‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 124 sur 184 · AUSTRALIE · texte numérisé non relu

AUSTRALIE

La Nouvelle-Galles du Sud, si riche en houille, renferme également, dans les couches supérieures du terrain carbonifère, des naphtoschistes, avec empreintes de plantes (connues sous le nom de glossophteris), que leur aspect et leur qualité rapprochent du boghead d’Écosse. Ces schistes auxquels, selon les variétés, on a donné les noms impropres de cannel-coal, black-cannel, hrown-cannel et shaly-cannel, sont exploités et distillés au moyen de la houille du voisinage.

§ O. APPLICATIONS DU NAPHTOSCHISTE

Le principal usage du naphtoschiste est de servir à la fabrication des huiles de schiste et du gaz d’éclairage. A ce point de vue les naphtoschistes renferment :

Huile brute . 15

Eau . 5

Gaz . 12

Coke . 79

Le coke ne renferme que 8 pour 100 de charbon. La matière est reçue dans les usines en morceaux d’un très grand volume. On transporte ces morceaux sur des

wao'ons dans un atelier précédant la distillation. Là, ils sont cassés en fragments de 10 centimètres carrés suri centimètre environ d’épaisseur. La première opération est la séparation des matières solides, des gaz et des matières liquides. Pour cela on opère dans des cornues en fonte placées horizontalement et pouvant contenir 200 kilogrammes de boghead. On a essayé de placer les cornues deux à deux dans un même fourneau, mais cette disposition n’offre pas des avantages en rapport avec les inconvénients, qui sont l’inégalité du chauffage, la réparation d’une cornue entraînant l’arrêt de l’autre, etc. Cette distillation doit être conduite très lentement, afin de ne pas transformer les liquides en gaz.

Une grande amélioration au point de vue de la régularité du chauffage a consisté à placer la cornue dans un bain de plomb fondu. Outre le peu de coloration des huiles le rendement est ainsi plus fort et les huiles sont d’une densité plus faible, ce qui tient à ce qu’il ne s’est pas produit de goudron durant la distillation.

Au sortir des cornues les produits passent dans des serpentins refroidis où se conservent les eaux ammoniacales et les huiles. Les extrémités des serpentins possèdent deux tuyaux, l’un s’élevant pour aller plonger dans un barillet comme dans les usines à gaz, l’autre plongeant dans des réservoirs où se rendent les huiles.

On obtient ainsi de 45 à 50 pour 100 d’huiles marquant 55“ Baume; le gaz, au sortir du barillet, est aspiré et envoyé au gazomètre par les appareils purificateurs, et il reste dans la cornue un coke conservant la forme du boghead. Ce coke qu’on emploie au chauffage des cornues laisse comme résidu de la combustion une matière composée de silicate d’alumine dont on tire parti pour la fabrication de briques réfractaires et qu’on emploie aussi comme tripoli. On en a fait du sulfate d’alumine en le calcinant avec de l’acide sulfurique.

Le gaz de schiste possède un pouvoir éclairant triple de celui du gaz de houille ; c’est lui qu’on utilise sous le nom de gaz portatif.

Certains naphtoschistes sont remarquables par l’abondance des matières minérales filoniennes qui les imprègnent. Tels sont le schiste bitumineux du Mansfeld et le schiste noir imprégné de cinabre d’Idria en Carniole.

Nous avons déjà vu qu’on exploite le naphtoschiste de Ménat pour la double fabrication du noir minéral et du tripoli.

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