I. AMBRE OU SUCCIN
CARACTÈRES GÉKÉRAUX DU SUCCIK.
Substance d’origine organique, solide, résineuse, et d’une couleur jaune, qui varie du blanc jaunâtre ou jaune de miel et au jaune roussâtre. Son aspect est semblable à celui de la résine copal ; elle brûle avec flamme et fumée, en répandant une odeur résineuse plus ou moins agréable. C’est une véritable résine, analogue au copal, mais qui provient des conifères fossiles. Son origine végétale était admise par les anciens. Chauffée dans un matras de verre, elle fond à 287", coulant comme de l’huile, et dégage de l’eau, une huile essentielle et un acide particulier (l’acide siiccinique). La fumée que produit le succin, recueillie dans le col du matras, se condense en petites aiguilles cristallines ou en une liqueur aqueuse qui rougit le papier de tournesol. La présence de l’acide succiniquc le distingue du mellite et de toutes les résines, fossiles ou végétales, qui lui ressemblent. Sa pesanteur spécifique est de 1,08. Par conséquent, il est presque aussi pesant que 1 eau de mer, sur laquelle on le voit flotter quelquefois. Il est cassant, d’une dureté médiocre, et cependant il reçoit un assez beau poli. 11 est composé à la manière des
t. Ambre jaune; Bernstein, W'erner; karabé, du mot persan kurtiba, qui veut dive tire-paill^ > électron, Hérodote et Tliophrastre ; saccinum, Pline.
COMBUSTIBLES MINÉBAUX.
substances végétales : de carbone 79, hydrogène 10,5 et oxygène 10,5, composition qui revient à la formule C“H®0.
Le succin est éminemment électrique par le frottement, et il acquiert ainsi de l’électricité résineuse. Il se présente presque constamment en masses mamelonnées ou en rognons disséminés dans des matières terreuses : ces masses sont ordinairement compactes à cassure conchoide ; souvent transparentes et quelquefois translucides ou même complètement opaques. Sa couleur varie du jaune miellé au jaune pur et au blanc jaunâtre. Parfois il devient d’un gris brunâtre, à raison des matières étrangères qui le souillent. On le trouve au milieu des sables, des argiles et des lignites qui appartiennent aux terrains tertiaires inférieurs, dans beaucoup de pays, mais notamment dans l’Allemagne septentrionale. Il se présente presque constamment en nodules disséminés dont la grosseur varie depuis celle d’une noisette jusqu’à celle de la tête d’un homme. Le plus gros échantillon connu est celui du musée de Berlin qui pèse 13 livres et a 14 pouces dans sa plus grande longueur. Quelquefois le succin est interposé en petites plaques dans les couches minces des lignites. 11 renferme souvent des insectes, des feuilles, des tiges, etc.