‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 109 sur 184 · série, t. XII, p. 1G · texte numérisé non relu

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pai-tie supérieure , du moins dans trois points où hauteur a pu les voir au contact ou presque au contact des grès et les a trouvés tendres et à feuillets droits.

La liaison intime de ces schistes avec les grès à Tigillites ne permet pas de les placer dans un autre terrain ni même dans un autre étage.

Le bassin ainsi limité au sud et au nord renferme les trois étages du terrain dévonien et l'étage houiller inférieur. Aucun des autres plis concaves du massif breton ne contient à beaucoup près une série aussi complète de terrains primaires.

Mais ces quatre étages ne se trouvent pas dans toute la longueur du sillon : le dévonien moyen s’étend sur plus de 40 kilomètres, de l’Écochère près d’Ancenis (Loire-Inférieure) au château de la Fresnaie près de Saint-Lambert du Lattay (Maine-et-Loire), tandis que le dévonien inférieur et le dévonien supérieur ne sont connus avec certitude que sur des points limités. Quant à l'étage houiller inférieur, il déborde longuement le terrain dévonien au nord-ouest et au sud-est : il commence à Languin près de Nort (Loire-Inférieure) et se perd à Beaugé-Mennau (Maine-et-Loire) sous les terrains secondaires, s’étendant ainsi sur 107 kilomètres de longueur. A l’ouest de Languin, le sillon silurien ne contient pas de terrains primaires plus récents.

Ainsi, dans une coupe dirigée du sud au nord et passant par Languin, on ne rencontre dans la concavité du pli que l’étage houiller inférieur, ou plus exactement que la partie supérieure de cet étage, représentée par des couches de psammites, de schistes et de houille presque verticales, plongeant cependant un peu au nord et assez parallèles pour qu’il soit difficile de savoir si leur position actuelle résulte d’un plissement en Y très fermé ou d’un relèvement de couches qui se seraient trouvées disposées de manière à occuper seulement un des versants du sillon silurien, lors de la formation de celui-ci.

Dans une coupe semblablement dirigée et passant par Doué (Maine-et-Loire) à l’autre extrémité du dépôt, on ne rencontre encore que le même niveau ; mais les couches du nord et celles du sud plongent en sens inverse, de manière à rendre évident le plissement du terrain houiller en forme de V.

Dans une coupe passant par Chalonnes (Maine-et-Loire) le même V se montre avec une épaisseur plus grande des mêmes couches, et, de plus, la branche sud, celle qui plonge au nord, se trouve renforcée par des dépôts plus anciens. Ce sont, en allant du sud au nord : 1“ des schistes appartenant à l’étage dévonien inférieur ; 2“ un calcaire marbre dévonien moyen ; 3° un grès argileux ou grauvvacke, rempli d’empreintes de plantes et formant un niveau du terrain houiller inférieur immédiatement sous-jacent aux couches exploitées, qui se trouvaient seules aux deux extrémités du bassin.

Les niveaux géologiques qui remplissent le bassin silurien se montrent donc plus nombreux lorsqu’on approche du milieu de la longueur de ce bassin ; mais c’est seulement dans une coupe passant par Ancenis (Loire-Inférieure) qu'on les rencontre tous et qu’on trouve le maximum de complication dans leur disposition relative.

En ce point (voy. la figure) le bassin se trouve partagé en deux cuvettes secondaires par un relèvement des schistes ondulés (n» 11 bis) et des grès à Tigillites {n“ 11). La partie nord des deux cuvettes ainsi formées a ses couches renversées, de sorte que l’ensemble de la coupe peut être comparé à un W italique.

La cuvette méridionale est .de beaucoup la plus large. Elle contient les trois étages du terrain dévonien et la base du terrain houiller inférieur.

L’étage dévonien inférieur (n“ 5) se compose de schistes qui, dans le chemin des fourneaux de Liré, présentent de nombreux fossiles : Phacops latifrons, Leptæna depressa, Receptaculües Neptuni, Pleurodictyum problematicum, etc. Plusieurs dépôts calcaires, les Brûlis (Loire-Inférieure) et Liré (Maine-et-Loire), ne contenant que de rares tiges d’encrines, sont situés au milieu des schistes. On peut même voir, dans le chemin des fourneaux de Liré, que les calcaires ne forment pas des strates différentes des strates schisteuses ; il y a un simple changement dans la nature minéralogique de la roche, et chaque feuillet schisteux semble se continuer en un feuillet calcaire. Les deux dépôts sont donc bien contemporains et l’âge du calcaire ne peut être douteux.

L'étage dévonien moyen (n" 6) succède régulièremmit au précédent, avec lequel il est en concordance parfaite. Il se compose aussi de schistes contenant des calcaires. Ces calcaires sont peu développés au fourneau de l’Écochère (Loire-Inférieure), où ils contiennent Stringocepkaliis Burtini; ils remplacent au contraire presque complètement les schistes dans la longue bande qui s’étend depuis Bourg- Paillon, commune du Mesnil, jusqu’au château delaFresnaie (Maine-et-Loire). Les rares espèces de brachiopodes recueillies dans les localités les plus importantes de cette bande, Montjean et Chalonnes, ont été décrites et figurées par M. Œhlert *. Toutes sont nouvelles, et l’une d’elles appartient au genre Uncites, qui n’a été signalé jusqu’à présent que dans le dévonien moyen. Les polypiers sont assez nombreux. D’après M. INicholson, qui a décrit les espèces nouvelles®, leurs formes rappellent celles de l’Eifel.

Il y a lieu de faire des réserves sur l’âge du calcaire de Bouzillé (Maine-et-Loire). Sur la carte géologique, il semble être dans le pi’olongement du calcaire dévonien inférieur de Liré ; mais il en diffère beaucoup comme aspect. Sa couleur noire lui donne au contraire la plus grande ressemblance avec le calcaire de la bande de Montjean. M. Bureau y a trouvé quelques polypiers qui demanderont une étude spéciale.

Les étages dévonien inférieur et dévonien moyen n’affleurent que sur le bord sud de la cuvette méridionale. C’est au contraire au nord qu’il faut se transporter pour trouver l’étage dévonien supérieur qui se montre à Cop Choux (Loire-Inférieure) avec de nombreux fossiles : Productus mhaculeatus Murch., Spirigerina reticuîaris d’Orb., S. aspera d’Orb., Terebratula cuboides Phill., T. pugnus Mart., T. rhomboidea Phill., T. semiluna Phill., Spirifer glaber Sow., S. conoideus Rœm., Pentamerus globus Bronn, etc. La mer s’est donc déplacée après le dépôt des calcaires à Slringocephalus et à Uncites; puis elle s’est retirée du bassin, pour faire place à de vastes dépôts d’eau douce.

L’étage houiller inférieur commence à Ancenis par des schistes (n° 7) d’une grande puissance, où l’on trouve des empreintes de coquilles bivalves lisses, encore indéterminées, appartenant toutes à des mollusques lamellibranches. Cette faune, si différente de celte qui précède, indique un dépôt formé dans des conditions tout autres, probablement dans une eau devenue saumâtre, sinon tout à fait douce.

t. Annales des sciences géologiques, t. XII.

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