chantonnay. L'affleurement n’a que quelques centaines de mètres de largeur, mais il plonge visiblement sous les calcaires jurassiques, et déjà le terrain houiller a été retrouvé, par plusieurs travaux de recherche, à des distances notables de la ligne de superposition.

En reliant le terrain de Chantonnay à celui de Vouvant, on est conduit à admettre que l’importance de la partie souterraine du bassin de la Vendée est au moins égale à celle de la partie découverte. Ce bassin représenterait ainsi une même dépression comblée à deux époques géologiques différentes. Les reliefs qui encaissaient cette longue dépression sont aujourd’hui en grande partie effacés, mais la précision des lignes géologiques supplée à leur absence.

Le bassin de Vouvant et de Faymoreau avait été d’abord considéré comme présentant, sur ses deux lisières, deux pendages opposés, réunis en profondeur par un fond de bateau, tandis que les travaux souterrains ont mis en . évidence une disposition différente. Les couches ont toutes leur pendage dans le même sens, au nord. Les inclinaisons deviennent de plus en plus fortes à mesure qu’on marche du sud au nord, de telle sorte que les couches supérieures sont presque verticales et appliquées contre le relèvement schisteux qui forme l’encaissement.

La base du terrain houiller est formée par des assises très puissantes de grès et de poudingues stériles, plongeant au nord sous un angle de 55 à 50 degrés. Celte partie stérile a au moins 600 mètres d’épaisseur, elle est surmontée d’alternances de grès fins et d’argile schisteuse, contenant trois systèmes de couches de houille. Le puits du sud d’Epagne a été ouvert sur la couche principale du système infériem-, plongeant de 60 degrés au nord ; le puits du nord a été ouvert sur le système moyen qui a la même inclinaison et les puits des Moteries sont placés sur le système su-

3'Jü ENCYCLOPÉDIE CUimQUE.

périeur, dont les couches inclinées de 80 degrés plongent sous les schistes de transition qui les surplombent. Une coupe faite par le village de Puy-de-Serre vers Faymoreau présente la même disposition, de telle sorte que la non-existence d’un fond de bateau est démontrée non seulement par les inclinaisons qui sont toutes au nord, mais encore parce que, si cette allure existait, les poudingues inférieurs qui forment plus de la moitié des dépôts devraient nécessairement reparaître sur la lisière opposée,

Mayenne. — Le petit bassin bouiller de Saint-Pierre-la-Cour, près de Laval présente un double intérêt. 11 n’a pas plus de 200 hectares, mais produit quelques milliers de tonnes de houille qui ont une certaine importance dans un pays aussi dépourvu que nos départements de l’ouest ; sous le rapport géologique il établit une différence complète entre le véritable terrain bouiller et les grès et schistes de transition avec couches d’anthracite exploités dans la Mayenne, auxquels il est superposé. 11 existe dans le bassin de Saint-Pierre-la-Gour plusieurs petites couches de houille de 0“',50 à 0“,60 de puissance.

Gard. — Dans l’étage inférieur stérile du 'système inférieur du bassin houiller d’Alais, la houille ne se montre qu’à l’état d’anthracite, en rognons ou en couches excessivement minces. Nous citerons comme exemple, dans le bassin septentrional, les affleurements du mas de l’Hôpital, près Bardezac, et ceux du hameau de Martrimas (Ardèche). 11 est infiniment probable aussi que les recherches qui ont été faites dans les pinèdes de Bardezac et qui, à l’origine, offraient de si belles espérances, évanouies en grande partie aujourd’hui, sont également situées dans ce même étage stérile.

Dans l’îlot d’Olympie, on exploite une couche de houille anthraciteuse qui a presque i mètre d’épaisseur.

L’étage inférieur renferme du minerai de fer assez abondant. On le rencontre à deux états : sous forme de schiste rouge argilo-talqueux et de rognons de fer carbouaté lithoxde (sidérose).

Le conglomérat houiller est aussi le gîte principal des paillettes d’or que rdulent le Gardon d’Alais, la Cèze et surtout la rivière de Gagnière.

Var. — Le terrain houiller forme une zone longue et étroite, depuis Toulon jusqu’au massif de l’Esterel.

On a fait des travaux auxquels on n’a pas donné suite, vu la qualité anthraciteuse et l’irrégularité des charbons.

Aude. — Le bassin de Ségure,'prês Tuchau (Aude), est à découvert sur une longueur d’environ 4 kilomètres. 11 contient plusieurs couches de houille anthraciteuse dont l’ensemble représente sur certains points environ 10 mètres de puissance. Malheureusement cette houille, très impure, ne peut être employée que pour les consommations locales.

Ce terrain houiller est très accidenté par des typhons et des dykes porphyriques contre lesquels les travaux souterrains sont venus buter, et qui en plusieurs points forment au jour des saillies prononcées.

Hérault. — Les concessions de Castanet et Saint-Geniès, à l’extrémité occidentale du bassin de Graissessac, ne renferment que des couches anthraciteuses. On y extrait par année 10 000 tonnes consacrées aux usages de chaufournerie. La couche dans laquelle sont ouverts des travaux d’exploitation a une puissance normale de 3 mètres ; mais, sur quelques points, elle présente des renflements qui ont eu jusqu’à 13 mètres d’épaisseur. Ces couches anthraciteuses représentent évidemment, comme d’habitude, l’étage inférieur du terrain houiller.

Isère. — On connaît à La Mure un important gisement d’anthracite qui a été de la part de M. Roger l’objet d’une sérieuse étude G On y distingue trois terrains superposés : 1° terrain cristallisé, composé de sehistes talqueux apparaissant sur une étendue totale d’environ 12 kilomètres carrés ; — 2“ grès à anthracite se montrant à découvert sur 21 kilomètres carrés ; — 3“ terrain du lias, composés d’une série d’assises de calcaires compacts ou schisteux, plus ou moins argileux ; l’épaisseur totale de ce terrain est considérable. 11 recouvre les grès à anthracite et on trouve ordinairement à sa base une petite assise de grès et de conglomérats grossiers, qui se distinguent des grès à anthracite par leur aspect et par leur structure et ne renferment aucun gîte de charbon. Ces grès formant la base des calcaires, et désignés sous le nom de grès du lias, n’ont jamais qu’une faible épaisseur, 25 à 30 mètres au plus, et généralement beaucoup moins.

Ces trois terrains sont constamment distincts et superposés dans l’ordre où nous venons de les énumérer. Leurs couches sont, en général, fortement inclinées et souvent contournées d’une manière très compliquée, particulièrement celles des grès à anthracite. Il résulte de ces contournements que dans les exploitations une même galerie rencontre souvent plusieurs fois la même couche de charbon repliée en zigzags, et que ces replis multipliés peuvent faire croire au premier abord à l’existence d’un nombre de couches bien plus grand qu’il n'y en a réellement.

Toutes les couches d’anthracite exploitées paraissent se réduire en définitive à cinq couches distinctes, sensiblement parallèles ; savoir, en commençant par la plus élevée :

1° Une petite couche d’environ 0“,50à0'”,60de puissance qui n’est connue que sur un très petit nombre de points ; elle n’est séparée de la seconde couche que par une assise de grès de 8 à 10 mètres d’épaisseur ; quelquefois même elle paraît s’y réunir;

2“ Une couche d’anthracite qui paraît être la principale du bassin (grande couche). Sa puissance est en moyenne de 6 à 7 mètres et s’élève parfois à 12 ou 15 mètres ; scs différents replis sont exploités sous divers noms dans les concessions du Peychagnard, de la Grande-Draye et de Comberamis ;

S” La couche de combustible, dite Henriette, qui a 1 mètre environ de puissance moyenne ; elle est à une distance de 50 mètres de la grande couche ;

4» La couche dite du Bois de Bataille, qui est habituellement séparée en trois veines par des bancs de grès intercalés ; son épaisseur moyenne est en tout de 2 mètres environ et de 1”,50, en ne tenant compte que du charbon. L’épaisseur du grès qui la sépare de la couche Henriette varie de 25 à 40 mètres ;

5“ Une couche qui est distante ordinairement de la couche 4“ de 20 à 25 mètres ; son épaisseur est d’environ 0“’,60 ; elle est généralement considérée comme inexploitable.

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